Ryan Adams

Rock & Folk - - Disques Pop Rock - “Ryan Adams”

COLUMBIA/SO­NY­MU­SIC Trois ans après le suc­cès cri­tique et com­mer­cial de l’al­bum “Ashes & Fire”, le chan­teur re­vient avec un al­bum plus rock, de fac­ture clas­sique. On ne change pas une équipe qui gagne. Le lé­gen­daire pro­duc­teur Glyn Johns est en­core der­rière la con­sole, avec son fils Ethan à la gui­tare, Je­re­my Sta­cey à la bat­te­rie, et le non moins lé­gen­daire Don Was à la basse. Le son ner­veux mais char­nu est pu­re­ment amé­ri­cain dans le sens Tom Pet­ty du terme. On ne s’em­bar­rasse pas de fio­ri­tures syn­thé­tiques ou numériques, les gui­tares sonnent comme des gui­tares. Et Glyn Johns sait com­ment s’y prendre pour en­re­gis­trer une six-cordes ! Dès le mor­ceau d’ou­ver­ture et pre­mier single, “Gimme So­me­thing Good”, l’orgue de Ben­mont Tench reste juste as­sez dis­cret et très se­ven­ties. On pense à Fleet­wood Mac pour les choeurs sur “I’m Not Safe”. La bat­te­rie reste sou­vent mi­ni­ma­liste, tou­jours simple mais ef­fi­cace. Sur le spring­stee­nien “I Just Might”, seuls les toms ap­puient les temps. La ten­sion mé­lan­co­lique de la meilleure chan­son du disque, l’ex­cel­lente “Kim”, vient de l’ab­sence de char­les­ton et de cette caisse claire mar­te­lée comme une hor­loge. Le cô­té lent et in­quié­tant de “Sha­dows” en fait une autre grande réus­site de l’opus. La ré­ver­bé­ra­tion de l’am­pli et le crunch na­tu­rel de la gui­tare sont ab­so­lu­ment ma­gni­fiques. Si rien n’est ren­ver­sant d’ori­gi­na­li­té ici, les chan­sons sont bonnes et ar­ran­gées avec classe et so­brié­té. On re­grette un peu l’étran­ge­té dans l’écri­ture du Ryan Adams de “Love Is Hell”, il y a dé­jà dix ans. C’est un al­bum tra­di­tion­na­liste qui, d’une cer­taine fa­çon, rend hom­mage au rock amé­ri­cain, comme une ma­jeure par­tie de la dis­co­gra­phie de l’ar­tiste. BRIAG MARUANI

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