Pond

Rock & Folk - - News - “The Wea­ther”

MARATHONARTISTS Hui­tième al­bum, dé­jà, pour les Aus­tra­liens de Pond et peu de chance que la pla­nète Terre s’en émeuve plus que ça. Pour­tant, ces onze chan­sons psy­ché­dé­liques, pop, ex­pé­ri­men­tales, fou­traques et ha­bi­tées, dé­voilent des choses très fortes. Ici, ce qui compte, c’est de dé­pas­ser l’homme et ses pe­tits tra­cas juste bons à noir­cir les ré­seaux so­ciaux. Ici, la caméra s’en­vole et re­garde le spec­tacle de la vie dans toute sa ri­chesse. Tous ses pa­ra­doxes. “3000 Me­ga­tons” glace le sang avant de dé­pas­ser les nuages et de croi­ser Plu­ton. Mé­lange des am­biances, té­lé­sco­page des émo­tions, c’est une in­tro­duc­tion for­mi­dable, à la fois so­len­nelle et mys­tique. “Sweep Me Off My Feet” prouve que Prince n’est évi­dem­ment pas mort mais exi­lé à Perth, là où ha­bite le groupe. “Paint Me Sil­ver” pour­suit dans la même voie, sorte de pop lu­mi­neuse, valse d’un prin­temps pro­met­teur. “Col­der Than Ice”, avec ses nappes de syn­thés gy­ro­phares et gla­cées, ré­veille ces après-mi­dis des an­nées 80, quand dan­ser si­gni­fiait d’abord exis­ter. “A/ B” rap­pelle que Pond vient aus­si du punk, c’est un tour­billon brui­tiste faus­se­ment chao­tique, vé­ri­ta­ble­ment ju­bi­la­toire, qui en­chaîne avec un pia­no d’ap­par­te­ment squat­té, après la fête, quand le si­lence est sur le point de l’em­por­ter. Comme si Jon Spen­cer s’était ache­té une âme en somme... “Zen Au­to­ma­ton” est presque épique, com­plainte qui monte, qui monte, voyage sans pas­se­port, au saxo­phone libre. Jus­qu’à “The Wea­ther”, ul­time chan­son et titre de ce disque d’in­domp­tés, qui a la ré­verb fé­dé­ra­trice. Pond livre un al­bum im­pec­cable, pro­lon­ge­ment in­vo­lon­taire et en­thou­sias­mant du film “Mi­racle Mile” (1988), qui pro­phé­ti­sait la fin du monde, avec une grâce et un dé­ta­che­ment ir­ré­sis­tibles.

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JEROME REIJASSSE

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