Beak>

Rock & Folk - - En couverture -

“>>>” INVADA

Long­temps, Beak> a été igno­ré par cet ho­no­rable jour­nal. Peut-être parce que ce groupe fai­sait trop mu­sique pour­mu­si­ciens, ou que son lea­der Geoff Bar­row, fon­da­teur de Por­ti­shead, était avant tout consi­dé­ré comme un pro­duc­teur (pour The Hor­rors, The Co­ral, Ar­cade Fire). D’ailleurs, ce groupe sans look, à lo­go (comme le prouve la ty­po­gra­phie bi­zarre de son nom), presque sans pa­roles et cer­tai­ne­ment dé­nué d’at­ti­tude, fai­sait un peu trop in­tel­lo pour les ro­ckers purs jus. Et pour­tant, Beak> pos­sède ce dont nombre de ses contem­po­rains sont dé­pour­vus, un son. Pas unique certes, car il em­prunte beau­coup au krau­trock, plus par­ti­cu­liè­re­ment à Can, ou aux BO de Carpenter, mais un son qui ter­rasse la concur­rence, fa­çon­né live en stu­dio, à seule­ment trois mu­si­ciens, dans des sortes de jams qui de­viennent des plages ins­tru­men­tales mé­ca­niques et fan­tas­tiques. De­puis le dé­part du cla­vié­riste et gui­ta­riste Matt Williams, qu’on a croi­sé voi­là trois ans er­rant à la pé­ri­phé­rie des puces de Cli­gnan­court, dans un état si se­cond qu’il avait ou­blié avoir joué la vieille, Beak> semble se re­struc­tu­rer. Voi­là pour­quoi, “>>>” pour­rait être l’al­bum par­fait pour le dé­cou­vrir : plus fa­cile d’ac­cès, moins dis­so­nant. Le groupe a com­po­sé pour la pre­mière fois ce qui res­semble à des chan­sons, avec des pa­roles, et même des re­frains ! “Brean Down” en té­moigne, “Har­ves­ter” l’at­teste en al­lant jus­qu’à s’ar­ran­ger d’une sec­tion de corde. Aus­si, ce n’est cer­tai­ne­ment pas son meilleur disque : bien moins sur­pre­nant que le mer­veilleux EP “Beak>/<Kaeb”, moins prennent que le culte “>>”, moins dan­sant que l’EP “Sex Mu­sic”, “>>>” contient ses mo­ments de bra­voure, mai­son n’y en­tend pas son­ner sa charge hé­roïque. ✪✪✪ THO­MAS E. FLO­RIN

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