Fans de Ran­dy

Rock & Folk - - Mes Disques A Moi -

Si la car­rière de chan­teur de Ran­dy Newman n’a dé­col­lé que sur le tard, grâce à des mor­ceaux as­sez fa­ciles comme “Short People” ou “I Love LA” (qui évoque pour­tant en pas­sant les tau­dis de la ville), il a très vite été un au­teur-com­po­si­teur très re­cher­ché par les la­bels, et en­cen­sé par ses pairs.

En­core mé­con­nu, il four­nit dans les an­nées 60 bon nombre des titres gra­vés par les Beau Brum­mels ou Har­pers Bi­zarre, grâce à l’in­fluence de son ami d’en­fance, le pro­duc­teur Len­ny Wa­ron­ker. Dus­ty Spring­field place deux de ses mor­ceaux au coeur de “Dus­ty In Mem­phis”, et Har­ry Nils­son en­re­gistre car­ré­ment en 1969 tout un al­bum de re­prises, ac­com­pa­gné par Newman au pia­no, “Nils­son Sings Newman”. C’est en­fin lui qui signe les ar­ran­ge­ments grin­çants fa­çon Kurt Weill de “Is That All There Is?”, le som­met de la car­rière de Peg­gy Lee. Outre-Manche, Newman se ré­vèle une bonne pioche pour des ar­tistes an­glais à la re­cherche d’un tube, comme Cilla Black, les Wal­ker Bro­thers ou Alan Price, mais il joue aus­si un rôle cru­cial pour El­ton John, dont le pre­mier al­bum, écrit et en­re­gis­tré sur le mo­dèle de ce­lui de Newman, a pour­tant été un bide no­toire à sa sor­tie. La sor­tie en 1972 de “Sail Away” (sou­vent consi­dé­ré comme son chef-d’oeuvre) a eu de son cô­té un im­pact dé­ter­mi­nant sur Brian

Wil­son. Le lea­der des Beach Boys l’écoute et le dé­cor­tique aus­si­tôt non-stop et consi­dère que l’al­bum l’a em­pê­ché de bas­cu­ler da­van­tage dans la dé­pres­sion et la fo­lie. Il s’ins­pire vite des ar­ran­ge­ments de l’al­bum pour sa suite or­ches­trale en bo­nus de “Hol­land” et il re­pren­dra quelques dé­cen­nies plus tard deux de ses chan­sons. En­fin, Joe Co­cker au­ra été pen­dant toute sa car­rière un fi­dèle client des com­pos new­ma­niennes, “You Can Leave Your Hat On” (sur la BO de “9 Se­maines ½”) étant même un de ses mor­ceaux si­gna­ture. C’est de­ve­nu un stan­dard du strip-tease, grâce à un ar­ran­ge­ment très ren­tre­de­dans. De quoi faire ou­blier des pa­roles par­ti­cu­liè­re­ment gla­çantes sur l’ori­gi­nal.

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