Depeche Mode “Spi­rit”

Rock & Folk - - Disques Pop Rock -

CO­LUM­BIA/SONYMUSIC “Onn’apa­sé­vo­lué.” Cette phrase ex­traite de “Going Ba­ck­wards”, mor­ceau au son mé­tal­lique avec des échos tech­no qui ouvre le nou­vel al­bum de Depeche Mode, ne parle bien sûr pas du groupe : en 36 ans d’exis­tence, les kids de Ba­sil­don sont de­ve­nus des poids lourds de la pop élec­tro­nique et ce quin­zième al­bum stu­dio confirme que leur lon­gé­vi­té n’est pas due au ha­sard. La voix de Dave Ga­han, si fra­gile au dé­but des an­nées 1980, est de­ve­nue celle d’un tri­bun pop qui se fâche en évo­quant ce monde en pleine ré­gres­sion, un monde dont l’hu­ma­ni­té à la men­ta­li­té ca­ver­neuse a per­du le contrôle. DM ne sau­ve­ra peut-être pas la pla­nète, mais il lui offre une bande-son à la di­men­sion de l’époque. “Where’s The Re­vo­lu­tion”, pre­mier single, est du Depeche Mode clas­sique, ca­li­bré pour les stades. “The Worst Crime” dé­marre en dou­ceur et in­tro­duit une gui­tare pla­nante, comme du Pink Floyd en­re­gis­tré au 21e siècle. Avec “You Move”, on sa­voure des en­vo­lées de cla­viers aé­riens, kraft­wer­kiens, tan­dis que “So Much Love” re­trouve des ac­cents ré­tro avec des sé­quences élec­tro­niques qui rap­pellent “The Mea­ning Of Love”, un de ses pre­miers hits. C’est James Ford, de Si­mian Mo­bile Disco, qui pro­duit ce nou­veau pa­vé du groupe de Mar­tin L Gore, maes­tro dis­cret et au­teur des com­po­si­tions brillantes de cet al­bum qui réus­sit à sur­pas­ser son pré­dé­ces­seur sor­ti il y a quatre ans, “Del­ta Ma­chine”. Si Dave chante par­fois l’amour, il évoque aus­si la rup­ture, comme sur le gla­cial “No More (This Is The Last Time)”, où il s’adresse à une ex, et “Poi­son Heart”, su­perbe avec son beat lourd, son break aé­rien et ses choeurs en­chan­tés. Tout s’achève avec “Fail”, et tou­jours cette gui­tare qui pleure en ar­rière-fond. Du grand art par un grand groupe. ✪✪✪ 1/2 OLI­VIER CACHIN

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