Dan Penn

Rock & Folk - - Reeditions - “CLOSE TO ME – MORE FAME RECORDINGS”

Ace (import Gi­bert Jo­seph) Le pre­mier vo­lume avait si­dé­ré : Dan Penn, au lieu de se conten­ter de re­fi­ler, comme tout le monde, des ma­quettes bas de gamme aux ar­tistes qu’il comp­tait convaincre de re­prendre ses propres com­po­si­tions, en­re­gis­trait car­ré­ment de ma­nière pro­fes­sion­nelle ces mêmes chan­sons. Aux my­thiques stu­dios Fame de Muscle Shoals sous la hou­lette du gé­nial Rick Hall. Ces dé­mos qui n’en sont pas étaient donc res­tées in­édites jus­qu’ici puisque, à quelques ex­cep­tions près, elles n’étaient pas des­ti­nées à être pu­bliées, mais de­vaient sim­ple­ment ser­vir à pré­sen­ter les chan­sons aux mu­si­ciens à conver­tir. On n’a ja­mais vu un tel per­fec­tion­nisme : les ma­quettes de Dan Penn sonnent comme de gran­dioses singles. Et le plus sur­pre­nant est Penn lui-même qui, con­trai­re­ment à ses en­re­gis­tre­ments clas­siques des se­ven­ties, chan­tait dans les six­ties de ma­nière très noire, ou­tra­geu­se­ment soul — les en­re­gis­tre­ments réunis ici couvrent la pé­riode 1963-1966, soit l’époque où l’on par­lait en­core de R&B : c’est qu’en fait, le grand song­wri­ter ten­tait d’imi­ter les voix des mu­si­ciens à qui il en­ten­dait four­guer sa came. L’in­ter­view de Penn fi­gu­rant dans le li­vret de ce CD (qui jus­ti­fie presque à elle seule l’achat de l’ob­jet) montre d’ailleurs pré­ci­sé­ment à quel point l’homme avait une dé­marche très ré­flé­chie, presque scien­ti­fique dans l’ap­proche de cette mu­sique noire qu’il ido­lâ­trait — Penn n’a ja­mais écou­té que ce­la et se mo­quait gen­ti­ment des pen­chants coun­try de Hall. A cette époque, soit avant le style coun­try­soul qui al­lait le ca­rac­té­ri­ser quelques an­nées plus tard, Penn avoue avoir “dé­mon­té” les écoles qu’il pré­fé­rait : celles de De­troit (Mo­town), de Chi­ca­go (Jer­ry But­ler, Im­pres­sions, etc), d’up­town New York (pro­duc­tions Wand de Maxine Brown ou Chuck Jack­son) et, na­tu­rel­le­ment, de Mem­phis (Stax). D’où la va­rié­té des styles en­ten­dus sur cette mer­veilleuse com­pi­la­tion. Au dé­but, il com­po­sait seul, voire avec Rick Hall ou en­core avec quelques confrères moins connus mais, à par­tir de 1965, Spoo­ner Old­ham de­vient son co­équi­pier ré­gu­lier et l’on sait les chefs-d’oeuvre que ces deux-là ont lais­sés à l’his­toire.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.