Wu­lu

Rock & Folk - - News -

“Wu­lu” de Daou­da Cou­li­ba­ly est à la fron­tière exacte entre film d’au­teur et film de genre. Comme une ver­sion réa­liste de “Scar­face” à Ba­ma­ko. Lieu où Lad­ji, la ving­taine, of­fi­cie comme ap­pren­ti chauf­feur. Ga­lé­rant fi­nan­ciè­re­ment, il fi­nit par ac­cep­ter l’offre dou­teuse d’un tra­fi­quant de drogue. Et ça lui réus­sit ! De trans­port de coke en trans­port de coke, Lad­ji de­vient pas­seur pro­fes­sion­nel et peut en­fin of­frir à sa soeur une vie digne de ses fan­tasmes de ri­chesse. Lad­ji (ex­cellent Ibra­him Ko­ma), mon­tré comme un pe­tit To­ny Mon­ta­na lo­cal, est pour­tant loin d’être une fi­gure du mal. Sim­ple­ment un ci­toyen ma­lien qui n’a d’autre choix que d’ac­cep­ter cette voie pour sur­vivre. Au de­là de la poudre blanche et des guns, “Wu­lu” est aus­si et sur­tout la chro­nique so­cié­tale d’un pays to­ta­le­ment gan­gré­né par la guerre et la cor­rup­tion. “Wu­lu” ne dé­nonce rien (on au­rait pu pen­ser à du Ken Loach avec des flingues) en se conten­tant juste d’être un film étatde fait. Et dé­montre au pas­sage que la dif­fé­rence entre le bien et le mal est in­dis­cer­nable quand on ne peut échap­per à sa des­ti­née (en­salles13­juin).

Wu­lu

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