Elec­tric Wi­zard Pere Ubu

Rock & Folk - - Disques Pop Rock - “Time To Die” “Car­ni­val Of Souls”

WITCHFINDER/RE­PLI­CA Tête d’af­fiche de la scène de la Val­ley cette an­née au Hell­fest, Elec­tric Wi­zard vit ac­tuel­le­ment un se­cond âge d’or. Après vingt ans d’une car­rière du­rant la­quelle il a po­sé (avec des al­bums tels que “Do­pe­throne” en 2000) les bases du doom (ce rock lourd et lan­ci­nant aux confins du me­tal, dé­ri­vé de l’ima­ge­rie et du son de Black Sab­bath), le groupe an­glais était at­ten­du au tour­nant pour son nou­vel al­bum. De­puis “Wit­ch­cult Today” en 2007, Elec­tric Wi­zard a chan­gé d’ap­proche, s’écar­tant des am­biances suf­fo­cantes qui avaient fait sa ré­pu­ta­tion de grou­pe­le­plus­lourdde l’uni­vers pour s’orien­ter vers un rock sto­ner plus psy­ché­dé­lique mais tout aus­si éti­ré et me­na­çant. Consé­quence di­recte de la dé­ci­sion prise de re­mon­ter le temps et de ne dé­sor­mais en­re­gis­trer que sur du matériel vin­tage. Comme ses deux pré­dé­ces­seurs, “Time To Die” a été en­re­gis­tré à Londres aux stu­dios Toe Rag et pro­pose un voyage fan­tas­mé dans le rock hea­vy des an­nées 70. Le groupe a une fois de plus chan­gé de per­son­nel (avec no­tam­ment le re­tour mo­men­ta­né du bat­teur Mark Gree­ning) mais Liz Bu­ckin­gham et Jus Oborn mènent tou­jours la barque, le long du Styx, semble-t-il, car “Time To Die” est mar­qué par l’image du diable et de la Mort. L’al­bum s’ouvre sur une lente pro­ces­sion fu­nèbre (“In­cense For The Dam­ned”) où les gui­tares ve­ni­meuses oc­cupent la par­tie la plus basse du spectre au­di­tif hu­main. Dense et té­né­breux, “Time To Die” voit le groupe dé­ve­lop­per ses ho­ri­zons in­fer­naux dix mi­nutes du­rant (“Lu­ci­fer’s Slave”, “We Love The Dead”, “I Am No­thing”) et ap­puyer ses riffs lourds jus­qu’à l’étour­dis­se­ment. Voi­ci un chef-d’oeuvre de noir­ceur (et un nou­veau som­met dans la dis­co­gra­phie d’Elec­tric Wi­zard). ERIC DEL­SART

FIRE En quelque qua­rante ans de car­rière, le gang de Cle­ve­land n’au­ra eu de cesse d’ex­pé­ri­men­ter dans les di­rec­tions mu­si­cales les plus tor­dues qui soient. Cette fois-ci, Pere Ubu risque en­core de sur­prendre tant ce nou­vel al­bum sonne rock avec tem­pos bi­naires, gui­tares hur­lantes et tout et tout. Bref, du pur bon­heur pour toutes les oreilles des ro­ckers qui vivent plus la mu­sique qu’ils ne l’in­tel­lec­tua­lisent. Faut pas rê­ver non plus, “Car­ni­val Of Souls” reste du Pere Ubu, mais l’en­semble est tout de même bien plus accessible que les der­nières pro­duc­tions du groupe. Rien que pour cette mise à ni­veau avec le com­mun des mor­tels, cet al­bum se­ra l’ac­ces­soire in­dis­pen­sable de tous les éner­vés qui sou­haitent réa­li­ser une ren­trée des classes ir­ré­pro­chable. Seul bé­mol, les douze mi­nutes de “Bro­ther Ray” qui ponc­tue la bes­tiole en rap­pe­lant ô com­bien cer­tains as­pects de Pere Ubu peuvent être dif­fi­ciles d’ac­cès. Pour le reste, de “Gol­den Surf II” à “Irene”, ce sont huit titres en bé­ton ar­mé li­vrés cha­cun avec un uni­vers so­nore ga­ran­ti ja­mais écou­té au­pa­ra­vant. Da­vid Tho­mas étant un per­son­nage pra­tique, il a pris soin d’écrire “Gogs - The Ma­king Of Car­ni­val Of Souls” (http://www.ubu­pro­jex.com), un livre riche en ren­sei­gne­ments sus­cep­tibles d’éclai­rer les lan­ternes de toutes les per­sonnes qui pour­raient en­core se po­ser des ques­tions après écoute de l’en­gin. Le lec­teur y ap­pren­dra, entres autres, que le chan­teur ex­plique les éco­no­mies de mots réa­li­sées dans ses textes par le fait qu’il ne se consi­dère pas du tout comme un poète mais plu­tôt comme un jour­na­liste li­vrant des in­for­ma­tions au pu­blic. Au moins, per­sonne ne pour­ra lui re­pro­cher de se la pé­ter avec sa plume. GEANT VERT

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