Rod­ney Cro­well

Rock & Folk - - News - “Close Ties”

NEWWEST Les en­fants peuvent al­ler jouer dans la cour. La coun­try mu­sic, comme le blues, est une mu­sique d’adultes. Et c’est très bien comme ça. Sur­tout quand on a af­faire aux plus grands. Rod­ney Cro­well est de ceux-là. Après avoir été un jeune pre­mier coun­try, ob­te­nu des suc­cès en pa­gaille, in­ter­pré­tés par lui ou par d’autres (no­tam­ment Em­my­lou Har­ris, qu’il a long­temps ac­com­pa­gnée), il n’a au­jourd’hui plus rien à faire de tout ce cirque, comme il le chante ma­gni­fi­que­ment, sur “I Don’t Care Any­more”. Sur cet al­bum, son sa­voir­faire in­ouï est mis au ser­vice d’une ins­pi­ra­tion au­to­bio­gra­phique, tour­née sans honte vers le pas­sé et qui, comme son titre l’in­dique, parle des liens. Ceux qui le re­lient, par exemple, à ses grands amis dis­pa­rus, Townes Van Zandt et Guy Clark, gé­nies de la mu­sique. Il faut écou­ter “Life Wi­thout Su­san­na”, dé­chi­rant hom­mage à Su­san­na Clark, la femme de Guy, elle aus­si par­tie trop tôt. Cro­well pense qu’il s’agit de sa plus belle chan­son d’amour — et il en a fait beau­coup. C’est la com­plainte d’un homme lu­cide, bri­sé mais tou­jours de­bout, fi­dèle, qui conti­nue sa route. Tout comme “It Ain’t Over Yet”, su­blime chan­son in­ter­pré­tée avec son ex-femme, Ro­sanne Cash. Quand cel­le­ci ouvre la bouche, on dé­faillit. Et puis, il y a la der­nière chan­son, vé­ri­table chefd’oeuvre, “Na­sh­ville 1972”, sur la­quelle Rod­ney Cro­well ra­conte, avec hu­mour, poé­sie et une fran­chise ab­so­lue tein­tée de nos­tal­gie, son ar­ri­vée dans la ca­pi­tale de la coun­try, au même mo­ment que Steve Earle et leurs ren­contres avec Townes Van Zandt, Willie Nel­son et quelques autres vieux pirates qui les prirent sous leurs ailes. Fa­bu­leux. STAN CUESTA

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.