King Tuff

Rock & Folk - - Disques Pop Rock - “Black Moon Spell”

SUB­POP/PIAS Ja­dis gui­ta­riste des sto­ners de Witch (où Jay Mas­cis te­nait la bat­te­rie), Kyle Tho­mas est de­ve­nu, en deux al­bums ver­sés dans la po­wer pop ex­cen­trique et le psy­ché­dé­lisme en­fu­mé, un des ar­tistes les plus en vue de la scène ga­rage amé­ri­caine. Pour le troi­sième tome de ses aven­tures dis­co­gra­phiques sous le nom de King Tuff, Tho­mas s’est en­tou­ré du fi­dèle groupe de mous­ta­chus qui l’ac­com­pagne sur scène et de son ami Bob­by Har­low (The Go) à la pro­duc­tion. Fait rare, Tho­mas a conçu son al­bum dans le Stu­dio B que Har­low était en train de bâ­tir à Los An­geles. Tan­dis que les murs étaient ta­pis­sés et les pla­fonds iso­lés, Tho­mas a écrit la quin­zaine de chan­sons de “Black Moon Spell” avant de les en­re­gis­trer une fois le stu­dio ache­vé. Em­pli d’ex­pé­ri­men­ta­tions so­niques étranges (les bandes in­ver­sées et les voix tra­fi­quées de “Black Holes In Ste­reo”, les ef­fets lo-fi de “Ra­dia­tion”), l’al­bum porte les traces des longues nuits pas­sées à ex­pé­ri­men­ter sur les ma­chines vin­tage qui s’amas­saient petit à petit dans les lieux. Ma­ni­fes­te­ment conçu au mi­lieu de vo­lutes de ma­ri­jua­na (mé­di­ci­nale sans doute), “Black Moon Spell” porte en lui les ob­ses­sions de son au­teur pour le glam-rock et l’oc­culte. L’al­bum re­gorge ain­si de chan­sons aux in­flexions bo­la­niennes et aux textes mys­tiques (“Magic Ri­ver”, “Rain­bows Run” et ce “Black Moon Spell” avec Ty Se­gall aux fûts) et s’achève même sur une bal­lade digne du Steve Har­ley de “Tum­bling Down” (“Stair­case Of Dia­mond”). Il contient sur­tout une de­mi-dou­zaine de pe­tits tubes nar­quois fi­ne­ment ci­se­lés, à mi-che­min entre punk et pop bub­ble­gum (“Sick Mind”, “Head­ban­ger”, “Beau­ti­ful Thing”), qui portent la marque de fa­brique de leur au­teur, plus en forme que ja­mais. ERIC DEL­SART

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