Cloud No­things Half Ja­pa­nese

Rock & Folk - - News - “Life Wi­thout Sound” “Hear The Lions Roar”

WICHITA Quand on place Cle­ve­land dans une conver­sa­tion, la ré­ponse ob­te­nue est un lo­gique : “Ah­la­ville­deLeB­ronJames! Su­per­tou­ch­down­ce­week-end!” Oui, par­fois on dis­cute avec des gens nuls en sport. Tout le monde ou­blie, sauf nous du coup, un des meilleurs groupes du rock in­dé amé­ri­cain : Cloud No­things. Le qua­tuor ohioyen (mecs de l’Ohio, quoi) en est dé­jà, avec la sor­tie de “Life Wi­thout Sound”, à son 5e al­bum. C’est donc un groupe qui se connaît, en pleine pos­ses­sion de ses moyens et sûr de ce qu’il veut pro­po­ser. Et fran­che­ment, Cloud No­things a de très bonnes pro­po­si­tions ! Le son de ce disque nous plonge dans un énorme océan de nos­tal­gie, le Nos­tal­gic. Cet al­bum pue les an­nées 90 et pas seule­ment les dé­buts avec le grunge mais l’in­té­gra­li­té FIRE Ori­gi­nal est ici un mot faible. On est plus du cô­té de l’art brut que du rock ex­pé­ri­men­tal. Jad Fair, dont on ne sait s’il est fou, naïf, at­tar­dé ou gé­nial (un peu tout ça, pro­ba­ble­ment), a for­mé le groupe en 1977 et se targue de ne tou­jours connaître au­cun ac­cord de gui­tare ! Il fait ain­si des trou­vailles in­con­grues, ac­ci­den­telles, qu’il est par­fois in­ca­pable de re­pro­duire... Et ça s’en­tend. Le ré­sul­tat est une mu­sique inouïe, bruyante, par­fois à la li­mite de l’ato­nal, d’un ama­teu­risme re­ven­di­qué, éton­nam­ment ac­cro­cheuse. Bien sûr, on connaît sur­tout Half Ja­pa­nese grâce à l’in­dé­fec­tible soutien de son plus grand fan, un cer­tain Kurt Co­bain qui n’a ces­sé dans les an­nées 1990 de van­ter le gé­nie de son hé­ros. Ce n’était pas une pos­ture. Co­bain avait du goût, par­ta­gé par bien d’autres mu­si­ciens qui ont croi­sé la tra­jec­toire de Jad Fair : Mau­reen Tu­cker, J Mas­cis, Tee­nage Fan­club, etc. Ce disque, qui doit être le 300 000e de Jad Fair, on a ar­rê­té de comp­ter, est ma­gni­fique. Le gars ne fait que des chan­sons de monstres (“At­tack Of The Giant Leeches”, le pre­mier single, est par­fait) ou d’amour. On pense à des ex­cen­triques comme Jo­na­than Rich­man ou Da­niel Johns­ton (autre idole de Kurt). Mais la mu­sique n’a rien à voir. Elle racle et cogne, avec un cô­té fré­né­tique et pa­ra­noïaque

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