Mu­sic Man 212-HD

Rock & Folk - - Culte Des Objets -

pen­dant quelques an­nées, par l’in­ter­mé­diaire de sa nou­velle so­cié­té, CLF (Cla­rence Leo Fen­der) Re­search. Il change éga­le­ment de trai­te­ment pour sa ma­la­die et s’en trouve gué­ri. C’est donc en pleine forme qu’en 1971, il est ap­pe­lé par deux de ses an­ciens col­la­bo­ra­teurs, For­rest White (1920-1994) et Tom Wal­ker (1921-2003), qui viennent de quit­ter Fen­der, mé­con­tents de la ges­tion CBS, et cherchent une aide fi­nan­cière pour mon­ter une nou­velle so­cié­té. En mars 1972, les trois vé­té­rans créent Tri-So­nics. CLF prend alors en charge la concep­tion et la fa­bri­ca­tion — mais de fa­çon très confi­den­tielle — de nou­veaux ins­tru­ments, en par­ti­cu­lier la fu­ture basse StingRay, qui sort en 1976. En 1973, sous l’im­pul­sion de Leo Fen­der, la so­cié­té est re­bap­ti­sée Mu­si­tek, puis fi­na­le­ment Mu­sic Man en jan­vier 1974. Leo Fen­der et Tom Wal­ker tra­vaillent sur les ins­tru­ments et les am­pli­fi­ca­teurs pen­dant que la par­tie com­mer­ciale est di­ri­gée par White. En 1975, dé­sor­mais li­bé­ré de toute contrainte avec Fen­der Mu­si­cal Ins­tru­ments, Leo de­vient of­fi­ciel­le­ment le pré­sident de Mu­sic Man. La marque ob­tient un franc suc­cès as­sez ra­pi­de­ment et les am­pli­fi­ca­teurs pro­duits à cette époque sont au­jourd’hui consi­dé­rés par de nom­breux mu­si­ciens comme les tout meilleurs. C’est Tom Wal­ker, élec­tro­ni­cien de for­ma­tion, qui est au coeur de la pro­duc­tion. Contrai­re­ment aux réa­li­sa­tions my­thiques

En 1979 Mu­sic Man 212-HD (neuf) :

SMIC men­suel brut en 1979 = 335 €

En 2016 Mu­sic Man 212-HD (en par­fait état) : de Leo Fen­der, dont la tech­no­lo­gie est en­tiè­re­ment à tubes, il va pri­vi­lé­gier une concep­tion hy­bride : le pré­am­pli uti­lise des tran­sis­tors, et l’am­pli de puis­sance a re­cours aux tra­di­tion­nelles lampes. Le na­vire ami­ral de la flotte Mu­sic Man est le gros 212-HD OneT­hir­ty (35 kg sur la ba­lance) qui, comme son nom l’in­dique, dé­livre 130 W à tra­vers deux haut­par­leurs Emi­nence de 12 pouces à ai­mants Al­ni­co, ali­men­tés par quatre gros tubes 6CA7 ou EL34. In­utile de pré­ci­ser que lors­qu’on pousse le mas­ter à deux ou trois, les vitres com­mencent à trem­bler... mais, grâce à ce choix d’une tech­no­lo­gie hy­bride, il pro­duit un son clair d’une grande pu­re­té, bien meilleur que sur les Fen­der. En re­vanche, les sa­tu­ra­tions ob­te­nues en pous­sant le vo­lume sont loin de ce que l’on peut avoir avec un Mar­shall et, pour jouer du thrash me­tal là-des­sus, l’ajout d’une pé­dale de dis­tor­sion est plus qu’in­dis­pen­sable. Au pre­mier coup d’oeil, le 212-HD, avec ses deux ca­naux, sa re­verb et son tre­mo­lo, fait im­mé­dia­te­ment pen­ser au Fen­der TwinRe­verb, mais il est plus po­ly­va­lent et c’est l’arme ul­time pour jouer le blues élec­trique. Cet am­pli, dé­cli­né en com­bo et en en­semble tête + baffle, va de­ve­nir le ma­té­riel pré­fé­ré de gui­ta­ristes comme John­ny Win­ter, Eric Clap­ton, Jeff Beck mais aus­si Joan Jett ou Joe Strum­mer. En 1979, Leo Fen­der, dont la so­cié­té CLF fa­brique tou­jours les ins­tru­ments si­gnés Mu­sic Man, perd sa femme et re­noue avec son vieux par­te­naire George Ful­ler­ton au­tour du pro­jet G&L, qui voit le jour en 1980. Pa­ral­lè­le­ment, chez Mu­sic Man, Tom Wal­ker a ra­che­té les parts de For­rest White et se re­trouve seul aux com­mandes. Mais sans ses deux ex-as­so­ciés, la so­cié­té sombre peu à peu pour être fi­na­le­ment ra­che­tée par Er­nie Ball en 1984. De­puis, la firme Mu­sic Man ne pro­duit plus que des gui­tares et des basses.

Com­bien ça coû­tait ? Com­bien ça coûte ?

Mieux vaut être en bons termes avec ses voi­sins lors­qu’on tourne vers la droite le bou­ton du mas­ter vo­lume de ce Mu­sic Man 212-HD fa­bri­qué vers 1977... 4590 FF (744 €) en­vi­ron 1200 €

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