Belle dé­cou­verte

Ré­édi­tions, nou­veau­tés et 45 tours : le point sur les meilleures ga­lettes mi­cro­sillon du mo­ment.

Rock & Folk - - Vinyles -

Ré­édi­tions EELS “Beau­ti­ful Freak”

Back To Black Une des consé­quences les plus ap­pré­ciables du re­tour en vogue de notre for­mat pré­fé­ré concerne les al­bums sor­tis dans les an­nées 90. Le pre­mier al­bum d’Eels, pa­ru en 1996 au plus fort de la do­mi­na­tion du CD, n’a été pu­blié à sa sor­tie qu’à très peu d’exem­plaires en vi­nyle et se mon­nayait très cher de­puis. C’était avant qu’Uni­ver­sal se dé­cide à le ré­édi­ter dans sa col­lec­tion Ba­ckToB­lack et le rende accessible à tous. Pre­mier al­bum du groupe, “Beau­ti­ful Freak” est em­pli de perles mé­lan­co­liques (“My Be­lo­ved Mons­ter”, “Your Lu­cky Day In Hell”) qui ont fait la ré­pu­ta­tion de Mark Oli­ver Eve­rett. Le clip de “No­vo­caine For The Soul” mon­trait à l’époque le chan­teur lan­çant le disque sur une pla­tine, on est heu­reux de pou­voir en­fin faire de même.

TODD RUNDGREN “So­me­thing/ Any­thing ?”, “A Wi­zard, A True Star”, “Todd”

De­mon Le la­bel vi­nyle an­glais lié au De­mon Mu­sic Group (et son im­mense ca­ta­logue) res­sort les trois meilleurs al­bums so­lo du gé­nial Todd Rundgren. Dé­jà ré­édi­té il y a trois ans de fort belle ma­nière par Rhi­no (à un ta­rif dis­sua­sif il est vrai), le double “So­me­thing/ Any­thing ?” re­vient avec une réa­li­sa­tion à la hau­teur du disque (son au poil, disques co­lo­rés, po­chette ou­vrante soi­gnée), sans doute la plus belle col­lec­tion de chan­sons de son au­teur. Même chose pour le bar­ré “Todd” mais pe­tite dé­cep­tion pour “A Wi­zard, A True Star”, le chef-d’oeuvre glam/ prog/ psy­ché­dé­lique/ dé­glin­gué de l’au­teur dont on au­rait ai­mé re­trou­ver la po­chette ori­gi­nale aux coins ro­gnés.

LEE HAZ­LE­WOOD “The NSVIP’s (Not So Ve­ry Im­por­tant People)” “Fri­day’s Child”, “Love And Other Crimes”

1972 La ré­ha­bi­li­ta­tion du pro­duc­teur mous­ta­chu conti­nue, et cette fois c’est la com­pa­gnie 1972 qui s’at­taque à trois al­bums pu­bliés entre 1964 et 1968 par Lee Haz­le­wood en so­lo. “The NSVIP’s” suc­cède à “Trouble Is A Lo­ne­some Town” ré­édi­té l’an der­nier par Light In The At­tic mais n’en pos­sède pas la ru­desse ni la beau­té. Plus so­phis­ti­qué, “Fri­day’s Child” est bien plus re­com­man­dable. Haz­le­wood a af­fi­né son style fait de coun­try soyeuse où des choeurs fé­mi­nins viennent en contre­point de sa voix grave. Le ma­gni­fique “Love And Other Crimes” en­fin, en­re­gis­tré en France avec Ber­nard Es­tar­dy, le montre en mode croo­ner, avec des ar­ran­ge­ments su­perbes.

THE JE­SUS & MA­RY CHAIN “Psy­cho­can­dy”, “Dark­lands”, “Au­to­ma­tic”, “Ho­ney’s Dead”, “Sto­ned & De­thro­ned”, “Mun­ki”

De­mon Alors que le ca­ta­logue des frères Reid re­ve­nait len­te­ment mais sû­re­ment dans les bacs à vi­nyle (via 1972 no­tam­ment), voi­ci que De­mon en ré­édite d’un coup d’un seul la to­ta­li­té pour mar­quer les 30 ans du groupe. Sur chaque disque, une éti­quette an­nonce fiè­re­ment que l’al­bum a été “mas­te­ri­sé à de­mi­vi­tesse”, ce qui sa­tis­fe­ra sû­re­ment les au­dio­philes (il semble que c’est la der­nière ga­ran­tie d’au­then­ti­ci­té pour

épa­ter le cha­land). Le plus im­por­tant dans cette his­toire, c’est que le son sur ces disques pro­vient des bandes ori­gi­nales et non de fi­chiers numériques. Bref, ça sonne bien. Le pa­cka­ging est su­perbe aus­si, ce qui ne gâche rien.

THE OUT­SI­DERS “Cal­ling On Youth”, “Close Up”

Cap­tu­red Tracks At­ten­tion, il ne s’agit pas là du groupe psy­ché­dé­lique ba­tave des an­nées 60 mais du groupe ho­mo­nyme an­glais de la fin des an­nées 70. Tout aus­si cultes mais en­core plus ano­nymes, The Out­si­ders sont sur­tout connus pour avoir été le pre­mier groupe d’Adrian Bor­land de The Sound. L’au­to­col­lant sur la po­chette pré­tend que The Out­si­ders est le pre­mier groupe punk DIY de l’his­toire (parce que les pa­rents de Bor­land avaient créé leur propre la­bel pour sor­tir l’al­bum de leur fis­ton), ce qui est un peu ca­va­lier mais si­tue bien le groupe, au croi­se­ment de Television Per­so­na­li­ties et des Stooges. As­sas­si­nés par la cri­tique à l’époque, ces deux disques ont très bien vieilli, on les conseille vi­ve­ment.

PA­PER GAR­DEN “Pa­per Gar­den”

Sun­da­zed Ne pas se fier à la po­chette à l’es­thé­tique dis­cu­table, car der­rière ce des­sin brouillon se cache un bel al­bum de pop psy­ché­dé­lique telle qu’on l’en­vi­sa­geait en 1967. Un uni­vers très mc­cart­neyien où les bal­lades en­so­leillées (“Sun­shine People”), le vau­de­ville (“La­dy’s Man”) et le si­tar (“Man Do You”) se taillent la part du lion. Un al­bum par­fu­mé au pat­chou­li qui bé­né­fi­cie du trai­te­ment tou­jours ex­cellent de Sun­da­zed. Belle dé­cou­verte.

Nou­veau­tés NAAM WHITE HILLS BLACK RAIN­BOWS THE FLYING EYES “4 Bands Split”

Hea­vy Psych Sounds Quatre poids lourds ac­tuels du sto­ner et du hea­vy se ren­contrent sur cette com­pi­la­tion mon­tée par le la­bel ita­lien Hea­vy Psych Sounds. Chaque groupe pos­sède une de­mi-face (un peu à la fa­çon d’ “Um­ma­gum­ma”) et que le meilleur gagne... Si Naam a éton­nam­ment choi­si une ap­proche at­mo­sphé­rique, Black Rain­bows fait grosse im­pres­sion sur la face B de ce disque pu­blié en mul­tiples cou­leurs avec une échap­pée cos­mique très floy­dienne (“Mi­nor Mons­ter Ga­laxy Mes­sage”).

STRANGE HANDS “Chil­dren Shouldn’t Play With Dead Things”

Az­bin Re­mar­qués en 2012 avec un ex­cellent pre­mier al­bum (“Dead Flo­wers”), les punks psy­ché­dé­liques de Bor­deaux fran­chissent un pa­lier avec leur nouvelle li­vrai­son. Tout en main­te­nant un es­prit ga­rage, le groupe par­vient à créer des am­biances cha­toyantes, à l’image de ce “Realm Of Dawn” qui puise au­tant dans les rê­ve­ries space-rock que dans la dis­tor­sion lo-fi. Son al­bum est une belle ode à la fuzz em­plie de mé­lo­dies re­mar­quables (“Gol­den Ar­rows”).

THE REVELLIONS “Give It Time”

Dir­ty Wa­ter Le pre­mier al­bum de ces ga­rage-ro­ckers re­vi­va­listes (se­lon l’axe Fuzz­tones/ Lyres) nous avait en­chan­tés en 2009. Les Ir­lan­dais des Revellions re­viennent après un long hia­tus (re­flé­té dans le titre de l’al­bum “Give It Time”) avec un son dé­sor­mais orien­té sur le R&B et le rock ca­li­for­nien de la fin des an­nées 60. Quelque part entre Love (“Sighs”, “Don’t Wait For Me”), Paul Re­vere & The Rai­ders (“Bit­ter & Twis­ted”) et The Doors (“Give It Time”). Une belle réus­site.

45 tours JAMES WILLIAM­SON & LI­SA KEKAULA “I Got A Right”

Leo­pard La­dy Les frères Ashe­ton dis­pa­rus et Ig­gy d’hu­meur jaz­zy, James William­son a dé­ci­dé de re­prendre le flam­beau des Stooges en ré­en­re­gis­trant quelques mor­ceaux per­dus du groupe, bien connus des boot­leg­gers mais ja­mais pu­bliés of­fi­ciel­le­ment. Ain­si le gui­ta­riste s’est as­so­cié à la brû­lante Li­sa Kekaula (The Bellrays) le temps d’un “I Got A Right” fi­dèle à l’ori­gi­nal. Un exer­cice certes vain, mais plu­tôt réus­si.

HEL­DON “Sou­tien A La RAF”, “Pers­pec­tives”

Souffle Conti­nu On a par­lé le mois der­nier de Schi­zo, voi­ci Hel­don, la suite des oeuvres dé­li­rantes de Ri­chard Pin­has au mi­lieu des an­nées 70. Ces deux singles de Hel­don — in­trou­vables dans leur ver­sion ori­gi­nale — sont ré­édi­tés dans leur écrin noir mais sur vi­nyle rouge flam­boyant et gardent au­jourd’hui leur puis­sance pro­vo­ca­trice (“Baa­der-Mein­hof Blues”).

TRIPTIDES “Clementine”

Croque Ma­ca­dam De­puis le temps que les Triptides en­chantent avec leurs mé­lo­dies pop byrd­siennes, il se­rait temps que le monde se rende compte de l’im­mense ta­lent de ce groupe. Les ac­ti­vistes de Croque Ma­ca­dam oeuvrent dans ce sens en of­frant ce single dont les deux faces sont aus­si su­perbes l’une que l’autre.

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