Rock & Folk : 2020-06-25

The Beach Boys : 59 : 59

The Beach Boys

Dernières vagues En un demi-siècle depuis “Sunflower”, les Beach Boys ont sorti onze albums studio en spirale descendant­e. Mais se sont débrouillé­s pour finir avec les honneurs. Tout le monde a grossi, tout le monde a la barbe et tout le monde s’échine à donner raison à la révolution punk “Surf’s Up” “Keepin’ The Summer Alive” (1971) (1980) La face A pourrait s’intituler “Sunflower II”, sans la faute de goût “Student Demonstrat­ion Time” (qui parle de manifs mais conseille de rester chez soi). La face B est une suite prog, lancée par “Feel Flows”, un éblouissem­ent de Carl Wilson situé quelque part entre “Houses Of The Holy” et “Astral Weeks”, puis conclue par l’enchaîneme­nt “A Day In The Life Of A Tree”/ “’Til I Die”/ “Surf’s Up”, mieux que la face B d’ “Abbey Road”. Le “20/20” de la fin des seventies, une collection de chansons longtemps restées inachevées ou inédites, plus quelques rescapées des albums solo (“Livin’ With A Heartache” de Carl). Un grand single à la Supertramp signé Brian/ Mike et intitulé “Goin’ On” cache mal la triste réalité : à ce stade, la carrière discograph­ique des Beach Boys est fondamenta­lement terminée. “The Beach Boys” (1985) “Carl And The Passions — So Tough” Dennis s’est noyé en 1983 mais les synthés eighties sont une tentation trop grande pour ne pas tenter un retour gênant. Le single “Getcha Back” marche presque un petit peu et Carl Wilson réussit une grosse ballade au Fairlight (“Where I Belong”, avec des choeurs fous sur le refrain). Pour le reste, une horreur. “Love You” (1972) (1977) Entre swamp et space rock, on dirait parfois un mélange entre The Band et quelques artistes du 21ème siècle (Midlake, Israel Nash, Beachwood Sparks). Elton John est fan déclaré, logique, vu que son “Tumbleweed Connection” est aussi une référence évidente. Deux ballades de Dennis à son plus bombastiqu­e annoncent “Pacific Ocean Blue”. Ce disque ravissant devait être signé Brian en solo (et au synthé), avant que les autres ne viennent y chanter comme des Dieux. Merveilles ? “Airplane”, sur un homme et une femme dans l’avion parlant de leurs conjoints qui les attendent à l’aéroport et “The Night Was So Young”, dédié par Brian à une maîtresse toujours dispo pour venir le rejoindre en pleine nuit. “Summer In Paradise” (1992) Jamais réédité, le seul album des Beach Boys entièremen­t dominé par Mike Love serait le tout premier album grand public entièremen­t (mal) enregistré et (atrocement) mixé sur Pro Tools, un statut historique qui ne suffit pas à éclipser son effroyable nullité. Même pas un petit lead vocal sucré à se mettre sous la dent ? Non, juste une collection de resucées minables de “Kokomo”. “Holland” (1973) “MIU Album” La séparation entre l’axe Love (la suite “California Saga”) et l’axe Wilson (presque tout le reste, dont le génial “The Trader” de Carl) n’a jamais été aussi marquée. Rajouté in extremis pour répondre au besoin de single, le pétaradant “Sail On Sailor” (chanté par Blondie Chaplin) a failli avoir du succès, ce qui en aurait fait le premier (et le seul) hit postsixtie­s portant la signature de Brian Wilson. (1978) La prise du pouvoir du duo Love/ Jardine se confirme. Dennis fait de la figuration, Carl et Brian passent une tête (le beau pastiche fifties “Sweet Sunday”, écrit par le second et chanté par le premier). Une chanson limite pédophile (“Hey Little Tomboy”) ferait froid dans le dos, n’était sa naïveté toute brianwilso­nesque. “That’s Why God Made The Radio” (2012) “LA (Light Album)” Vingt ans après, les avocats passent plus de temps à ficeler les contrats que les membres du groupe à travailler ensemble sur de nouvelles compos. Pour l’essentiel, un album solo de Brian Wilson (avec son coproducte­ur habituel, Joe Thomas), emballé par les voix (auto-tunées) des copains et les colliers de fleurs hawaïens de Mike Love pour décorer. L’intro a capella, le singletitr­e et la suite finale permettent à tout ce beau monde de se quitter la tête haute. (1979) “15 Big Ones” Les boys ont signé chez CBS et sortent leur disque le plus laid back, comme un cocktail siroté sur un matelas pneumatiqu­e au milieu de la piscine. Excellente “Love Surrounds Me” de Dennis et splendide doublette de Carl avec “Good Timin’ ” et “Full Sail”. L’inévitable patatras ? Un remake disco de “Here Comes The Night” (une chanson de “Wild Honey”). Douze minutes de souffrance. (1976) Trois ans et demi passent. Tout le monde a grossi, tout le monde a la barbe et tout le monde s’échine, chanson après chanson, à donner raison à la révolution punk qui vient. Sauvons la version plaintive de “For Once In My Life” des Righteous Brothers, par Dennis. “Brian is back” disait la campagne promo ? La campagne promo mentait. 059

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