Fleet­wood Mac

Rock & Folk - - Rééditions - “TUSK – EDI­TION LIMITEE - COFFRET DE­LUXE”

War­ner OK, des dé­cen­nies après sa sor­tie, on a fi­na­le­ment trou­vé quelques qua­li­tés à “Ru­mours” (via sa ré­édi­tion il y a peu), ce qui nous au­rait fait mal aux fesses à l’époque. Ce­ci sou­lève un pro­blème que beau­coup de gens connaissent : trou­ver un truc comme “Ru­mours” va­lable lors­qu’on est qua­dra­gé­naire veut-il dire que nous étions cons à l’époque pour ne pas l’ai­mer ou, au contraire, que nous le sommes de­ve­nus pour être ca­pable de l’ap­pré­cier ? Cette der­nière op­tion est très pro­bable. L’em­bour­geoi­se­ment va de pair avec un em­bour­geoi­se­ment des goûts et, dans ce re­gistre ca­li­for­nien laid-back, co­caï­né suin­tant le billet vert à chaque me­sure, Fleet­wood Mac est sans doute le groupe ul­time. D’un autre cô­té, la pau­vre­té et le dé­lire wor­king­class n’en­gendrent pas tou­jours des oeuvres gran­dioses (ni des ju­ge­ments cri­tiques très fins) et, à écou­ter “Tusk” pour la pre­mière fois à l’âge adulte en 2015 — un adulte en 1979 n’au­rait sans doute pas émis le même ju­ge­ment — il est évident que l’in­fluence de Lind­sey Bu­ckin­gham, plus ou­vert à son époque que le reste du groupe, est faite pour nous plaire. Une cer­taine pop dé­li­ques­cente ca­li­for­nienne, une forme d’obs­cé­ni­té de l’opu­lence, il y a, dans le fond, chez Fleet­wood Mac quelque chose d’in­fi­ni­ment dé­ca­dent et pourri.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.