In­tes­tins ner­veux : Quand votre deuxième cer­veau vous joue des tours

Quand votre deuxième cer­veau vous joue des tours...

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Soir de fête, vous êtes chez des amis, vous pré­pa­rez en­semble des mets va­riés, aus­si gour­mands les uns que les autres. Mais de­puis l'après-mi­di, vous res­sen­tez une cris­pa­tion au ni­veau des in­tes­tins. Ça tire et ça fait mal. Vous ai­mez beau­coup les plats pré­pa­rés, mais bi­zar­re­ment, vous n’avez plus d’ap­pé­tit. En soi­rée, les crampes sont telles que vous ne pou­vez rien ava­ler, vous al­lez même vous ex­cu­ser et ren­trer chez vous presque plié en deux, tel­le­ment la dou­leur est in­tense. In­tes­tins ner­veux ? Voi­ci ce qu’il faut sa­voir et des pistes pour vous sou­la­ger na­tu­rel­le­ment.

Les in­tes­tins, deuxième cer­veau ?

Oui, c’est une thèse confir­mée par de plus en plus de re­cherches. Beau­coup de livres sont pa­rus sur cette ques­tion. La sphère di­ges­tive est très sen­sible à ce qui se passe dans votre en­vi­ron­ne­ment. Elle a une cer­taine in­tel­li­gence propre, des ré­ac­tions in­dé­pen­dantes de votre vo­lon­té et de votre men­tal. Un deuxième cer­veau, en somme. Cô­lon ir­ri­table, co­lite spas­mo­dique, in­tes­tins ner­veux, dif­fé­rentes ap­pel­la­tions pour un même en­semble de syn­dromes. Des dou­leurs et des crampes au ventre, qui dis­pa­raissent sou­vent avec l'éva­cua­tion de gaz ou de selles. Des syn­dromes de plus en plus fré­quents, avec des causes as­sez mé­con­nues. Rien au ni­veau or­ga­nique en ef­fet, tout se joue au ni­veau du sys­tème ner­veux. Sys­tème ner­veux et sys­tème di­ges­tif sont ef­fec­ti­ve­ment très liés.

Sys­tèmes ner­veux et di­ges­tif sont étroi­te­ment liés...

Il faut sa­voir que l'in­ner­va­tion du tube di­ges­tif est ré­gie par deux ré­seaux ner­veux : un pre­mier ré­seau ap­pe­lé le sys­tème ner­veux en­té­rique qui comprend des neu­rones si­tués dans la pa­roi du tube di­ges­tif, et un deuxième ré­seau ap­por­té par des fibres ner­veuses ex­té­rieures. Il faut sa­voir que ce sys­tème ner­veux en­té­rique fait par­tie de ce qu’on ap­pelle le sys­tème ner­veux au­to­nome. On l’ap­pelle « au­to­nome » car il est en ef­fet in­dé­pen­dant de notre vo­lon­té, in­dé­pen­dant du contrôle de notre men­tal. Quand on lève le bras, l’ac­tion est ré­gie par notre men­tal. Par contre, quand le coeur bat, c’est le sys­tème ner­veux au­to­nome qui est aux com­mandes. De même lors­qu’on va aux selles ou que l’on vo­mit. Et jus­te­ment, ce sys­tème au­to­nome est ce­lui qui contrôle le sys­tème di­ges­tif (di­ges­tion, vo­mis­se­ments, sé­cré­tions, etc). Pour avoir une idée de l’in­ten­si­té de l’ac­ti­vi­té ner­veuse qui a lieu au ni­veau du sys­tème di­ges­tif, sa­chez que le sys­tème en­té­rique com­por­te­rait, se­lon les es­ti­ma­tions, en­vi­ron 500 mil­lions de neu­rones ta­pis­sant la pa­roi in­tes­ti­nale. L’in­tes­tin au­rait le même nombre de neu­rones que le cer­veau. Mais plus im­por­tant : c’est le seul or­gane à avoir son propre sys­tème ner­veux, on parle donc ef­fec­ti­ve­ment des neu­rones du ventre.

Pour­quoi mes in­tes­tins me jouent-ils ce tour ?

Vous au­rez en ef­fet com­pris que vos in­tes­tins dé­cident, in­dé­pen­dam­ment de votre vo­lon­té, de mal ré­agir à cer­taines si­tua­tions, face à cer­tains ali­ments, ou cer­taines per­sonnes. Dans les mé­de­cines orien­tales, on parle de trois centres de conscience qui sont le cer­veau (ce­lui le moins ai­gui­sé pense t-on), ce­lui du coeur, plus in­tel­li­gent, et ce­lui du ventre : le plus in­tel­li­gent des trois. Au­tre­ment dit, une si­tua­tion don­née peut ne pas faire ré­agir votre men­tal, et elle fe­ra ré­agir votre coeur. Une nou­velle col­lègue au bu­reau prend place, vous la trou­vez sym­pa­thique, mais vous avez le coeur cris­pé quand elle est là. Vous ne sa­vez pas pour­quoi, mais c’est comme ça. Vous ne la « sen­tez pas ». Pour la même nou­velle col­lègue, vous pou­vez n’avoir au­cune réaction né­ga­tive au ni­veau du cer­veau (ou du men­tal), rien non plus au ni­veau du coeur, mais une crise d’in­tes­tins ner­veux juste après le re­pas que vous avez pris en­semble. C’est en ap­pa­rence in­ex­pli­cable, vous pre­nez des ca­chets pour cal­mer vos in­tes­tins et vous pas­sez votre che­min. En réa­li­té, votre ventre, votre deuxième cer­veau, re­cèle une mé­moire, une in­tel­li­gence et un mo­dèle com­por­te­men­tal dont vous n’avez même pas conscience, au ni­veau de votre men­tal. Donc, les ca­chets sont ef­fi­caces un temps, mais pas tou­jours...

Quelles so­lu­tions na­tu­relles ?

Que faire ? Comment trai­ter ce trouble ? A vous de choi­sir entre des so­lu­tions de court terme ou des so­lu­tions de long terme. Il existe beau­coup de mé­di­ca­ments de syn­thèse qui calment les in­tes­tins ner­veux, mais une écoute de votre deuxième cer­veau est la meilleure so­lu­tion pour vous en sor­tir du­ra­ble­ment. Cette écoute est une dé­marche active de votre part, une dé­marche qui se fait dans la dou­ceur, dans la len­teur et dans la pleine conscience sur­tout. Le concept de la pleine conscience est très im­por­tant à ce ni­veau car vos neu­rones du ventre, elles, sont bien conscientes de ce qui existe dans votre en­vi­ron­ne­ment et qui vous donne ces crampes. La cause existe, votre ventre la connaît, mais pas votre cer­veau. Au­tre­ment dit, vous avez be­soin de conscien­ti­ser l’in­for­ma­tion, la faire pas­ser du ventre au cer­veau. Ce­la pa­raît dif­fi­cile, mais c’est juste une ques­tion de pra­tique. Vous avez juste be­soin de vous re­laxer à l’ar­ri­vée de ces crampes, vous iso­ler si be­soin, fo­ca­li­ser votre at­ten­tion sur le ventre, es­sayer de faire un avec ce qui se passe au ni­veau des in­tes­tins, et sur­tout ne pas vou­loir en fi­nir au plus vite. Mon­trez votre dis­po­ni­bi­li­té à votre corps. Mon­trez-lui que vous avez le temps et l’en­vie de l’écou­ter pour ré­soudre l’éven­tuel conflit ou trau­ma­tisme qui cause ces crampes. Peut-être al­lez vous vous rap­pe­ler que vous avez eu, dans le pas­sé, une col­lègue comme celle-ci, même pré­nom, ou même cou­leur de che­veux, et qui a vous a fait du tort. C’est un trau­ma­tisme re­fou­lé par votre mé­moire in­tes­ti­nale et qui sort dès qu’un sti­mu­lus le lui rap­pelle. Peut-être que vous avez, plus jeune, as­sis­té à une soi­rée de fête ou vous avez beau­coup man­gé, beau­coup trop, et que vous avez eu une diar­rhée en­suite. Votre ventre s’en rap­pelle, et pas vous. Ou peut-être que c’est un an­cien amou­reux qui vous a re­gar­dé man­ger du coin de l’oeil en vous di­sant : « Ar­rête de man­ger, tu vas gros­sir ! ». Ce qui vous donne ces crampes au­jourd’hui vous em­pê­chant de man­ger comme vous en avez en­vie à ce soir de fête. Po­sez-vous et pre­nez le temps de faire la paix avec vos in­tes­tins.

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