Stress

Rock & Folk - - Bande dessinée -

Les cou­ver­tures co­lo­rées et sans conces­sion de “Supergirl”, “Batgirl” et “Won­der Wo­man” ont au­tant fait pour le fé­mi­nisme que tous les dis­cours réunis de Bet­ty Frie­dan et de Glo­ria Stei­nem. Sa­chant ce­la, toutes les riot girls de l’Hexa­gone vont se pré­ci­pi­ter sur la très belle an­tho­lo­gie

(chez Ur­ban), réa­li­sée du sol au pla­fond par Louise Si­mon­son qui, en quelques pages, in­ci­te­ra la plu­part des lec­trices (et aus­si lec­teurs !) à s’ins­pi­rer de ces cou­ver­tures my­thiques hautes en cou­leur pour or­ne­men­ter le dos des cuirs dès la ren­trée pro­chaine. En plus des des­sins, les neu­rones du lec­to­rat se­ront mis au tra­vail par la lec­ture de textes plu­tôt bien vus qui ex­pliquent, entre autres, l’im­por­tance de Lois Lane au­près de Su­per­man alors qu’elle n’est qu’une simple jour­na­liste dé­nuée du moindre su­per-pou­voir. La de­moi­selle pren­dra une telle im­por­tance au­près des fans de Su­per­man qu’elle fi­ni­ra par avoir son propre sup­port, “Su­per­man’s Girl Friend Lois Lane” quelque temps plus tard. Hugues Mi­col est un des­si­na­teur spé­cia­liste des am­biances ul­tra bar­rées un rien étouf­fantes. Cer­tains y voient du Da­vid Lynch dans la mise en scène tan­dis que d’autres pen­se­ront à du Kaf­ka pour ce qui est du cli­mat op­pres­sant non dé­pour­vue d’hu­mour pour au­tant. Avec (Cor­né­lius), l’au­teur clôt une trilogie sur la fin du monde com­men­cée en 2001 chez le même édi­teur qui pre­nait alors un risque avec un pre­mier opus in­té­res­sant (“3”) mais un peu en des­sous tech­ni­que­ment par rap­port à l’am­bi­tion gra­phique af­fi­chée. Après une suite pro­met­teuse en 2008 (“Sé­quelles”), l’au­teur ter­mine ici en force son che­min de croix en ac­cro­chant lui-même son sur le tan­dis que les lé­gion­naires ro­mains, es­souf­flés, sont en­core à mi-che­min du som­met du Gol­go­tha. Cette his­toire au­ra donc mis quinze an­nées pour se concré­ti­ser, mais quel fi­nal pour une des BD d’an­ti­ci­pa­tion les plus éton­nantes de­puis la fin de la sa­ga Mé­tal Hur­lant. Si le pre­mier vo­let du dyp­tique (Dar­gaud) du duo Ma­riolle & Bour­gouin lais­sait la part belle aux tri­bu­la­tions de Jack Doyle, boxeur sur le retour dans un New York à J-30 de la fin de la pro­hi­bi­tion, ce deuxième opus re­prend la même his­toire mais en lais­sant la ve­dette à Ray Ja­me­son, jeune blues­man qui ap­pa­raît par in­ter­mit­tence au cô­té du boxeur dans le vo­lume ini­tial. Pour faire court, JR quitte le Mis­sou­ri avec l’am­bi­tion d’at­teindre New York et de jouer au Dante’s Lodge, le plus beau club blues de l’époque. Pa­ral­lè­le­ment à son en­vie de grim­per les éche­lons du star sys­tem, il am­bi­tionne aus­si de trou­ver un style de jeu unique. Bon, évi­dem­ment, ça ne va pas du tout se pas­ser comme pré­vu... Le des­sin et la mise en cou­leurs de Mi­kaël Bour­gouin sont proches de la per­fec­tion tan­dis que le scé­na­rio ima­gi­né par les deux au­teurs est lui aus­si par­fai­te­ment équi­li­bré et do­cu­men­té pour une bal­lade aus­si spor­tive que mu­si­cale dans les rues d’un New York de film noir.

(Çà et Là) de Lu­cia Biagi est un mer­veilleux pe­tit bou­quin qui de­vrait at­ti­rer l’oeil des jeunes lec­teurs sou­cieux de leur ave­nir. L’his­toire est celle de Sa­bri­na, jeune Ita­lienne de vingt-cinq ans qui fait le Tan­guy à mi-temps chez ses pa­rents et le reste chez son co­pain pour ce qui est des bons cô­tés de la co­ha­bi­ta­tion. Tout va bien jus­qu’au jour où la de­moi­selle s’aper­çoit qu’elle est en­ceinte, qu’elle n’a pas en­vie du lar­don et que les fêtes de fin d’an­née re­poussent le ren­dez-vous pour l’avor­te­ment à trente jours plus tard... Pro­fi­tant de ce dé­lai aus­si im­pré­vu que la gros­sesse, Sa­bri­na va mettre ce mo­ment d’an­goisse à pro­fit pour bien ré­flé­chir. Là où Lu­cia Biagi fait fort, c’est qu’elle réus­sit à mé­lan­ger crise exis­ten­tielle de l’ado­les­cence à ral­longe et crise de la so­cié­té sans pour au­tant ver­ser dans le déses­poir. Bien au contraire ! Et au-de­là d’une simple BD, “Point De Fuite” peut être vue comme une belle boîte à ou­tils pour ré­gler les pro­blèmes que les jeunes adultes fi­ni­ront par ren­con­trer un jour ou l’autre.

L’époque est dure pour les nerfs et tous les moyens sont bons pour sou­la­ger son stress. La der­nière mode an­glo-saxonne en date pour faire bais­ser la pres­sion chez les adultes est de les re­mettre à l’art du co­lo­riage, un exer­cice ou­blié qui fai­sait pour­tant ses preuves à l’époque bé­nie de la ma­ter­nelle. Ap­pa­rem­ment les ré­sul­tats po­si­tifs sont tels que l’édi­teur Hors-Col­lec­tion a pris le

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