Peyotl

Rock & Folk - - DVD Musique -

Le 8 dé­cembre 1980, l’his­toire de la mu­sique re­tien­dra qu’un jeune dés­équi­li­bré d’un quart de siècle a fait feu sur John Len­non, lui lo­geant quatre balles de P 38 dans le dos. A par­tir de là, nom­breux ont été les au­teurs à s’ef­for­cer de com­prendre le geste en ten­tant d’ap­por­ter une ten­ta­tive d’ex­pli­ca­tion à l’im­pen­sable. Les der­niers en date à s’in­té­res­ser au meurtre de l’an­cien Beatles sont donc le des­si­na­teur Gaël Sé­jour­né et le scé­na­riste Ro­dolphe qui signent chez Vents d’Ouest un qui ponc­tue une sé­rie de cinq al­bums sur des as­sas­si­nats cé­lèbres. Loin d’être une mi­nu­tieuse re­cons­ti­tu­tion des qua­rante-huit heures qui pré­cèdent le drame, les au­teurs ont pré­fé­ré re­créer à leur ma­nière les der­nières pé­ré­gri­na­tions du dés­équi­li­bré afin de lais­ser une part au do­maine de l’ima­gi­naire. L’en­semble se lit bien et le des­sin réa­liste sied au contexte. Au fi­nal, mal­gré cette in­té­res­sante touche d’oni­risme, c’est tou­jours l’his­toire d’un pauvre type qui a des­cen­du gra­tui­te­ment un gé­nie de la mu­sique. Avant de de­ve­nir le scé­na­riste de “Mis­sio­na­ry Man”, “Judge Dredd” et autres suc­cès pour le ma­ga­zine du même nom aux confins des an­nées 90, l’Ecos­sais Gor­don Ren­nie s’était as­so­cié au des­si­na­teur Mar­tin Emond ( ) pour s’at­ta­quer au fon­de­ment du rock’n’roll qu’est le mo­nu­ment El­vis Pres­ley. L’en­gin in­ti­tu­lé est à nou­veau dis­po­nible par­tout grâce aux édi­tions An­ka­ma. Dans cette his­toire in­vrai­sem­blable, vrai road co­mics sous per­fu­sion d’hal­lu­ci­no­gènes di­vers et va­riés, il se­ra ques­tion de ré­sur­rec­tion du King re­né­go­ciant un deal pas­sé na­guère avec un dé­mon qui, en échange, exi­ge­ra un come-back d’El­vis au Cae­sar’s Pa­lace de Las Vegas. Dès lors, il ne se­ra plus ques­tion que de ré­écri­ture de l’his­toire du rock dans un en­che­vê­tre­ment de si­tua­tions ab­surdes qu’il ne fau­dra ab­so­lu­ment pas es­sayer de com­prendre. Un peu comme le fi­nal d’un concert des Who à la grande époque. Avec (Del­court), Phi­lippe Squar­zo­ni ose une adap­ta­tion (réus­sie) du livre de Da­vid Si­mon (réa­li­sa­teur de “The Wire”) sur Bal­ti­more, ville aux cen­taines de meurtres an­nuels. Des­si­ner l’uni­vers de la po­lice n’est pas à pro­pre­ment par­ler un exer­cice sor­tant de l’or­di­naire. C’est même la base de n’im­porte quelle BD sur le su­jet. Mais là où Squar­zo­ni fait la dif­fé­rence, c’est sur sa ma­nière de re­pré­sen­ter gra­phi­que­ment le dé­rou­le­ment d’une jour­née d’un groupe de fonc­tion­naires de po­lice. Le dé­cou­page s’ap­pa­rente plus à un ta­pis­sage de pho­tos de sus­pects et de scènes de crimes po­sées les unes à cô­té des autres au fil des planches et c’est par­fait pour le su­jet. Can­ton­ner le lec­teur à un rôle d’ob­ser­va­teur dis­tant afin d’évi­ter tout risque d’iden­ti­fi­ca­tion mal­saine est peut-être aus­si l’idée de l’an­née pour la sau­ve­garde du lec­teur in­fluen­çable. Wes­tern spa­ghet­ti réa­li­sé et in­ter­pré­té par Jo­do­rows­ky en 1970, “El To­po” est de­ve­nu au fil du temps le film culte de ré­fé­rence chez tous les afi­cio­na­dos du genre. L’en­goue­ment était tel qu’une suite ci­né­ma­to­gra­phique fut même en­vi­sa­gée dès la fin du siècle der­nier. C’était sans comp­ter sur un monde de pro­duc­teurs aux poches pleines d’our­sins... Fi­na­le­ment, las­sé d’at­tendre le fi­nan­ce­ment mi­racle, le père spi­ri­tuel s’est tour­né vers le des­si­na­teur La­drönn pour illus­trer (Glé­nat), pre­mier vo­lume du grand re­tour de La Taupe dans une his­toire entre ac­tion et mys­ti­cisme fleu­rant bon le peyotl à cha­cune de ses pages. Même si la trame est évi­dente, El To­po a deux fils, cette ver­sion re­vi­si­tée du duo bi­blique Caïn et Abel contient les justes pro­por­tions de sté­réo­types, de fan­tas­tique, de re­li­gieux et d’aven­ture chères à Jo­do­rows­ky pour faire de cette BD ma­gis­tra­le­ment illus­trée par La­drönn un ex­cellent mo­ment à pas­ser en at­ten­dant le grand écran.

“Sal­to - L’His­toire Du Mar­chand De Bon­bons Qui Dis­pa­raît Sous La Pluie”

L’été est là et, for­cé­ment, il y a aus­si la BD in­dis­pen­sable pour ac­com­pa­gner dans le sac à dos les can­di­dats au far­niente. S’il y avait un prix pour ré­com­pen­ser le genre, Ju­dith Va­nis­ten­dael, des­si­na­trice belge ré­si­dant dans le quar­tier de Mo­len­beek, l’au­rait rem­por­té haut la main tel­le­ment le brillan­tis­sime

(Le Lom­bard), réa­li­sé dans une os­mose par­faite à par­tir des sou­ve­nirs de Mark Bel­li­do, est une oeuvre mar­quante tant par son usage ex­cep­tion­nel des crayons de cou­leur que par la ré­flexion sur la vio­lence po­li­tique

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