Elec­tric Guest

Rock & Folk - - Disques Pop Rock -

“Plu­ral” BECAUSEMUSIC

Quand un groupe qui a dé­bu­té sous le par­rai­nage de Danger Mouse pro­pose son tou­jours dif­fi­cile se­cond al­bum sans si­gna­ture so­nore autre que la sienne, la dés­illu­sion peut être de mise. Sauf qu’Elec­tric Guest réus­sit à faire aus­si bien, voire mieux, que son “Mon­do” dan­ger­mous­si­fié de 2012 avec “Plu­ral”, al­bum qui a mis près de cinq ans à voir le jour. Dès l’ou­ver­ture, le très plai­sant “Zero” sur le­quel on swingue au son de la harpe ma­niée par Joan­na New­som, le gang d’Asa Tac­cone confirme son ta­lent pour la pe­tite mé­lo­die en­tê­tante et les ryth­miques sau­tillantes qui s’in­si­nuent dans le cer­veau rep­ti­lien. Au fur et à me­sure que l’on avance dans les douze com­po­si­tions du disque, on s’aper­çoit que le ta­lent d’Elec­tric Guest ne se ré­sume pas à cette brillante en­trée en ma­tière. Fun fact : Asa est le frère de Jor­ma Tac­cone, membre du trio co­mique The Lo­ne­ly Is­land, dont les vi­déos ont cas­sé in­ter­net. Fan de hip-hop — il ai­mait ci­ter les rap­peurs E-40 et Mac Dre par­mi ses in­fluences — Asa en uti­lise cer­taines tech­niques, comme en té­moigne “Oh De­vil”, mais en gar­dant le cap sur une pop aux fron­tières du son in­die. Les deux vi­sages du des­sin de la cou­ver­ture (si­gné par le gra­phiste Ele­va­tor Teeth) sont donc le sym­bole de cette “dua­li­té­pro­preà Elec­tric Guest”, comme l’ex­plique la bio du groupe. Sur des mor­ceaux comme “Glo­rious War­rior”, le ré­sul­tat est stu­pé­fiant et la voix de tête d’Asa est la chan­tilly sur le gâ­teau des luxueuses or­ches­tra­tions de l’al­bum. On croise des in­vi­tés dis­crets mais triés sur le vo­let, comme le chan­teur/ gui­ta­riste des Vac­cines Jus­tin Young sur “Over”et le trio vo­cal féminin Haim sur “Dear To Me”. Bref, EG peut en­fin sou­rire au fu­tur : ce groupe a de l’ave­nir. ✪✪✪ OLI­VIER CACHIN

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