Pink Floyd

Rock & Folk - - Rééditions - “THE EAR­LY YEARS 1967-1972”

Pink Floyd Re­cords/ War­ner Pour ceux, pro­ba­ble­ment as­sez nom­breux, qui n’ont pas les moyens de se pro­cu­rer l’énorme cof­fret Pink Floyd qui vient de sor­tir (27 CD et DVD pour près de 500 tout de même), War­ner com­mer­cia­lise une ver­sion ré­duite à deux CD qui pro­pose des choses in­té­res­santes puisque sur les 27 mor­ceaux, 19 sont des in­édits. Les ama­teurs de la pre­mière pé­riode sont ser­vis car sont réunis ici “Ar­nold Layne”, “See Emi­ly Play”, le char­mant “Jug­band Blues”, “Ma­til­da Mo­ther”, “Point Me At The Sky”, l’ex­cellent et hy­per mé­lo­dique “Paint­box”, le my­thique “In The Beech­woods” (en fin de compte as­sez quel­conque), des ver­sions live de “In­ters­tel­lar Over­drive” ou “Ca­re­ful With That Axe, Eu­gene”, plu­sieurs mor­ceaux en­re­gis­trés pour “Za­bris­kie Point”, un in­édit de “Meddle”, trois mor­ceaux com­po­sés pour le film de Bar­bet Schroe­der “La Val­lée” (avec Bulle Ogier et Jean-Pierre Kal­fon), des séances pour la BBC, etc, le tout par­fai­te­ment re­mas­te­ri­sé et em­bal­lé dans un li­vret bien four­ni et dé­taillé. Mais les spé­cia­listes consta­te­ront l’ab­sence de choses pré­cieuses comme “Ve­ge­table Man”, “Scream Thy Last Scream”, “Can­dy And A Cur­rent Bun” ou “Apples And Oranges”, ce qui est aga­çant car, eussent-ils été in­clus, beau­coup de gens au­raient trou­vé ce double CD par­fait. Mais il est vrai que les nom­breux in­édits fe­ront pas­ser la pi­lule as­sez ai­sé­ment. son temps. Réé­di­té en pi­rate, puis en­fin, dans une édi­tion sa­tis­fai­sante en CD, par Ry­ko en 1992, l’as­sem­blage de chan­sons ban­cales et équi­li­bristes est de­ve­nu un al­bum culte, à juste titre. Au­jourd’hui, la nou­velle Rolls-Royce des ré­édi­tions, le la­bel Om­ni­vore, dis­sèque l’oeuvre en 3 CD. Sur le pre­mier, des dé­mos, sur le deuxième, des chan­sons avan­cées, sur le troi­sième, les pro­duits fi­nis (ha, ha !). Ce qui est éton­nant, c’est de consta­ter à quel point les ver­sions des deux pre­miers CD montrent un Chil­ton éton­nam­ment pré­cis, et de voir à quel point tout s’ef­fondre pour les mas­ters. C’était le grand gé­nie de Di­ckin­son : en­cou­ra­ger le chaos. On se sou­vient l’avoir in­ter­ro­gé à Mem­phis sur les gui­tares acous­tiques cu­rieu­se­ment per­cus­sives du chef-d’oeuvre ab­so­lu (éga­le­ment d’un point de vue stric­te­ment so­nore et tech­nique), “Kan­ga Roo”, équi­li­brant par­fai­te­ment un dé­luge de feed­back. Il avait ré­pon­du avoir eu, tout sim­ple­ment, l’idée de faire jouer cer­taines par­ties avec des ba­guettes de bat­te­rie. Di­ckin­son était grand, et Chil­ton aus­si. Les chan­sons de “Third” n’en fi­nissent plus de nous ré­ta­mer de beau­té : “Stroke It, Noel”, “Kiz­za Me”, “Thank You Friends”, “Big Black Car”, “Dream Lo­ver”, “O’Da­na”... Ici re­mas­te­ri­sées de ma­nière in­sen­sée, elles sonnent comme elles n’ont ja­mais son­né : c’est un rêve dans les en­ceintes. Le seul re­proche qu’on puisse faire à ce cof­fret ne peut en être un : de­puis 1992, tous les amou­reux de ce disque mau­dit sont ha­bi­tués au se­quen­cing de la ver­sion Ry­ko. Or, il n’y a ja­mais eu de se­quen­cing of­fi­ciel, et par consé­quent, l’ordre des chan­sons sur le troi­sième CD de l’édi­tion Om­ni­vore est dif­fé­rent de ce­lui au­quel nous sommes ac­quis de­puis plus de vingt ans. C’est un peu per­tur­bant, mais si­non, c’est un tor­rent de ma­gni­fi­cence dé­li­ques­cente : à ce titre, “Third” est sans doute le seul al­bum qui donne l’im­pres­sion de s’au­to­dé­truire au fur et à me­sure de l’écoute qu’on lui ac­corde, fi­gés que nous sommes dans un état étrange de lé­vi­ta­tion.

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