ÉDITO

Ski Magazine - - Sommaire - Mathieu ROS

L’acuité du bon­heur

Lbon­heur. » Elle se décrit elle-même comme piètre skieuse, mais raconte la vitesse qui éblouit, et dans ses mots, fi­nale­ment, l’idée très sim­ple et très démocra­tique qui sous-tend notre ac­tiv­ité préférée. Si dans la plu­part des sports, on recherche la per­for­mance ou la vic­toire, le ski, à l’in­star du surf ou du skate ses cousins, est une ac­tiv­ité qui plonge dans un univers, nous met dans un état sec­ond. À par­tir du mo­ment où l’on quitte la re­mon­tée mé­canique, où l’on met son masque de­vant ses yeux, que l’on s’élance, d’une poussée de bâ­ton, dans la pente, on se perd en soi en même temps que dans le si­lence – ou les sons étouf­fés – de la mon­tagne. Et peu im­por­tent les tra­cas, la neige rem­place tout, nous dé­place dans une spi­rale pos­i­tive et em­porte, dans le blanc du paysage, les pen­sées les plus som­bres sans même que l’on s’en aperçoive. Ce n’est pas pour rien que l’on com­pare sou­vent le ski à une drogue, et des plus douces au­tant que des plus ad­dic­tives, car quand le soir tombe, il faut bien penser à ren­trer, à réin­té­grer son corps de non-skieur, utiliser ses pieds pour marcher et quit­ter cet état de grâce. Le ski n’est pas une thérapie, c’est un bon­heur hors du temps, aigu et puis­sant. es mots de Chantal Thomas (l’écrivain, pas la créa­trice de froufrous) qui évo­quent ses je­unes an­nées quand elle par­tait l’hiver dans les sta­tions des Pyrénées ré­son­nent : « Le ski donne une autre vi­sion du monde, il pro­duit une sorte d’acuité du

Tiens, il neige... © Oskar Enander

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