Exi­lée deux fois pour ré­bel­lion

À une époque où les filles de sang royal sont des­ti­nées à un ave­nir d’épouse et de mère orien­té en fonc­tion des in­té­rêts po­li­tiques de la France, Anne-Marie Louise d’Or­léans se dif­fé­ren­cie par son an­ti­con­for­misme et son in­sou­mis­sion.

Secrets d'Histoire - - AU COEUR D’UNE VIE -

L’ima­gi­na­tion vive que Dieu m’a don­née a tou­jours pous­sé les choses dans l’ex­cès. » An­neMa­rie Louise d’Or­léans n’est pas une ado­les­cente puis une jeune femme mal­léable. « Elle re­pré­sente une me­nace pour l’uni­vers clos de la Cour. L’éner­gie, l’im­pé­tuo­si­té, le sur­croît d’es­prit et de ta­lents dont elle est douée font d’elle un être peu pré­vi­sible, dif­fi­ci­le­ment maî­tri­sable, sou­vent re­belle, et par consé­quent […], in­quié­tant. Une femme tou­jours prête à fran­chir les li­mites étroites que la bien­séance et la tra­di­tion as­si­gnaient à son sexe », écrit l’es­sayiste et his­to­rienne Chantal Tho­mas (1).

Ca­non contre son cou­sin, le roi

Elle est ain­si ca­pable de com­por­te­ments in­sen­sés, voire naïfs. L’exemple le plus spec­ta­cu­laire sur­vient en juillet 1652. Ma­de­moi­selle a 24 ans. La ré­gente Anne d’Au­triche et le car­di­nal Ma­za­rin font face à la ré­volte des fron­deurs, me­nés par le prince de Con­dé. Le père d’An­neMa­rie Louise, Gas­ton d’Or­léans, est dans le camp des fron­deurs. Aux portes de Pa­ris, Con­dé est en mau­vaise pos­ture et de­mande

Ren­contre de la Grande Ma­de­moi­selle et de Louis II de Bour­bon, prince de Con­dé, du­rant la Fronde me­née par ce der­nier en 1652. Pein­ture de So­phie Rude (1797-1867), mu­sée des Beaux-Arts de Di­jon.

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