Mog­wai

Rock & Folk - - Disque du Mois -

“Eve­ry Coun­try’s Sun” ROCKACTION/PIAS

Que se passe-t-il chez Mog­wai ? Le gui­ta­riste John Cum­mings a mis les bouts, et le groupe de Glas­gow for­mé en 1995, qui a ré­cem­ment four­ni la bande-son d’un do­cu­men­taire sur Hi­ro­shi­ma (“Ato­mic : Li­ving In Dread And Pro­mise” de Mark Cou­sins), signe au­jourd’hui son neu­vième al­bum. En­re­gis­tré aux stu­dios Ab­bey Road et pro­duit par Dave Frid­mann (The Fla­ming Lips, Spark­le­horse, MGMT), qui avait dé­jà su­per­vi­sé les pre­miers disques il y a une quin­zaine d’an­nées. “Eve­ry Coun­try’s Sun” ouvre, pous­sée par une ligne de basse qui roule sur de vastes ter­ri­toires ci­né­ma­to­gra­phiques pas très éloi­gnés des der­nières pro­duc­tions mu­si­cales de John Car­pen­ter, et rap­pelle tran­quille­ment que le qua­tuor écos­sais a tou­jours le sens de la for­mule pour mieux dé­fi­nir que qui­conque l’in­dé­fi­ni (“Cool­ve­rine”). Avec pa­tience et foi in­al­té­rable dans le son, le rock épique de Mog­wai reste ma­jo­ri­tai­re­ment ins­tru­men­tal, à l’ex­cep­tion du titre sui­vant (“Par­ty In The Dark”), sans doute le plus in­die pop à ce jour, entre Wire et New Or­der, et d’un autre un peu plus loin, où le gui­ta­riste Stuart Brai­th­waite su­surre plus qu’il ne chante vrai­ment. Une mu­sique dé­pri­mante mais ré­con­for­tante sur un ta­pis de fuzz et d’orgue hyp­no­tique, par­fois fran­che­ment in­tense (“Cros­sing The Road Ma­te­rial ” monte vrai­ment très haut), ou sim­ple­ment splen­dide (“Bat­te­red At A Scramble”), au­près du­quel il fait bon ve­nir se ré­fu­gier en ces temps tur­bu­lents. Par­fois qua­li­fié de post-rock, Mog­wai sonne d’abord comme un groupe de rock, voi­là qui ras­sure un peu. Der­rière chaque so­leil, il y a tou­jours du rock et ça roule, ain­si va la vie. VINCENT HANON

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