Chuck Pro­phet “Bob­by Ful­ler Died For Your Sins”

Rock & Folk - - Disques Pop Rock -

YEPROC(IMPORTGIBERTJOESPH) Comme le temps passe : douze al­bums dé­jà pour Chuck Pro­phet de­puis le for­mi­dable “Bro­ther Al­do” qui a ou­vert le bal en 1990. Le che­min a été sur­pre­nant : un jour, vers le mi­lieu des an­nées 90, l’an­cien Green On Red a dé­ci­dé qu’il en avait as­sez d’être consi­dé­ré comme un gui­tar he­ro de l’ame­ri­ca­na (en gros, un croi­se­ment mons­trueux entre Ri­chard Thomp­son, James Bur­ton et Tom Ver­laine), et a cas­sé son jouet en dé­ci­dant de ne plus faire de so­los de gui­tare, ou à peine (c’est bien dom­mage). Beck lui avait re­tour­né la tête — comme tant d’autres —, et ses al­bums sont de­ve­nus de plus en plus va­riés, Pro­phet ex­pé­ri­men­tant toutes sortes de nou­velles so­no­ri­tés aux an­ti­podes de celles qui l’avaient ren­du cé­lèbre dans son pre­mier groupe. C’était par­fois très bien, par­fois moyen, mais avec ce­lui-ci, c’est par­fait : “Bob­by Ful­ler Died For Your Sins” (meilleur titre d’al­bum de l’an­née) en­quille des mor­ceaux ré­so­lu­ment rock and roll, par­fois un peu ga­rage (ces gui­tares fuzz, ce Far­fi­sa), sou­vent gran­dioses (“In The Mau­so­leum”, hom­mage à Alan Ve­ga, qui évoque au­tant Sui­cide que les Mo­dern Lo­vers), et son nou­vel hymne “It Was A Bad Year For Rock And Roll”, montre que l’homme n’a rien per­du de sa fer­veur pour le genre. Mais sur­tout, “Bob­by Ful­ler Died For Your Sins”, idéa­le­ment pro­duit, sonne ter­rible : au­cun al­bum en so­lo du Pro­phet n’a ja­mais au­tant ru­ti­lé tous azi­muts. Tré­mo­lo, fuzz, orgue, choeurs, douze-cordes, cym­bales cui­vrées, en­vo­lées ro­ckab’ sou­daines (“Co­ming Out In Code”), le tout avec un chan­teur qui semble plus éner­vé que ja­mais. C’est un fes­ti­val élec­trique, écrin par­fait pour ce qui compte dé­jà par­mi ses meilleurs al­bums. Dan Stuart, au bou­lot main­te­nant ! ✪✪✪✪ NI­CO­LAS UNGEMUTH

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