Cour­rier des lec­teurs

Mo­derne, in­tem­po­rel, vin­tage

Rock & Folk - - Sommaire 602 - Ecri­vez à Rock&Folk, 12 rue Mo­zart 92587 Cli­chy ce­dex ou par cour­riel à rock&folk@edi­tions-la­ri­viere.com. Chaque pu­blié re­çoit un CD...

C’est la Stax que j’pré­fère Sa­lut à tous ! Ce pe­tit mot pour vous dire que j’ai vrai­ment ai­mé l’ar­ticle co­ol sur les 60 ans du la­bel Stax (R&F nu­mé­ro 600, août 2017) qui pose comme il se doit, sé­rieux sans être grave, le contexte so­cial d’émer­gence dif­fi­cile de cette vé­ri­table pé­pi­nière de ta­lents. J’ai 23 ans et c’est vrai­ment la soul et le blues de Mem­phis que je pré­fère, je di­rais même que de­puis un cer­tain temps j’opte pour ce ré­gime mu­si­cal à plein pot ; une ex­pé­rience par­mi d’autres : Le ma­tin je me lave les dents sur la mé­lo­die saillante de “Green Onions” du géant Steve Crop­per (le Te­le­mas­ter qui fait pleu­rer la soul, comme l’est aus­si Roy Bu­cha­nan pour le blues à mon avis). Puis dans les tran­sports, j’ai nom­mé bien en­ten­du mon autre gau­cher pré­fé­ré : Mon­sieur Al­bert King (avec Ji­mi Hen­drix) avec son clas­sique in­quié­tant et lourd “Born Un­der A Bad Si­gn”, his­toire de me rap­pe­ler qu’on a ja­mais de chance en dé­but de jour­née. La jour­née un peu pour­rie fi­nie, je plane sur le très fun­ky “Mel­ting Pot” (quels riffs !). En­fin, se­lon votre type de soi­rée, je ne sau­rais in­sis­ter alors sur un flam­boyant mé­lange de Otis Red­ding ou de Fre­de­rick Knight et pour­quoi pas le ma­gique “These Arms Of Mine” ou le gra­cieux “I’ve Been Lo­ne­ly For So Long” ? Ou, si vous êtes plu­tôt dan­seur qui claque des doigts, un pe­tit Sam & Dave type “Hold On, I’m Co­ming” et at­teindre, de ma­nière crois­sante, la fièvre fré­né­tique du “Soul Lim­bo” de Boo­ker T. And The MG’s pour faire bou­ger les jambes aus­si. Bref, j’adore les vi­bra­tions de ce la­bel et de Rock&Folk. Peace. LU­CAS T. Le Prince du Parc Ney­mar, tu lui files un col­lant, un mi­cro et une gui­tare, c’est Prince. PA­TRICK MOALIC Marc Cer­rone, en­fin ! STEVE LIPIARSKI Nous, les lec­teurs Bon­jour, Rock&Folk ! Les deux der­niers nu­mé­ros (599 et 600) ont un point com­mun qui me ré­jouit beau­coup. Je veux par­ler de deux ar­ticles où nous autres, lec­teurs, sommes consi­dé­rés comme des mu­si­ciens et non plus seule­ment comme des fans ou des ache­teurs de CD et de ti­ckets de concerts : ce­lui de Pa­trick Eu­de­line, “Quand le hard rock de­vient me­tal” (nu­mé­ro 599). L’in­ter­view de King Giz­zard & The Li­zard Wi­zard par Ba­sile Far­kas (nu­mé­ro 600). Non seule­ment, ces deux ar­ticles nous re­con­naissent comme étant ca­pables de com­prendre quelque chose au lan­gage mu­si­cal, mais aus­si d’en faire nous-mêmes, de la mu­sique ! Nous ne sommes donc plus seule­ment des fans tran­sis. Nous pou­vons par­ti­ci­per à l’art, re­le­ver les manches et mettre la main dans le cam­bouis... Il y a donc bien la ful­gu­rance, la flam­boyance, le gé­nie, l’ins­pi­ra­tion. Mais il y a aus­si le sol­fège : la tierce ma­jeure ou mi­neure, la to­nique, la do­mi­nante, la blue­note, l’ac­cord de si bé­mol après un sol qui fe­ra le tube hard. Et la des­cente en de­mi-tons et gammes penta­to­niques de “Hel­ter Skel­ter”, et la ca­dence pla­gale par la­quelle “McCart­neyin­ven­tele hea­vy­me­tal”, la ré­fé­rence au Moyen Age, aux modes ec­clé­sias­tiques, la ca­dence pla­gale go­thique et les po­wer chords... Tout ça est fort in­té­res­sant, Mr Eu­de­line, mer­ci ! Idem pour tout ce que dit Ba­sile Far­kas sur la gamme tem­pé­rée et les ins­tru­ments de King Giz­zard ac­cor­dés en mi­cro­to­nal... Il y a donc bien, comme le di­saient nos profs de ly­cée, “les­moyen­su­ti­li­sés­par l’au­teur­pou­rex­pri­mer­son­pro­pos”... Et les re­la­tions har­mo­niques des sons de notre rock’n’roll sont la trame sur la­quelle se tissent nos émo­tions d’au­di­teurs. Fi­na­le­ment Her­bert Von Ka­ra­jan écou­tait peut-être de la pop mu­sic, qui sait ? Et ce­la concerne aus­si bien le rock que la littérature, c’est bien connu. Et ce­la nous donne la li­ber­té, à nous lec­teurs, de po­ser aus­si les doigts sur les frettes, d’être nous-mêmes ! Mer­ci pour ce re­gard nou­veau sur nous, les lec­teurs. MI­CHEL Père Vincent Cher R&F, quel bel hom­mage ren­du à Ches­ter Ben­ning­ton dans le nu­mé­ro 601 qui vient de pa­raître. “Dieu” est ci­té en intro et en conclu­sion, il ne manque plus qu’une prière à ge­noux et un peu d’eau du bé­ni­tier. C’en est trop pour moi qui suis athée, Dieu mer­ci. J’ai failli me don­ner la mort moi aus­si en dé­cou­vrant cet ar­ticle si­gné par le Père Vincent Ha­non. Dé­ci­dé­ment, le rock est mort comme ce pauvre Ches­ter Ben­ning­ton. Je me dois de ré­si­lier mon abon­ne­ment à Rock&Folk et le rem­pla­cer par un abon­ne­ment à La Croix. Amen. LAURENT BABAR Ré­ponse : Et re­ce­voir, en ca­deau de bien­ve­nue, le DVD de la tour­née sud-amé­ri­caine du pape Fran­çois ! Huit tons Un truc qui n’a ja­mais été écrit, à ma connais­sance, sur l’al­bum “Raw Po­wer” : il y a huit titres. Ig­gy Stooge nous y fait 8 tons de voix dif­fé­rents. Vé­ri­fiez par vous même ! Vous en res­te­rez scié ! HERVE MO­REL Point météo Il n’y a pas de boue sans pluie, même aux Eu­rocks ! Les pro­pos d’Oli­vier Ca­chin sont lar­ge­ment exa­gé­rés. Je n’ai pas vu de pu­blic, ni moi, trem­pé pour Jus­tice, il n’a pas plu du­rant Ar­cade Fire et le feu d’ar­ti­fice fi­nal. Oui, il a plu du­rant la pres­ta­tion de Group Doueh & Che­veu, pen­dant une de­mie heure, le qua­trième jour du fes­ti­val. Un sol trem­pé et pié­ti­né par 35 000 paires de pieds de fes­ti­va­liers vire for­cé­ment vers de la boue en cer­tains en­droits stra­té­giques. Voi­là les sta­tis­tiques de­puis 29 ans : - 91 jours (dé­tail par jour dis­po­nible) en­so­leillé 51 jours (56%) – cou­vert 23 jours (25,3%) – plu­vieux 17 jours (19,3%) Qui dit mieux, les Vieilles Char­rues ? STIANCRIS DE SELESTAT Je suis pour Pas mal du tout cette idée de ru­brique qui ré­ha­bi­li­te­rait quelques al­bums mau­dits et/ ou in­com­pris. Non vrai­ment, c’est bien. Ouais. Et noble. Je vous pré­viens ce­pen­dant : que Mi­chel Sar­dou se pointe, ne se­raitce qu’une seule fois, et me désa­bonne illi­co. Il y a des li­mites à tout. BEN KEN­NE­DY

Crache ton ve­nin Etre rock en 2017, c’est ache­ter un billet pour les In­sus? aux arènes de Nîmes, voir les Grys-Grys en pre­mière par­tie et, fi­na­le­ment, se bar­rer après la fin de leur set. JIM FELGE Disque de l’an­née ? En 2017, ap­puyer sur la touche play du lec­teur, et dé­cou­vrir une intro qu’un groupe prog se­ven­ties n’au­rait pas évi­tée, n’est dé­jà pas ba­nal. Mais qu’un orgue “àlaDoors” se pose sur une ryth­mique plu­tôt so­lide, qui met l’ac­cent sur des gui­tares ner­veuses, l’est en­core moins. Et les chan­sons hy­per bien écrites de se suc­cé­der. Que des singles en puis­sance (dans une autre époque...). En­fin, voi­ci des mu­si­ciens in­tel­li­gents, suf­fi­sam­ment ins­pi­rés pour contour­ner les “3B” (Beatles, Beach Boys, Byrds). Une sorte de pop US dé­com­plexée. Clair, que ce jeune qua­tuor a tout écou­té : Iron But­ter­fly, Deep Purple, Ga­ry Glit­ter... Mais, aus­si : Blon­die, les Stran­glers, Mar­tha & The Muf­fins... Du coup, éclai­ré par la plume aver­tie de Jo­na­than Witt, je suis pas­sé “àla caisse”. Pour­tant, zé­ro li­vret, onze chan­sons (12 ins­crites sur la po­chette), 34 mi­nutes pour 18 eu­ros, in­citent presque au té­lé­char­ge­ment. En même temps, le Disque Du Mois est in­dis­pen­sable. Y com­pris pour un lec­teur de la pre­mière heure (R&F nu­mé­ro 46, no­vembre 1970). Et si “The Il­lu­sion” de Dream Ma­chine était juste le disque de l’an­née ? Mo­derne, in­tem­po­rel, vin­tage. DI­DIER PERRENES Dans tous les coeurs Un grand mer­ci à Tho­mas Flo­rin qui a éclai­ré un de mes di­manche par son ar­ticle sur Sam Phil­lips, où l’on trouve une des plus belles évo­ca­tions du blues (et du rock, de la soul et de la mu­sique pop en gé­né­ral). Je cite : “cet­te­mu­sique,cel­ledes des­cen­dantsd’es­claves,ré­sonne dans­tous­les­coeurs,pa­su­ni­que­ment ceuxoù­cou­le­le­sang­du­con­ti­nent afri­cain”. De là à dire que ceux qui ne l’aiment pas n’en ont pas... A. COU­LON Dont acte Sa­lut à vous ! Loin des ker­messes et des foires agri­coles, le Bi­nic Folks Blues Fes­ti­val est l’en­droit où il faut être si l’on veut être rock en 2017 ! L’EQUARRISSEUR Le blues Ni­co­las et le blues ! Quand on ne connaît pas grand chose au blues on s’abs­tient de don­ner un avis orien­té ! Et même si ce disque d’Al­bert King n’est pas son meilleur ! Il n’y a pas que les plus grands gui­ta­ristes qui vé­nèrent Al­bert King... mais beau­coup de ceux qui ont écou­té ses disques Stax où sont al­lés le voir au moins une fois en con­cert ! Pas vous Ni­co­las ? ALAIN D Es­prit simple Bon, elle re­vient quand la ru­brique Singles ? Parce que même si le sup­port a chan­gé, il y a tou­jours des pu­tains de chan­sons qui sortent avant les al­bums et qui te donnent en­vie d’ache­ter les al­bums. SE­BAS­TIEN LORY Bugs bé­nis Rock&Folk, dans une cer­taine me­sure, le “Last Place” de Gran­dad­dy dé­crit un uni­vers où l’in­con­tour­nable connexion au ré­seau, à la wi­fi, s’ins­crivent dans le dé­co­rum nar­ra­tif. J’en veux pour preuve cer­tain titres (tel “Jed The 4Th”) qui sont su­jets à un dé­cro­chage par mi­cro-in­ter­stices, un plan­tage in­si­dieux, sub­li­mi­nal, comme cor­rom­pus, pa­ra­sites, tra­ver­sés par des al­té­ra­tions so­nores non iden­ti­fiées, des mé­ta­per­tur­ba­tions, ou plus pro­saï­que­ment aux prises avec des forces ex­té­rieures (ces blips fau­teurs de troubles bi­zarres). Ce qui donne une épais­seur sup­plé­men­taire au récit de Ja­son Lytle, un ca­chet “ur­gen­tiste” et en soi une fac­ture réel­le­ment contem­po­raine ba­sée sur : 1) L’alié­na­tion pro­gres­sive éma­nant de notre (in­ter) dé­pen­dance avec les ma­chines (thé­ma­tique dé­jà à l’oeuvre dans “The Soft­ware Slump”). 2) Une théo­rie de la béance, de la fê­lure, de la frac­ture (nu­mé­rique), du bug en somme, donc du chaos, im­mi­nents. 3) De l’ac­ci­dent en tant que force conduc­trice dans le pro­ces­sus créa­teur. Nous sommes ici dans un glis­se­ment de ter­rain par­tiel, grâce à cette mise en abyme du ban­cal, de l’équi­libre in­cer­tain. Cette mise en scène de l’in­cer­ti­tude, où la failli­bi­li­té est un mo­teur, rend le tout, ma foi, très hu­main et fait de la chan­son un théâtre où la faillite lo­gis­tique par­ti­cipe d’un ho­ri­zon qui se fis­sure dans sa glo­ba­li­té (“I Don’t Wan­na Live Here Any­more”) et souffre de dé­fo­res­ta­tion (voir li­vret) ; de re­la­tions qui se dé­litent (“A Lost Ma­chine”), pé­ri­clitent (“The Boat Is In The Barn”). Et ré­gu­liè­re­ment, dans ces mor­ceaux peu­plés de “HD”, de “video sur­veillance” où l’on fait “dé­fi­lerles pho­to­ssur­son­por­table”, où l’on “co­pie,sau­ve­gar­dee­ten­voie”, le cla­vier sous l’écran se trouve au centre d’ac­tions et de noeuds dra­ma­tur­giques (“Mes­sa­geBet­ter LeftUnsent” dans “Song­bird Son”) Ir­ré­ver­sibles, comme dans “Oh She De­le­ter”. Connexion au ré­seau oblige, la panne exis­ten­tielle, la dé­pres­sion, le coeur bri­sé de Ja­son Lytle à l’autre bout du sec­teur, de la ligne, trouvent aus­si un écho en nous, et nous fai­sons de la quête de l’an­ti­dote, d’une ré­ponse sa­tis­fai­sante à la pro­blé­ma­tique po­sée, ha­sh­tag, pro­blème ré­so­lu, une af­faire per­son­nelle. Car, en­fin, si les ca­tas­trophes, les dys­fonc­tion­ne­ments, les bugs ont une ver­tu, c’est bien de mo­bi­li­ser au­tour d’eux les bonnes vo­lon­tés, de sus­ci­ter le re­cours à l’au­to-dé­ter­mi­na­tion sur une base col­la­bo­ra­tive. Qui sait ce­pen­dant si en dif­fu­sant “Jed The 4Th” au pre­mier type croi­sé dans la rue, ima­gi­nons un sé­den­taire (il ne li­rait pas Rock&Folk) vi­si­ble­ment her­mé­tique à ce genre d’hal­lu­ci­na­tions so­nores, ce der­nier ne ti­que­rait pas, son­geant là à un dys­fonc­tion­ne­ment du lec­teur à chaque saut concep­tuel du disque (“Hé,mec, la­ma­chi­nen’est­pas­coin­cée­là?”). C’est ce qui se pas­se­rait pro­ba­ble­ment, et c’est jus­te­ment ce qui fait de “Last Place” le grand al­bum dys­fonc­tion­nel qu’il est. DOO-DAH BAND Rê­vons plus grand En presque 40 ans de lec­ture as­si­due de Rock&Folk, je prends pour la pre­mière fois ma plume. Rock&Folk a-t-il un pro­blème avec le rock fran­çais ? Ou du moins le rock pro­vin­cial. Il semble que vos jour­na­listes peinent à fran­chir la pé­ri­phé­rie de Pa­ris. Ver­sailles tout au plus. Et pour­tant d’in­nom­brables groupes sillonnent la pro­vince de ca­fé con­cert en salles dé­diées à la mu­sique ac­tuelle. Mais cer­tai­ne­ment trop loin pour Rock&Folk et tra­jets et hô­tels non of­ferts par le groupe. L’Ouest de la France pos­sède une scène rock plé­tho­rique. Dans le pas­sé les Dol­ly, Mon­key Heart, Spe­ci­men, Lit­tle Rab­bits, Te­qui­la, Fla­min­gos, Ca­mé­léons et tant d’autres ont écu­mé les scènes ré­gio­nales dans la qua­si-in­dif­fé­rence de vos jour­na­listes. En 2017 ce sont les Von Pa­riahs, Ep­sy­lon, Ca­che­mire, Da Flex, le re­tour de Mat­ma­tah. Vous de­vez vous dire, c’est quoi ces groupes ? Eh bien ils ont un pu­blic rock fi­dèle qui les sou­tient contre vents et ma­rées. Des pro­gram­ma­teurs de ca­fés ou de pe­tites salles qui prennent des risques con­trai­re­ment à votre jour­nal. Bien sûr ces groupes ne font pas la une des ta­bloïds comme Do­her­ty. N’ont pas for­cé­ment l’at­ti­tude rock : sexe, drogues. Non, ils donnent seule­ment du plai­sir à leur pu­blic dans l’in­dif­fé­rence de la presse bien pen­sante. Alors re­muez vous un peu. Sor­tez de vos bu­reaux pa­ri­siens. Le rock existe tou­jours et est bien vi­vant. Mais il faut al­ler le dé­cou­vrir à Nantes, La Roche-Sur-Yon, Fon­te­nay-le-Comte, etc. Et pour­quoi pas le mettre en cou­ver­ture en place des Stones, Syd Bar­rett, Do­her­ty ? CH­RIS­TIAN DROUIN

Illus­tra­tions : Jam­pur Fraize

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