Le re­table d'Is­sen­heim

Sous son ap­pel­la­tion com­pli­quée de po­lyp­tyque à doubles vo­lets, c’est l’un des chefs-d’oeuvre de la Re­nais­sance ger­ma­nique. Il donne une représentation sai­sis­sante de la cru­ci­fixion et d’autres scènes de la vie du Ch­rist et de saint An­toine. Si son au­teur

Secrets d'Histoire - - SOMMAIRE - Par Ra­fael Pic

Matthias Grü­ne­wald, né entre 1475 et 1480 à Wurtz­bourg en Ba­vière, in­gé­nieur hy­drau­li­cien et ar­tiste, a col­la­bo­ré avec Dü­rer et Cra­nach. On ne connaît qu’une poi­gnée de pein­tures de sa main en de­hors de ce chefd’oeuvre au­quel il s’est consa­cré de 1512 à 1516. Peint sur une pa­roi ex­tra­fine en bois de tilleul, d’à peine 5 mm d’épais­seur, le re­table est ac­com­pa­gné de ma­gni­fiques sculp­tures po­ly­chromes dues au Stras­bour­geois Nicolas de Ha­gue­nau.

Ca­ché de mul­tiples fois

L’his­toire du re­table est ro­ma­nesque. Dé­mon­té de son église d’Is­sen­heim pour être ca­ché pen­dant la guerre de Trente Ans (1618-1648), il est mis en caisse en 1792 pour le pro­té­ger du van­da­lisme et trans­fé­ré à Col­mar dans les lo­caux du ly­cée Bar­thol­di (an­cien col­lège royal). À par­tir de 1847, il est ex­po­sé au mu­sée Un­ter­lin­den mais l’an­nexion de l’Al­sace et de la Mo­selle lui fait vivre de nou­veaux dé­mé­na­ge­ments. De­ve­nu mo­tif de fier­té pour les na­tio­na­listes al­le­mands, il est mon­tré à Mu­nich en 1917, où il at­tire les foules. Ren­du à la France en 1919, il re­prend son er­rance en 1940 pour être mis en sé­cu­ri­té au châ­teau de Hau­te­fort dans le Pé­ri­gord, puis, sai­si par les Al­le­mands, il fi­nit la guerre au châ­teau du Haut-Koe­nig­sbourg, où les troupes amé­ri­caines le dé­couvrent en 1944. Se­lon la ru­meur, en cet hi­ver ri­gou­reux, ses pan­neaux furent à deux doigts de ser­vir de com­bus­tible…

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