LAR­RY RATSO SLOMAN

Par­mi mille autres choses, l’émi­nent écri­vain qui parle ici a deux su­jets de pré­di­lec­tion : le chanvre in­dien et Bob Dy­lan. Un ami po­ten­tiel en somme.

Rock & Folk - - Mes Disquesàmoi - RE­CUEILLI PARPHILIPPE MA­NOEUVRE - PHO­TO WILLIAM BEAUCARDET

Ce ma­tin, on se brosse mé­ti­cu­leu­se­ment les dents. Ren­dez-vous est confir­mé avec Lar­ry Ratso Sloman, his­to­rique rock-cri­tic et écri­vain amé­ri­cain à l’im­pres­sion­nante car­rière. Lar­ry Sloman a pas­sé sa vie à écrire celle des autres. Il a tout ta­qui­né : l’herbe, le sport (Mo­ha­med Ali), la contre-cul­ture (Ab­bie Hoff­man), le rock (la bio­gra­phie d’An­tho­ny Kie­dis), les mé­dias (Ho­ward Stern) et Bob Dy­lan (dont il reste un fervent ado­ra­teur). En édi­tant pour la pre­mière fois en France ce livre ma­jeur pa­ru en 1978 aux USA, “Sur La Route Avec Bob Dy­lan” (sous une cou­ver­ture ori­gi­nale de Pas­cal Co­me­lade), les Fon­deurs de Briques nous font un sa­cré ca­deau, donc, une ren­contre pa­ri­sienne avec le lé­gen­daire ré­dac­teur en chef de High Times, his­to­rique bible des sto­ners.

Un An­glais en afro

d’entre eux, “Ar­ti­fi­cial In­tel­li­gence”, je signe tous les textes. A l’époque, Cale pro­dui­sait un al­bum de Ni­co et il avait six se­maines de stu­dio payées. Il m’a dit : “Donne-moi tous les textes qui te res­tent... Je vais faire le Ni­co en deux se­maines et je vais en­re­gis­trer un al­bum pour moi sur le

reste du temps...” Quand il est ren­tré aux Etats-Unis, il m’a don­né la cas­sette de “Ar­ti­fi­cial In­tel­li­gence”, toutes mes chan­sons étaient là, grosse émo­tion. Puis John Cale est par­ti s’ins­tal­ler en Ca­li­for­nie et j’ai tout ou­blié de l’ex­pé­rience jus­qu’à une ré­cente émis­sion de ra­dio où je me suis re­trou­vé avec les an­ciens mu­si­ciens de Gram Par­sons. Qui étaient fans de mon bou­quin sur Dy­lan ! On a traî­né en­semble, ils m’ont de­man­dé des chan­sons, OK, je leur en ai sor­ti. L’idée était de faire des dé­mos pour les pro­po­ser à des chan­teurs. Je pose une voix té­moin avec le groupe in­die de Brook­lyn nom­mé Ca­ged Ani­mals. Les gars me disent : “Ratso, pu­tain, tu chantes ! Pour­quoi en­voyer ce titre à d’autres chan­teurs ? Tu as­sures !” Per­sonne ne m’avait dit ça de­puis le rab­bin à ma bar­mits­va, donc oui, d’ac­cord et on a en­re­gis­tré neuf chan­sons en tout. Le disque est ter­mi­né, j’ai fait un dixième titre, une ver­sion de “Sad Eyed La­dy Of The Low Lands”. ROCK&FOLK : Bon­jour Ratso ! Comment va ? Lar­ry Sloman : On fait cette in­ter­view pour un ma­ga­zine rock ? R&F : Exact. La ru­brique s’ap­pelle Mes Disques à Moi... Lar­ry Sloman : Quelle coïn­ci­dence ! Je viens d’en­re­gis­trer mon pre­mier

al­bum. R&F : Ex­pli­quez-nous ça...

Lar­ry Sloman : En 1984, John Cale me de­mande de l’ai­der pour l’écri­ture de chan­sons. Je col­la­bore sur trois de ses al­bums. Sur l’un

R&F : Quel fut votre pre­mier achat dis­co­gra­phique ?

Lar­ry Sloman : Je m’en sou­viens comme si c’était hier. J’ai sept ans, et mes pa­rents m’offrent un disque de mon choix. C’est un mo­ment fon­da­men­tal de mon exis­tence. Je choi­sis le pre­mier al­bum RCA d’El­vis Pres­ley. R&F : Plu­tôt Beatles ou Rol­ling Stones ?

Lar­ry Sloman : Je n’ai ja­mais été un gros fan des Beatles. A l’époque, il y avait ce contexte : si on aime les Beatles, on est en sé­cu­ri­té, si on pré­fères les Stones, on est un re­belle, genre on pisse sur des bornes à es­sence, au pied des im­meubles, on fait des trucs comme ça. J’ai très vite pos­sé­dé un al­bum des Stones. Je ne sa­vais ab­so­lu­ment pas qui était Bob Dy­lan, re­mar­quez bien.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.