Cher Eru­dit...

Rock & Folk - - Erudit Rock -

GER­RY GOF­FIN est dé­cé­dé le 19 juin 2014 à Los An­geles. Bien qu’il ait été in­tro­ni­sé au Rock And Roll Hall Of Fame avec Ca­role King en 1990, Gof­fin est res­té un homme de l’ombre, un pa­ro­lier dis­cret. Pour­tant, la plu­part des chan­sons dont il a écrit les pa­roles, en gé­né­ral sur une mu­sique de Ca­role King, ont tra­ver­sé le temps et de­meurent des stan­dards de la pop et du rock maintes et maintes fois re­prises.

Né le 11 fé­vrier 1939 à Brook­lyn (New York), Ge­rald Ger­ry Gof­fin ren­contre, à la fin des an­nées 1950, Ca­rol Joan Klein, alors âgée de 17 ans, qui avait dé­jà adop­té le pseu­do­nyme Ca­role King pour en­re­gis­trer son pre­mier single en 1958. Ma­riés en 1959, ils forment éga­le­ment un duo de com­po­si­teurs, elle pour la mé­lo­die, lui aux textes. Cette même an­née, Gof­fin écrit les pa­roles de “Oh Neil”, une ré­ponse à “Oh ! Ca­rol”, un suc­cès du chan­teur Neil Se­da­ka dé­dié à Ca­role King. En face B de ce deuxième single de King sur Al­pine, on trouve la pre­mière vé­ri­table com­po­si­tion du duo, “A Ve­ry Spe­cial Boy”. Si les singles sor­tis par King entre 1959 et 1966 n’eurent guère de re­ten­tis­se­ment, pen­dant cette pé­riode les com­po­si­tions du duo vont faire la gloire de bon nombre d’ar­tistes, re­joi­gnant au pan­théon de l’âge d’or de la pop amé­ri­caine d’autres duos de com­po­si­teurs tels que Jer­ry Lei­ber & Mike Stol­ler, Jeff Bar­ry & El­lie Green­wich, Burt Ba­cha­rach & Hal Da­vid, Fe­lice & Boud­leaux Bryant, Bar­ry Mann & Cyn­thia Weil... Les suc­cès vont ain­si s’en­chaî­ner dans les hit-pa­rades du monde en­tier. En 1961, “Will You Love Me To­mor­row” par les Shi­relles (que Fran­çoise Har­dy re­pren­dra sur son al­bum “En An­glais” en 1969) ; “Take Good Care Of My Ba­by” par Bob­by Vee ; “Some Kind Of Won­der­ful” par les Drif­ters ; “Don’t Ever Change” par les Cri­ckets (re­pris par Bryan Fer­ry sur “These Foo­lish Things” en 1973). En 1962 : “Chains” par les Co­okies, fi­gu­rant aus­si sur le pre­mier al­bum des Beatles, “Please Please Me” en 1963 ; “The Lo­co­Mo­tion” par Lit­tle Eva, la ba­by-sit­ter des en­fants Gof­fin, et une adap­ta­tion fran­çaise par Syl­vie Var­tan ; “Up On The Roof” par les Drif­ters, tra­duit par “Sur Le Toit” pour Ri­chard An­tho­ny. En 1963 : “Hey Girl” par Fred­die Scott ; “One Fine Day” par les Chif­fons. En 1964 : “Oh No Not My Ba­by” par Maxine Brown, et des ver­sions de Man­fred Mann et Rod Ste­wart ; “Show Me Girl” par les Her­man’s Her­mits. En 1965 : “Just Once In My Life” avec Phil Spec­tor pour les Righ­teous Bro­thers. En 1966 : “Don’t Bring Me Down” par les Ani­mals ; “Goin’ Back” par Dus­ty Spring­field. En 1967 : “Plea­sant Val­ley Sun­day” par les Mon­kees ; “(You Make Me Feel Like) A Na­tu­ral Wo­man” par Are­tha Frank­lin et des re­prises de Ma­ry J Blige et de Cé­line Dion, les deux en 1995. En 1968 : “I Wasn’t Born To Fol­low” par les Byrds. En 1968, King et Gof­fin di­vorcent. Elle part s’ins­tal­ler à Los An­geles dans le cé­lèbre Lau­rel Ca­nyon avec leurs deux filles, Sher­ry et Louise Gof­fin. Cette der­nière, née en 1960, de­vien­dra, elle aus­si, chan­teuse, com­po­si­trice et pro­duc­trice. Com­pi­la­tions. Les singles de Ca­role King : “Brill Buil­ding Le­gends : Com­plete Re­cor­dings 1958-1966” (Brill Tone Re­cords D 95). No­ter que King et Gof­fin ne tra­vaillaient pas dans le cé­lèbre Brill Buil­ding new-yor­kais, mais dans un im­meuble en face. Quelques mor­ceaux du duo par leurs in­ter­prètes ori­gi­naux : “A Ger­ry Gof­fin & Ca­role King Song Col­lec­tion 1961-1967” (Ace UK 07) et une suite : “Ho­ney And Wine : Ano­ther Ger­ry Cof­fin & Ca­role King Song Col­lec­tion” (Ace UK 09). En Ca­li­for­nie, Ca­role King forme d’abord le trio The City dont le très bel al­bum “Now That Eve­ry­thing’s Been Said” (Ode US 68) contient six mor­ceaux si­gnés Gof­fin-King, no­tam­ment “Snow Queen” et “I Wasn’t Born To Fol­low”. Si ce disque, sor­ti avec peu de promotion, passe in­aper­çu, ce ne se­ra pas le cas pour ses pro­duc­tions so­lo : un suc­cès mo­dé­ré pour “Wri­ter” (Ode US 70) avant ce­lui co­los­sal, plus de 25 mil­lions d’exem­plaires ven­dus, de “Ta­pes­try” (Ode US 71), les deux avec des com­po­si­tions du duo. De son cô­té, dans les an­nées 60, Ger­ry Gof­fin avait col­la­bo­ré avec d’autres mu­si­ciens tels que Bar­ry Mann et Jack Kel­ler. Avec le pre­mier, il écrit “Who Put The Bomp (In The Bomp, Bomp, Bomp)” in­ter­pré­té par Mann lui-même, et avec le se­cond “Run To Him” pour Bob­by Vee, les deux en 1961. Après son divorce et un sé­jour en hô­pi­tal psy­chia­trique suite à des trips ex­ces­sifs de LSD, dans les an­nées 1970, il re­trouve le che­min du suc­cès, d’abord avec Bar­ry Gold­berg, puis, sur­tout, avec Mi­chael Mas­ser en 1975 grâce au “Theme From Ma­ho­ga­ny”, chan­son du film “Ma­ho­ga­ny”, chan­tée par Diana Ross. En 1985, la re­prise d’un titre de 1978 du duo Gof­fin/ Mas­ser, “Sa­ving All My Love For You”, par Whitney Houston at­teint le som­met des charts. Entre-temps, Gof­fin a sor­ti un pre­mier al­bum so­lo, un double en­re­gis­tré avec Bar­ry Gold­berg aux Muscle Shoals Stu­dios en Ala­ba­ma, “It Ain’t Exact­ly En­ter­tain­ment” (Adel­phi US 73). Con­trai­re­ment à ses hits pas­sés, les mor­ceaux en sont sou­vent longs, “Chi­ca­go (You)”, “Set Job”, et l’am­biance gé­né­rale doit beau­coup à Bob Dy­lan. Mal­gré quelques pas­sages plus faibles, le disque est plu­tôt réus­si et mé­rite d’être re­dé­cou­vert. En re­vanche, com­mer­cia­le­ment, ce fut un fias­co. Pour son deuxième et der­nier opus, en 1996, “Back Room Blood” (Genes US 96), Ger­ry Gof­fin est, cette fois-ci, ac­com­pa­gné par Bob Dy­lan lui-même, qui a co­écrit deux mor­ceaux.

J’ai­me­rais bien avoir des in­for­ma­tions sur VIOLENT FEMMES un groupe des an­nées 80, et sa­voir ce que sont de­ve­nus les mu­si­ciens qui en font par­tie.

JEANNE, Pa­ris (75014)

Ori­gi­naire de Mil­wau­kee (Wis­con­sin, USA), plus ra­di­cale et moins mi­ni­ma­liste que les Mo­dern Lo­vers de Jo­na­than Rich­man, Violent Femmes est une for­ma­tion de folk-rock éner­gique et li­ber­taire, do­tée d’un sens ai­gu de l’hu­mour, de la sa­tire et de la pa­ro­die. Fré­quem­ment clas­sé dans la ca­té­go­rie fourre-tout de l’al­ter­na­tive rock, son re­gistre ten­drait plu­tôt vers l’Ame­ri­ca­na par les nom­breuses ré­fé­rences aux mu­siques tra­di­tion­nelles amé­ri­caines, au folk bien en­ten­du, mais aus­si au blues, au coun­try et au rock’n’roll. En 1980, le bas­siste Brian Rit­chie (né le 21 no­vembre 1960) et le bat­teur Vic­tor DeLo­ren­zo (né le 25 oc­tobre 1954) com­mencent à jouer en duo sous le nom de Violent Femmes avant d’être re­joint par le gui­ta­riste et chan­teur Gor­don Ga­no (né le 7 juin 1963). Ga­no écri­ra presque toutes les com­po­si­tions du groupe alors que Rit­chie joue­ra de mul­tiples autres ins­tru­ments que la basse tels que le xy­lo­phone, les ma­rim­bas, le cé­les­ta... Se pro­dui­sant dans les rues et les ca­fés, le trio est d’abord re­pé­ré par

James Ho­ney­man-Scott, gui­ta­riste des Pre­ten­ders qui dis­pa­raît en 1982. Grâce à un prêt du père de Vic­tor DeLo­ren­zo, en 1982, Violent Femmes peut en­re­gis­trer les mor­ceaux qui sor­ti­ront l’an­née sui­vante sur Slash Re­cords : “Violent Femmes” (Slash US 83). Le disque ren­contre un suc­cès in­es­pé­ré, se ven­dant à plus d’un mil­lion d’exem­plaires. “Hal­lo­wed Ground”, avec les par­ti­ci­pa­tions du ban­joïste To­ny Tri­sch­ka et de John Zorn au saxo­phone (Slash US 84). L’ins­pi­ra­tion chré­tienne de Ga­no dans ce deuxième al­bum est dé­jà une source de di­ver­gences entre les membres du trio, Rit­chie et DeLo­ren­zo étant athées. Pro­duit par Jer­ry Har­ri­son des Mo­dern Lo­vers et de Talking Heads avec des col­la­bo­ra­tions des gui­ta­ristes Fred Frith et Leo Kottke, du cla­vié­riste ori­gi­naire de Mil­wau­kee Sig­mund Sno­pek III et du saxo­pho­niste des Stooges Steve Mackay : “The Blind Lea­ding The Na­ked”, in­cluant une re­prise du “Chil­dren Of The Re­vo­lu­tion” de Marc Bo­lan/ T Rex (Slash US 86). Après une courte pause pour des pro­jets so­lo : “3”, qua­trième al­bum (Slash US 88) ; “Why Do Birds Sing ?” (Slash US 91). Dé­part de Vic­tor DeLo­ren­zo rem­pla­cé par Guy Hoff­man des BoDeans : “New Times” (Elek­tra US 94) ; “Rock !!!!!”, d’abord sor­ti en Aus­tra­lie (Mush­room Aus­tr 95) ; “Vi­va Wis­con­sin”, un live (Beyond US 99) ; “Freak Ma­gnet” (Beyond US 2000). En 2000, Ga­no dé­cide de ne plus en­re­gis­trer d’al­bum, mais que le groupe conti­nue­ra de tour­ner. En 2007, un pro­cès op­pose Rit­chie à Ga­no, suite à la vente par ce der­nier du titre “Blis­ter In The Sun” pour la pu­bli­ci­té d’une chaîne de fast-food. Mais en 2013, les deux mu­si­ciens semblent ré­con­ci­liés puisque, de­puis, Violent Femmes a don­né une sé­rie de concerts en 2013 et 2014. DeLo­ren­zo re­ve­nu, puis re­par­ti, c’est Brian Vi­glione des Dres­den Dolls qui oc­cupe le siège de bat­teur. Com­pi­la­tions : “De­bacle : The First De­cade” (Slash US 90) ; “Add It Up (1981-1993)” avec de nom­breux inédits et des ver­sions live (Slash US 93) ; “So­me­thing’s Wrong” avec des ver­sions al­ter­na­tives et du live, dis­po­nible sur le site eMu­sic.com en 2001. Gor­don Ga­no : avec le groupe gos­pel The Mer­cy Seat : “The Mer­cy Seat” (Slash US 87) ; sous son nom : “Hit­ting The Ground”, sur le­quel il in­vite plu­sieurs chan­teurs dont Lou Reed, John Cale, PJ Har­vey, Frank Black (Ins­tinct US 02). Avec les frères, Bill et Bren­dan Ryan des Bog­men : “Un­der The Sun” (Yep Roc US 09). Brian Rit­chie, qui vit dé­sor­mais en Aus­tra­lie, outre di­verses con­tri­bu­tions comme bas­siste, a réa­li­sé plu­sieurs al­bums en so­lo ou en groupe : “The Blend” (SST US 87) ; “Sonic Temple & Court Of Babylon” (SST US 88) ; “I See A Noise” (Da­li US 90) ; “Sha­ku­ha­chi Club NYC” (Weed US 04). Le sha­ku­ha­chi est une flûte de bam­bou chi­noise à la­quelle s’est long­temps ini­tié Brian Rit­chie qui lui a consa­cré deux autres al­bums sous le nom Brian Tai­ra­ku Rit­chie : “Ryoan­ji” (Thy­la­cine Aus­tr 06) et “Tai­mu” (Thy­la­cine Aus­tr 06). Avec le groupe ita­lien Zen Cir­cus : “Vil­la Inferno” (Un­hip Ita­lie 08). En Aus­tra­lie, avec des an­ciens mu­si­ciens de Mid­night Oil dans The Break, un rock tein­té de surf mu­sic : “Church Of The Open Sky” (Bom­bo­ra Crea­tive Aus­tr 010) ; “Space Farm”, in­cluant un titre avec le croo­ner an­glais En­gel­bert Hum­per­dinck (So­ny Aus­tr 013). De­puis 2011, il joue éga­le­ment avec son fils, Si­las Be Rit­chie. Leur der­nière col­la­bo­ra­tion est un al­bum par­ta­gé avec Tee­nage Stran­gler, un groupe de Min­nea­po­lis me­né par Dy­lan Rit­chie, le ne­veu de Brian : “Tea Life 3” (Af­ter Mu­sic US 013). Vic­tor DeLo­ren­zo se par­tage entre le théâtre et la mu­sique : “Pe­ter Co­rey Sent Me” (Da­li US 90) ; “Pan­cake Day” (Al­mo Sounds US 96) ; “The Bles­sed Faus­ti­na” (BF Re­cor­dings US 99) ; “Dic­tio­na­ry By/ Of Mar­cel Du­champ” (De­fend Mu­sic US 04).

Ca­role King et Ger­ry Gof­fin

Violent Femmes

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