Les Contamines, pieds du mont Blanc

VIS­ITE EN VAL MON­TJOIE

Ski Magazine - - Sommaire - par Bruno Gar­ban

Les Con­tas, c’est sympa ! Tel pour­rait être notre slo­gan pour cette sta­tion per­due au fond du Val Mon­tjoie (ça ne s’in­vente pas). On ne va pas s’at­tarder sur l’his­toire de ce petit vil­lage de mon­tagne, wikipé­dia sera plus ex­haus­tif, mais par con­tre on s’est at­tardés sur les pistes et hors-pistes d’un do­maine fi­nale­ment peu sou­vent sous les feux de la rampe, et juste­ment in­téres­sant à ce titre, ainsi qu’à d’autres, plus in­times... Ce qui nous in­téres­sait en ce mois de février, c’était bien sûr de trou­ver un petit bout de spot sympa, sans stress du pre­mier run, alors que va­cances aidant, la ma­jorité des spots français avaient été méthodique­ment ratis­sés et étaient tem­po­raire­ment dépourvus de poudre. On s’est dit qu’un rapide saut en fond de Val Mon­tjoie pour­rait nous met­tre bien en joie, car nous sommes comme ça, avec Xavier, tou­jours prompts à la gau­dri­ole et au calem­bour, surtout en hiver, notre sai­son haute. Après, avoir laissé la bi­fur­ca­tion pour Saint-Ni­co­las et s’être en­quillé à droite à Saint-Ger­vais, la route file en di­rec­tion de nulle part. C’est seule­ment après une ou deux courbes à gauche que se dé­cou­vre le vil­lage des Contamines. Du bon vil­lage haut-savo­yard bien typ­ique, avec chalets tra­di­tion­nels qui fleurent bon la tar­ti­flette. Les re­mon­tées sont en­core un peu plus loin, en fond de fond de val­lée, la route s’ar­rête là, ou presque. Nous, on par­tira de la télé­cab­ine de La Gorge pour des raisons stratégiques d’un éventuel plan de re­tour. Rien de bien fan­tas­tique­ment scabreux jusqu’à ce qu’on ar­rive à 1 470 mètres d’al­ti­tude… C’est sur le télésiège de Mon­tjoie qu’on va com­pren­dre rapi­de­ment qu’on a eu le nez creux. On est au cen­tre d’un im­mense cirque de combes bien poudreuses, avec une vis­i­bil­ité sur tout le do­maine, des re­mon­tées partout qui te posent di­recte-

Les Con­tas : du bon freeride au dessus du

Val Mon­tjoie.

ment aux en­droits stratégiques du spot en face Est, Nord, et Ouest. Pour le ver­sant sud, il ne reste qu’à verser di­recte­ment sur Hauteluce, der­rière le col du Joly. Là-haut, un panorama de malade s’of­fre à nos spat­ules im­pa­tientes. Ici on en­voie le mont Blanc, les Dômes de Mi­age et l’aigu­ille de Bion­nas­say côté est. Côté ouest, l’Aigu­ille Croche et le mont Joly. Et puis on est, certes, en fond de val­lée mais les Contamines of­frent quand même 120 km de pistes, 4 télé­cab­ines, 8 télésièges, et une douzaine de téléskis, de quoi re­mon­ter plus vite surtout si, en plus, on prend les peaux de phoque ! Sur le siège en mon­tant vers le col du Joly, sous les skis dé­fi­lent des pistes damées au poil, des tracés de pi­quets et du je­une mo­tivé qui s’en­voie un coup de rouge, un coup de bleu. Car les Contamines sont avant tout une terre de cham­pi­ons, un ter­reau pour pe­tits génies du ski, de Marie Marc­hand-Arvier (su­per G) à Co­line Mat­tel (saut à ski) en pas­sant par An­toine Bou­vier (télé­mark), sans ou­blier les étapes de coupe du monde de ski­cross, spé­cial­ité lo­cale depuis presque aussi loin que la tar­ti­flette. En­tre ces pistes bien tra­vail­lées se dé­ploient des combes et des runs à base de windlips et autres tubes na­turels, no­tam­ment au dé­part de l’Aigu­ille Croche et en­tre les télésièges des Tierces et de Rose­lette soit un run de plus de 800 mètres de dénivelé. Pas si bu­col­ique que ça les Con­tas, quand je pense qu’on nous avait dit que c’était plat ! Restez quand même pru­dents car ces pentes chauf­fent vite en rai­son de leur ex­po­si­tion est, alors mieux vaut en

LES CON­TAS SONT AVANT TOUT UNE TERRE DE CHAM­PI­ONS...

prof­iter avant la bière du midi ! Op­por­tune, la sta­tion a créé au som­met de l’Aigu­ille Croche une zone de hor­spiste sécurisé ap­pelée Free­zone qui per­met de sor­tir un peu des jalons en toute sécu­rité, avant de con­tin­uer en de­scen­dant sur Hauteluce. Voilà pour un rapide tour d’hori­zon, mais ce qui va vite at­tirer notre re­gard, c’est l’aigu­ille de Rose­lette qui s’af­fiche juste là sur la gauche du spot en mon­tant sur le télésiège de Rose­lette. La face est ex­posée glob­ale­ment nord et pour le coup, c’est net­te­ment moins val­lonné… Un repaire pour freerideurs avertis, bardé de couloirs, pour une mul­ti­tude de lignes plus ou moins bas­cu­lantes. La face est seule­ment striée de trois traces, un truc in­vraisem­blable dans d’autres sta­tions à cette époque, taïaut ! Deux pos­si­bil­ités pour y ac­céder, depuis le haut du télésiège de Bûche Croisée et tirant à gauche, c’est l’ac­cès ver­sion gaz et un peu alpi. Et une mon­tée par la pointe nord après avoir traversé sous la face pour en at­traper l’épaule la moins haute puis re­mon­ter en­suite le long de la crête pour choisir son run. Une fois sur la crête, pas com­pliqué de com­pren­dre que der­rière, le po­ten­tiel est énorme, des faces partout qui de­scen­dent de la tête de la Ci­cle et de l’aigu­ille de la Pen­naz, de quoi bien se gaver avec une paire de peaux. La face est far­cie de poudre, elle s’avale en quelques courbes bien fraîches tracées sur une poudre très volatile, plus qu’à repren­dre le télésiège et à se la remet­tre, ça en­chaîne vite et bien.

LA FACE EST UN REPAIRE DE FREERIDEURS AVERTIS BARDÉE DE COULOIRS, POUR UNE MUL­TI­TUDE DE LIGNES

Cette aigu­ille de Rose­lette est le spot de fin de ses­sion des lo­caux du coin, celui qui laisse le sou­venir d’une belle de­scente en­tre potes, d’un thé partagé en haut de l’Aigu­ille, puis l’en­voi du dernier run, au dé­part de l’Aigu­ille, pour s’en­quiller en­suite en quelques courbes vers le fond de la val­lée en di­rec­tion de Notre-Damede-la-Gorge (at­ten­tion, ne pas faire ce run sans être sûr de son déroule­ment et des con­di­tions, un guide peut aider). Après avoir défloré l’aigu­ille de Rose­lette à plusieurs reprises, on a logique­ment

bas­culé sur Hauteluce, le ver­sant Sud du do­maine, un autre bout de sta­tion de fond de val­lée re­lié à celui des Contamines. Une piste de repérages nous per­met rapi­de­ment d’isoler les bonnes op­tions. Le run du coin est facile d’ac­cès, depuis l’ar­rivée du télésiège de la Bûche Croisée, on tire main gauche en traver­sée, en faisant gaffe à ce qui vient du dessus et aux rep­ta­tions en rai­son de la prairie du dessous. On bas­cule en­suite à droite vers les fer­mes en contrebas qui mar­quent le dé­part du run. Il déroule as­sez logique­ment dans une combe en di­rec­tion de la forêt pour ter­miner aux maisons de la Colombe, d’où il faut en­suite tirer à droite pour re­join­dre la piste de la Ruelle et pren­dre le télésiège de la Ruelle et le télésiège du col qui nous ramè­nent gen­ti­ment au col du Joly. Ce run est moins mon­tagne que l’aigu­ille de Rose­lette, mais les op­tions peu­vent varier selon l’humeur et l’en­gage­ment que vos gui­bolles sont prêtes à en­caisser…

Sur la crête de l’Aigu­ille de Rose­lette sur fond de mont Tondu et con­sorts…

L’Aigu­ille de Rose­lette vue de loin (à gauche). La même tout poudre sous les skis de Bruno Gar­ban.

Philippe Delille se ré­gale de poudre sur le ver­sant Hauteluce du do­maine

des Contamines.

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