Lai­bach

“Al­so Sprach Za­ra­thus­tra”

Rock & Folk - - Disques Pop Rock - OLI­VIER CACHIN

Qu’at­tendre d’un groupe slo­vène fon­dé voi­là 35 ans (quand il était en­core you­go­slave, donc) qui a, par­mi ses mul­tiples ac­com­plis­se­ments, ce­lui d’avoir été le seul groupe oc­ci­den­tal à avoir joué en Co­rée Du Nord, à Pyon­gyang, en août 2015 ? Pas une re­prise de “The Fi­nal Count­down” d’Eu­rope ou de “Life Is Life” d’Opus, quand même ? Non, pas cette fois, même si Lai­bach a dé­jà sor­ti plu­sieurs al­bums de re­prises tor­dues (“Je­sus Ch­rist Su­per­star” en mode novö mé­tal­lique avec une co­ver de “The Cross” de Prince, par exemple), ce nou­veau pro­jet lu­gubre et psal­mo­dié en al­le­mand est l’illus­tra­tion mu­si­cale d’une adap­ta­tion théâ­trale de “Al­so Sprach Za­ra­thus­tra”, l’oeuvre maî­tresse de Nietzsche. Si cer­taines com­po­si­tions font dres­ser les che­veux sur la tête tant elles sont sé­pul­crales (“Ein Un­ter­gang” par exemple), d’autres sont d’une trou­blante beau­té, comme le très or­ches­tral “Vor Son­nen Auf­gang”, six mi­nutes élé­giaques où les cordes ma­jes­tueuses convolent avec des choeurs cé­lestes. L’or­ches­tra­tion s’éloigne de la mu­sique élec­tro­nique in­dus­trielle sur la­quelle le groupe a bâ­ti sa re­nom­mée mais en garde des traces, no­tam­ment sur “Ein Ver­kun­di­ger”, hyp­no­ti­sant et sombre comme un cré­pus­cule des Dieux. Lai­bach ayant un sens de l’hu­mour as­sez tor­du, on ne sait à quel de­gré prendre ce nou­veau pro­jet. Plu­tôt que d’y voir du cy­nisme, ap­pré­cions donc l’am­bi­tion or­ches­trale et la beau­té dé­ca­dente de ces douze com­po­si­tions, en at­ten­dant de les voir dé­fen­dues sur la scène pa­ri­sienne du Tra­ben­do le 24 no­vembre pro­chain. A moins que ces gais lu­rons de Lai­bach n’en pro­fitent pour re­faire “The Fi­nal Count­down” et “Life Is Life” en ver­sion me­tal in­dus.

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