Luther Di­ckin­son

Rock & Folk - - Disques Classic Rock - “Rock’n’roll Blues”

NEWWEST Luther Di­ckin­son est une fi­gure d’au­tant plus in­té­res­sante du rock roots qu’il s’avère in­sai­sis­sable. Presque vingt ans, certes, que le fils de Jim Di­ckin­son en­tre­tient la flamme blues-rock avec les North Mis­sis­sip­pi All Stars, aux cô­tés de son frère Co­dy, mais en mul­ti­pliant groupes pa­ral­lèles (The South Mem­phis String Band, The Wan­de­ring...), pro­jets per­son­nels et piges pour John Hiatt ou les Black Crowes. “Rock’n’Roll Blues” est son deuxième al­bum so­lo et une forme de mé­di­ta­tion sur deux dé­cen­nies me­nées tam­bour bat­tant, à cou­rir d’une aube bla­farde à l’autre pour re­joindre le pro­chain gig. “Mer­ciàDieu­pour­cette ma­lé­dic­tion”, écrit-il dans les notes de po­chette. “Bar Band” re­late donc des dé­boires avec les gé­rants de club ou les flics, “Van­da­lize” re­vi­site avec une éner­gie pri­male son ado­les­cence punk dans le Deep South, “Karmic Debt” ef­face, avec une jo­lie dou­ceur, son ar­doise en­vers son épouse pour avoir tout en­du­ré. Tout l’art de Di­ckin­son tient dans sa connais­sance des ra­cines de la mu­sique amé­ri­caine et son ap­proche brute de dé­cof­frage, dé­pour­vue de toute af­fé­te­rie. Il pour­rait, cal­cu­la­teur, ca­pi­ta­li­ser sur ses ta­lents de gui­ta­riste (d’une grande fi­nesse à la slide) et mettre le cap sur le clas­sic rock. Il dé­gou­pille au contraire un al­bum acous­tique tout en nerfs et en ef­fer­ves­cence ryth­mique (deux bat­te­ries, une contre­basse), d’obé­dience coun­try­blues, dont un titre, su­perbe, avec tam­bour et fife (an­ces­trale forme de blues). La voix est rêche, ne cherche pas à faire jo­li, pas plus que les mé­lo­dies. Le bi­lan d’un homme in­tègre, allergique aux ar­ti­fices, et pro­ba­ble­ment dé­jà en route vers la pro­chaine étape. BER­TRAND BOUARD

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