Mac DeMarco

“This Old Dog”

Rock & Folk - - News - THO­MAS E. FLORIN

En don­nant son an­cienne adresse dans le Queens à la fin de son EP “Ano­ther One”, Migh­ty Mac DeMarco se pré­pa­rait à un nou­veau dé­part. Il lui fal­lait aban­don­ner la mai­son près de l’At­lan­tique et faire cap vers le Pa­ci­fique, dans le quar­tier d’Echo Park à Los Angeles. Par­tir, mais pas sans adres­ser une der­nière lettre à la ville qu’il lais­sait der­rière lui. Pour l’écrire, DeMarco a com­men­cé par ran­ger son dé­gui­se­ment hips­ter. Dé­bar­ras­sé ou presque de sa gui­tare flan­ger, il choi­sit une gui­tare acous­tique, car ce qu’il a à dé­li­vrer de­mande de la dé­li­ca­tesse. En pré­lude à cette oeuvre de rup­ture, il donne une ex­pli­ca­tion :“J’ ai l’ im­pres­sion de re­trou­ver de plus en plus de mon père en­moi”. C’est en vi­vant leurs mys­tères, par l’iné­luc­table vieillis­se­ment, que les fils dé­couvrent peu à peu les se­crets de leurs pères. En vieillis­sant, Mac DeMarco res­semble de plus en plus à JJ Cale. A l’hys­té­rie amé­ri­caine, il op­pose son nou­veau rythme, lent et mé­lan­co­lique. Pour les chan­sonsd’amour, Mac choi­sit un syn­thé­ti­seur ayant han­té les hits R&B de son en­fance (“For The First Time”). Pour sa chan­son la plus dure, il choi­sit une tendre bos­sa no­va (“Dream For Yes­ter­day”). Le pe­tit Mac DeMarco, aus­si amu­sant qu’hor­ri­pi­lant, sale gosse à cas­quette s’ex­ta­siant sur “Star Wars VII”, de­vient un géant en écri­vant : “Au­cu­ne­lar­me­ne­re­mon­te­ra­le­temps et­ne­ra­mè­ne­ra­tes­rê­vesd’hier”. Avec “Na­tu­ral­ly”, JJ Cale ré­pon­dait à une so­cié­té où l’on ma­tra­quait la jeu­nesse. “This Old Dog” ré­pond à un monde où cha­cun est mis KO par un flux conti­nu de vio­lence. ✪✪✪✪

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