Le ma­gni­fique

Rock & Folk - - Edito -

Les grandes gueules parlent par ac­croches. Pun­chlines, comme on dit. Avec plus ou moins de ta­lent, re­con­nais­sons-le. Et sou­vent au bar.

Le spor­tif est im­bat­table. Tou­jours prompt à trai­ter de fei­gnants et de sur­payés des ath­lètes qui, pour­tant, lui donnent l’ali­bi de l’apé­ri­tif.

Le mi­so­gyne à l’an­cienne, fa­çon Jean Yanne existe tou­jours et il y a le vi­ril qui ne manque ja­mais de re­mer­cier à haute voix Mère Na­ture de la ma­nière dont elle l’a do­té. En politique, avoir une grande gueule est une ligne obli­ga­toire sur un CV. C’est un bon client à la té­lé. On se sou­vient de l’atra­bi­laire Georges Mar­chais (“C’est peut-être pas votre ques­tion, mais c’est ma ré­ponse”), au­jourd’hui pillé par Jean-Luc Mé­len­chon qui marche al­lé­gre­ment sur ses plates bandes de pis­sen­lits que l’ex-Pre­mier se­cré­taire du PCF mange de­puis long­temps par la ra­cine. Mi­chel Au­diard sa­vait faire dire ce genre de phrases dé­fi­ni­tives à Ber­nard Blier. Co­luche fut la grande gueule des an­nées 80. Les Gui­gnols de l’In­fo, celles des an­nées 90. Eric Can­to­na pos­sède ce sens de la for­mule. Os­car Wilde avait ce gé­nie. Et puis, Liam Gal­la­gher. Chan­teur ma­gni­fique. Bras dans le dos, im­mo­bile der­rière le mi­cro. Ar­ro­gant. Liam chante ma­gni­fi­que­ment bien des chan­sons par­fois moyennes. Voire des chan­sons qui n’en sont pas vrai­ment. Liam est ma­gni­fi­que­ment de mau­vaise foi et ne manque ja­mais d’al­lu­mer son frère tout en es­sayant, tout le temps, de com­po­ser comme lui. Le per­son­nage est in­croyable. Une vanne toutes les deux phrases. Ma­gni­fique. An­ton New­combe est son concur­rent amé­ri­cain. Et puis ce nom. Gal­la­gher. Est-ce pré­pon­dé­rant, dé­ter­mi­nant à une car­rière, le nom ? Si Mick Jag­ger était de­ve­nu, ad­met­tons, conseiller fi­nan­cier, son pa­tro­nyme son­ne­rait-il aus­si co­ol et sexy ? As­su­ré­ment non. Le nom est-il struc­tu­rant dans le choix d’un ave­nir ? On ne le pense pas pour au­tant car, si­non, quel gâ­chis et quelle car­rière ra­tée dans la mu­sique pour Mar­cel Sem­bat et Laurent De­la­housse. Sans par­ler de Ber­nard Rapp. Bonne ren­trée. VINCENT TANNIERES PS : 9 700 per­sonnes ont man­gé à Gra­ce­land le 16 août. Un so­sie d’El­vis bul­gare de 7 ans s’y pro­dui­sait.

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