Dan Auer­bach

“Wai­ting On A Song”

Rock & Folk - - News - JEROME SOLIGNY

Avec son look de hips­ter, Dan Auer­bach, de­puis le tour­nant du siècle, fait de la mu­sique pour hips­ters. C’est-à-dire que le moindre de ses pets sur la toile ci­rée de l’in­die-rock conti­nue à sus­ci­ter l’ad­mi­ra­tion de gens qu’il fait un peu sor­tir de leur tor­peur, en­fin pas trop, parce qu’être co­ol en 2017, c’est s’em­por­ter mo­dé­ré­ment, en lais­sant ap­pa­raître juste ce qu’il faut de ca­le­çon. Ni trop, ni trop peu. En so­lo, cette fois en­core (après “Keep It Hid”, sa pre­mière in­car­tade so­li­taire en 2009), c’est exac­te­ment ce que cet Amé­ri­cain d’Akron, au­jourd’hui ins­tal­lé à Na­sh­ville (de­ve­nu un re­fuge de hips­ters), fait en mu­sique. Ni trop, ni trop peu. Et, ce n’est pas son ban­quier qui dé­men­ti­ra, il a trou­vé le bon do­sage puis­qu’en tant que membre des Black Keys, Auer­bach car­tonne à des­sein. Mul­ti-ins­tru­men­tiste et pro­duc­teur (de La­na Del Rey, une autre co­que­luche de hips­ters), il est avant tout un sin­ger-song­wri­ter pas fa­ci­le­ment in­fluen­çable, qui fait dans la de­mi-me­sure et ne lâche pas tous ses che­vaux d’un coup. “King Of A One Horse Town”, jus­te­ment, le montre dans sa zone de confort, se­mi-bal­lot­té par le groove, en­cor­dé à point. La chan­son­titre, qui ouvre l’al­bum, est du même ton­neau et donne l’im­pres­sion qu’on l’a en­ten­due cent fois. Si on n’a rien de mieux à faire, on peut chan­ter “Ce­ci­lia” de Paul Si­mon sur “Ma­li­bu Man” et se de­man­der pour­quoi “Cher­ry­bomp”, en un seul mot il est vrai, n’est pas un hom­mage à Che­rie Cur­rie. Parce que Dan est un ma­lin, “Wil­dest Dreams” est la chan­son la plus sage de ce lot, et “Stand By My Girl”, la plus proche de l’idée qu’on se fai­sait, à l’époque où le son qui le fait fan­tas­mer était la norme, d’un tube franc du col­lier. ✪✪✪

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