Girl­pool

“Po­wer­plant”

Rock & Folk - - Disques Pop Rock - VINCENT HANON

AN­TI/PIAS

Avec “Be­fore The World Was Big”, Girl­pool avait sor­ti, voi­là deux ans, un pre­mier al­bum d’une naï­ve­té et d’une vul­né­ra­bi­li­té confon­dantes qui avait en­sor­ce­lé bien des oreilles. Le duo folk punk fé­mi­nin y dé­voi­lait un son contem­po­rain hon­nête qui évo­quait pêle-mêle Big Star, The Mol­dy Peaches et El­liott Smith, et tran­chait ra­di­ca­le­ment avec le reste de la pro­duc­tion asep­ti­sée. Girl­pool, c’est sur­tout une his­toire d’ami­tié entre Cleo Tu­cker et Har­mo­ny Ti­vi­dad, deux filles qui ont des sen­ti­ments de leur âge et les évoquent avec la sa­gesse de femmes plus âgées, en se par­ta­geant tou­jours la gui­tare, la basse et les har­mo­nies feu­trées. Si pour ce se­cond épi­sode, les co­pines se sont ad­jointes les ser­vices du bat­teur Miles Wint­ner et d’un autre gui­ta­riste, le groupe de Los An­geles a su gar­der son propre son DIY et les chan­sons mé­lan­co­liques idoines. Pas de chan­ge­ment ré­vo­lu­tion­naire à l’ho­ri­zon, mais tout de même... Moins in­tros­pec­tives et da­van­tage équi­li­brées, les chan­sons de “Po­wer­plant” se ré­vèlent tout sim­ple­ment plus rock. Per­cus­sive comme ja­mais, la dy­na­mique s’en trouve chan­gée, et Girl­pool at­teint ici son apo­gée créa­tive (“123”, “It Gets More Blue”) en dé­ver­sant des tor­rents de sa­tu­ra­tion qui viennent s’échouer sur les ré­cifs d’une belle écri­ture acous­tique (“Cor­ner Store”, “Sta­tic So­mew­here”). Leur son rê­veur s’en trouve ren­for­cé sans que ce­la af­fecte le moins du monde la qua­li­té de chan­sons tran­quille­ment in­tenses qui évoquent l’apa­thie, le dé­cou­ra­ge­ment et l’amour. Si la dé­pres­sion a de beaux mo­ments de­vant elle, “Po­wer­plant” of­fri­ra, en at­ten­dant les jours meilleurs, de quoi apai­ser les plus at­teints des coeurs bri­sés.

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