DISQUAIRE DAY

Le 22 avril der­nier, les ven­deurs de vi­nyles étaient à la fête par­tout en France.

Rock & Folk - - En ville -

Ver­sion fran­çaise du Re­cord Store Day or­ga­ni­sé un peu par­tout dans le monde de­puis 2007, la sep­tième édi­tion du Disquaire Day avait lieu le 22 avril der­nier dans plus de 260 ma­ga­sins hexa­go­naux. Une fête qui met donc à l’hon­neur les dis­quaires in­dé­pen­dants du pays. Chaque mois d’avril, la­bels in­dé et ma­jors ri­va­lisent d’in­ven­ti­vi­té en pu­bliant spé­cia­le­ment pour l’oc­ca­sion des vi­nyles col­lec­tors en pa­gaille... On comp­ta­bi­li­sait ain­si cette an­née, pas moins de 500 ré­fé­rences, un vaste fourre-tout où co­ha­bi­taient un double pic­ture-disc de Motö­rhead, une ré­édi­tion du pre­mier single de Pat­ti Smith, neuf lives de Pe­ter Hook (c’est beau­coup) mais aus­si un bre­lan d’al­bums de Spa­ce­men 3 (au grand dam de Ja­son Pierce et So­nic Boom qui se sont in­sur­gés sur Fa­ce­book à ce pro­pos : “Les ventes de ces disques fi­nan­ce­ront les gens contre les­quels nous sommes en pro­cès”, avant de re­ti­rer leur dé­cla­ra­tion).

Et l’on constate dès le ma­tin que le cha­land s’est mas­si­ve­ment dé­pla­cé : les gens font la queue par­tout. Les ga­zettes éco­no­miques ont cal­cu­lé que l’an der­nier le Disquaire Day avait rap­por­té 1,5 mil­lions d’eu­ro. Un bo­nus non né­gli­geable pour les ven­deurs qui font en un sa­me­di le chiffre d’af­faires de plu­sieurs jours. Il faut dire que les prix sont lé­gè­re­ment gon­flés. Hon­nê­te­ment, qui a 70 eu­ros à mettre dans un triple live 2016 d’Ig­gy Pop ? Cer­taines ré­fé­rences (Air, Pink Floyd, Bo­wie) sont ra­pi­de­ment in­trou­vables, d’autres au contraire conti­nuent d’en­com­brer les rayons en fin d’après-mi­di. C’est le cas du “Pol Pot Plea­sure Pen­thouse” des Brian Jo­nes­town Mas­sacre, soit la ré­édi­tion en double vi­nyle des pre­miers en­re­gis­tre­ment du groupe, ven­due,

entre 31 et 38 eu­ros ! Dans les jours pré­cé­dant l’évé­ne­ment, plu­sieurs pro­blèmes ont été sou­le­vés par nos es­ti­més confrères : les ma­jors et leur force de frappe ont ten­dance à mo­no­po­li­ser l’évé­ne­ment, par­fois en créant des ob­jets de col­lec­tion fre­la­tés (“Bar­bie Girl” d’Aqua) ou en vi­sant les pauvres fans de John­ny Hal­ly­day ou My­lène Far­mer, ha­bi­tués à dé­bour­ser des sommes folles. D’au­tant que, très ra­pi­de­ment, les ré­fé­rences du Disquaire Day se re­trouvent sur eBay, où cer­tains ma­lins es­saient de faire une ju­teuse plus-va­lue. C’est de bonne guerre : les gens qui aiment le vin râlent contre le beau­jo­lais nou­veau, les mé­lo­manes au­then­tiques conspuent la fête de la mu­sique et les col­lec­tion­neurs de disque sont glo­ba­le­ment gro­gnons à pro­pos du Disquaire Day. Ce qui n’a pas em­pê­ché les gens de pas­ser une bonne jour­née, de boire des verres au so­leil, de faire des ren­contres, de se pro­me­ner et d’as­sis­ter à quelques concerts sym­pa­thiques (Sore Lo­sers chez Gi­bert, Fla­vien Ber­ger chez Ground Zero). En ce sens, comme l’af­firme le ma­ga­sin lyon­nais Dan­ge­rhouse, “il fau­drait que ce soit le Disquaire Day tous les jours”.

Le Si­lence De La Rue

Sore Lo­sers chez Gi­bert

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