EN­FANTS DU VEL­VET

Hor­mis quatre al­bums et une foi­son de disques live à la piètre qua­li­té so­nore, qu’a lais­sé der­rière lui le groupe de Lou Reed ? Des hé­ri­tiers, par mil­liers, dont voi­ci les trente plus illustres ici ca­ta­lo­gués.

Rock & Folk - - En Couverture - PAR CH­RIS­TOPHE BAS­TER­RA

An­gle­terre

Au pays de “Can­dy”, on trouve Da­vid Bo­wie. D’après la lé­gende, il se­rait l’un des pre­miers à avoir écou­té l’al­bum à la ba­nane — de re­tour de New York, un ami, connais­sance d’An­dy Wa­rhol, lui au­rait of­fert un test­pres­sing du disque. L’ar­tiste aux yeux vai­rons ne s’en est ja­mais réel­le­ment re­mis — lui qui re­prit “I’m Wai­ting For The Man” alors que les autres étaient en­core en train d’at­tendre. Mais sur­tout, avant Zig­gy, le sa­lut na­zi et les mé­lo­dies fun­ky, Bo­wie signe l’un de ses meilleurs al­bums, “Hun­ky Do­ry”, sur le­quel il évoque Wa­rhol, pre­mier ma­na­ger du Vel­vet Un­der­ground, et singe Lou, le temps de l’ex­pli­cite “Queen Bitch”.

Al­bum re­com­man­dé : “Hun­ky Do­ry” (1971)

Al­le­magne

Né en 1971 dans une bour­gade de l’Al­le­magne de l’Ouest, Faust re­prend les choses là où “White Light/White Heat” et “The Vel­vet Un­der­ground” les ont lais­sées. Alors qu’il de­vient vite l’un des Mous­que­taires du krau­trock, le groupe passe maître dans l’art des col­lages so­nores et autres té­les­co­pages so­niques.

“Le terme rock’n’roll n’est pas ap­pro­prié pour dé­crire quelque chose qui trans­cende les li­mites de la mu­sique contem­po­raine”, écri­vait à pro­pos de “Faust” Phi­lippe Pa­rin­gaux dans ce même jour­nal en fé­vrier 1972. Vous avez dit vi­sion­naires ?

Al­bum re­com­man­dé : “So Far” (1972)

Etats-Unis

Ce n’est pas (seule­ment) pour sa ver­sion bou­le­ver­sante de “Femme Fa­tale” que Big Star fi­gure dans cette sé­lec­tion. A l’ins­tar de son aî­né, ce groupe a connu une exis­tence mé­téo­rique, lais­sé sur le bord de la route un membre émi­nent (le gé­nial Ch­ris Bell) et son in­fluence est in­ver­se­ment pro­por­tion­nelle au nombre d’al­bums ven­dus — des clo­pi­nettes, pour faire bref. Sur­tout, le sus­nom­mé Bell et son aco­lyte Alex Chil­ton ont com­po­sé une poi­gnée de chan­sons d’une beau­té ab­so­lue, que Lou Reed et consorts n’au­raient même pas osé fan­tas­mer. Al­bum re­com­man­dé : “Third/Sis­ter Lo­vers” (1978)

Etats-Unis

En 1972, alors qu’El­liott Mur­phy n’a pas sor­ti le moindre disque et qu’il est à la re­cherche d’un la­bel, on lui confie des notes de po­chette — celles de ce qui de­vien­dra deux ans plus tard “1969 Vel­vet Un­der­ground Live”. A l’époque, le prin­ci­pal in­té­res­sé confesse qu’il écoute “Loa­ded” en boucle. Le genre d’ex­pé­rience qui marque, en té­moigne son ex­cellent pre­mier al­bum, “Aqua­show”. En­suite, cet ami amé­ri­cain, qui s’est lié d’ami­tié avec Lou Reed et ré­side à Pa­ris de­puis 1989, a tran­quille­ment conti­nué sa route, sans tra­hir ses ob­ses­sions ori­gi­nelles.

Al­bum re­com­man­dé : “Aqua­show” (1973)

Etats-Unis

A dix-huit ans, Jo­na­than Rich­man quitte Bos­ton, di­rec­tion la Grosse Pomme. La rai­son ? Le Vel­vet Un­der­ground. Il squatte quelque temps le di­van de Steve Ses­nick, alors ma­na­ger du groupe. Il com­pose “Roa­drun­ner” et, de re­tour au ber­cail, forme The Mo­dern Lo­vers. De re­fus en ter­gi­ver­sa­tions, le pre­mier al­bum ne sort qu’en 1976 — avec cer­taines chan­sons en­re­gis­trées trois ans plus tôt sous la hou­lette ora­geuse de John Cale. Alors que Rich­man est dé­jà ailleurs, ce disque de­vient le lien par­fait entre le rock du Vel­vet (mil­lé­sime 69) et les bal­bu­tie­ments du punk. Al­bum re­com­man­dé : “The Mo­dern Lo­vers” (1976)

Etats-Unis

Il était moins une : c’est lors de l’été 1970 qu’elle dé­couvre au Max’s le Vel­vet Un­der­ground en concert, chant(s) du cygne d’un groupe en dé­li­ques­cence. Quelques an­nées plus tard, avec son Group(e), elle foule la même scène et de­vient l’égé­rie d’une scène newyor­kaise en pleine ef­fer­ves­cence — ob­sé­dée entre autres par la Fac­to­ry wa­rho­lienne. Dans des ten­sions ex­trêmes, Pat­ti Smith en­re­gistre son pre­mier al­bum, “Horses”, sous la hou­lette d’un John Cale ob­ses­sion­nel, ex­pé­rience dou­lou­reuse mais qui offre dé­fi­ni­ti­ve­ment à la jeune femme ses lettres de no­blesse.

Al­bum re­com­man­dé : “Horses” (1976)

Etats-Unis

Ra­re­ment s’est-on sen­ti à ce point en dan­ger en écou­tant un groupe... Si ce n’est avec les

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