ARTISKITIQUE

Ski Magazine - - Sommaire - Par Kevin Buy - pho­tos OT Val Thorens – J. Halb et C. Cat­tin – Russ – Mon­sta – NKDM

Kevin Buy est parti en­quêter à Val Thorens, une sta­tion qui a

– depuis deux saisons – su mixer pistes et street art

Dans notre rubrique de ce numéro, nous met­tons l’ac­cent sur une sta­tion qui of­fre aux skieurs une pro­gram­ma­tion cul­turelle digne de ce nom. Car il est no­toire que trop de dé­co­ra­tions à base de mar­mottes em­pail­lées et de vieux skis en bois lais­sent par­fois la même sen­sa­tion

dans nos es­prits que l’odeur du fro­mage sur nos vêtements. Si la sai­son dernière, le pro­jet de Val Totem avait déjà retenu l’at­ten­tion de la ré­dac­tion, quand ils ont dé­cidé d’in­viter les mêmes artistes sur les murs de l’im­mense park­ing P0 du Valtho Parc, nous avons dé­cidé de ren­dre hommage à l’ini­tia­tive en vous présen­tant ces deux pro­jets qui s’in­scrivent dans la dé­marche de développe­ment de la sta­tion et

en al­lant à la ren­con­tre de cer­tains des artistes in­vités.

L’hiver dernier à l’ini­tia­tive d’Agathe Gisin, Val Thorens avait pro­posé une ex­po­si­tion ré­par­tie dans la sta­tion et sur les pistes. Le con­cept était sé­duisant, la sélec­tion d’artistes per­ti­nente et la cause, noble. L’idée, très en vogue en ce mo­ment dans le petit monde des ga­leries d’art, étant de faire per­son­naliser une sculp­ture de l’artiste Alain DeManca, pro­duite en mul­ti­ples, par dix-sept artistes is­sus du mi­lieu Street Art. Avec la par­tic­i­pa­tion d’artistes comme les tal­entueux Ly­on­nais Gris1, Russ et Mon­sta, les in­con­tourn­ables Niko­dem et Vinz, ou en­core des artistes comme Gil­bert, Kashink et Kouka, le pro­jet prend de l’im­por­tance. L’idée de créer une ex­po­si­tion à la fois en mon­tagne sur le do­maine de Val Thorens et au coeur même de la sta­tion of­fre une grande vis­i­bil­ité aux oeu­vres tout au long de la sai­son. Les skieurs dé­cou­vrent ainsi des oeu­vres au hasard d’un ver­sant ou en al­lant au bar. Une brochure avec un par­cours d’ex­po­si­tion a même été éditée. « Neufs totems sont im­plan­tés sur le do­maine ski­able et huit autres dans la sta­tion. Ces sculp­tures nous ac­com­pa­g­nent toute la sai­son d’hiver, et sont aussi à ven­dre » nous con­fi­ait l’an­née dernière Agathe Gisin, en charge du pro­jet. « Une ma­jeure par­tie de la somme ré­coltée sera re­ver­sée à la fon­da­tion MVE (Mou­ve­ment Vil­lages pour En­fants) oeu­vrant dans une mis­sion d’équili­bre fa­mil­ial auprès d’en­fants qui n’en ont pas ». Pour di­verses raisons, no­tam­ment le fait que cer­taines oeu­vres n’ont pas survécu aux in­tem­péries, la vente aux enchères ne s’est pas faite et les totems sont tou­jours dans la sta­tion. L’al­ti­tude, la puis­sance du vent et les con­di­tions météorologiques font qu’une ex­po­si­tion en haute mon­tagne n’est pas si sim­ple à or­gan­iser… Cepen­dant, le pari pris par la sta­tion d’une véri­ta­ble of­fre cul­turelle con­tem­po­raine en mon­tagne est en marche, comme l’il­lus­tre la volonté de Gre­gory Guzzo, di­recteur de l’Of­fice de Tourisme de Val Thorens qui a « l’am­bi­tion de faire de Val Thorens une sta­tion dif­férente, une sta­tion vi­vante et con­tem­po­raine (...) En ex­posant l’art sur les pistes, Val Totem s’in­scrit dans une volonté durable de la sta­tion d’ap­porter de la cul­ture en haute al­ti­tude. » C’est dans cette dé­marche d’amélio­ra­tion de la qual­ité de son am­biance que la sta­tion la plus haute d’Europe a réin­vité les mêmes artistes pour redé­corer l’in­térieur des park­ings à la bombe. Ce nou­veau pro­jet in­ti­t­ulé « Arty Parc » veut dépasser la sim­ple di­men­sion dé­co­ra­tive. Si chaque an­née, la sta­tion en­treprend des travaux de réno­va­tion des park­ings, l’ex­péri­ence du pro­jet Val Totem a per­mis à Wil­liam Wargniez, di­recteur général du Valtho Parc, d’éton­ner ses clients avec un véri­ta­ble parti pris artis­tique. La lib­erté lais­sée aux artistes il­lus­tre bien la volonté de di­ver­sité cul­turelle de Val Thorens, qui développe sa stratégie de mar­que (ValThoren­sUnited). En cher­chant à met­tre l’ac­cent sur la con­vivi­al­ité et l’in­no­va­tion, Val Thorens pro­pose une of­fre cul­turelle orig­i­nale. La sta­tion a in­vité le célèbre cab­i­net de Ben­jamin Poulanges à améliorer l’ur­ban­isme et de­signer la façade du park­ing P1 en y in­té­grant no­tam­ment un sys­tème d’éclairage dy­namique. En ren­forçant l’ac­cueil numérique avec des hôtesses, des tablettes et des écrans ré­par­tis dans la sta­tion, Val Thorens joue égale­ment la carte ol­fac­tive avec un sys­tème de dif­fu­sion de par­fum d’am­biance, spé­ciale­ment créé par des spé­cial­istes de la fra­grance à Grasse et qui sera dif­fusé dans cer­tains es­paces de la sta­tion. Dans quelques an­nées, si l’ini­tia­tive se pro­longe, il est imag­in­able que les park­ings souter­rains de Val Thorens de­vi­en­nent une sorte de musée de Street Art, que l’on dé­cou­vre en voiture. L’avenir de la cul­ture en sta­tion re­pose-t-il sur un ser­vice de drive-in cul­turel ?

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