Joel Gion

Rock & Folk - - Disques Pop Rock - “Apple Bon­kers”

THECOMMITTEETOKEEPMUSICEVIL/DEADBEES Connu et ap­pré­cié des fans du Brian Jo­nes­town Mas­sacre, Joel Gion exerce une des pro­fes­sions les plus cu­rieuses du rock’n’roll : celle de mas­cotte per­cus­sion­niste, ac­ti­vi­té exer­cée se­lon nos es­ti­ma­tions par deux per­sonnes dans le monde : lui-même et Bez des Happy Mon­days. L’avan­tage quand on fait l’idiot sur scène de­puis des lustres et qu’on se contente de tâ­ter (très bien d’ailleurs) du tam­bou­rin et des ma­ra­cas, c’est que per­sonne ne se doute qu’on pos­sède la moindre sorte de ta­lent. Cer­tains se sou­viennent des plaisants Di­let­tantes que l’homme aux rou­fla­quettes avait fon­dés il y a quelque temps, les autres se­ront ra­vis de dé­cou­vrir que Gion est un homme de goût et un com­po­si­teur de va­leur. C’est un plai­sir, l’al­bum ho­nore les pro­messes qu’on ne lui de­man­dait même pas de te­nir. Trop jo­vial pour don­ner dans le psy­ché­dé­lisme plom­bé que pra­tiquent pas mal de ses amis, Joel fait de la pop, six­ties, mé­lo­dieuse et co­ol. Et chante, hum, avec ap­pli­ca­tion. L’an­cien ven­deur d’Amoe­ba s’est grat­té la tête pour faire de belles choses : un hom­mage pri­mi­tif aux Byrds (“Smile”), des ren­gaines en­tê­tantes (“Hai­ry Flo­wers”, “Two Dai­sies”) ou un mor­ceau comme les War­locks n’en pondent plus (“Ra­dio Si­lence”). Comble du bon­heur, Rob Cam­pa­nel­la du BJM a roya­le­ment pro­duit la chose, et quelques têtes connues (le bat­teur Dan Al­laire, Pete Holm­ström des Dan­dy Wa­rhols) viennent jouer les ac­com­pa­gna­teurs de luxe. N’est qu’à voir l’af­fiche des Psych fest qui fleu­rissent par­tout : cette scène se prend beau­coup trop au sé­rieux. On pré­fère net­te­ment Joel Gion, ses bonnes chan­sons et ses mes­sages clairs : “Don’t Let The Fu­ckers Bring You Down”. On ne sau­rait dire mieux. BA­SILE FAR­KAS

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