Pro-rideuse –

Ski Magazine - - Actus -

Il est tou­jours dif­fi­cile d’imag­iner qu’être pro- rideur est un métier. Alors qu’en est- il des filles ? J’ai voulu en savoir plus et me suis in­téressée à Eva Walkner, la trentaine, autrichi­enne et sur le cir­cuit Freeride World Tour depuis quelques an­nées déjà. Alors, c’est quoi être « pro- rideuse » au­jourd’hui ? For­mée à la meilleure école, cette skieuse a passé huit an­nées en équipe na­tionale d’Autriche sur le cir­cuit FIS et Coupe d’Europe. À 23 ans, elle ar­rête tout, en­tame des études de jour­nal­iste sportif et troque ses skis de slalom con­tre une paire de freeride. Une nou­velle vie com­mence alors, tou­jours cen­trée sur le ski de haut niveau et les com­péti­tions, sauf qu’au­jourd’hui, elle est payée pour skier des pentes vierges avec le sourire et con­sid­ère son statut de freeskieuse pro comme un métier à part en­tière. Même s’il fait rêver, ce « job » n’est pas donné à tout le monde. On ne parle plus sim­ple­ment de flu­id­ité et de grâce fémi­nine. Au­jourd’hui, les skieuses en­voient vrai­ment du gros, doivent gérer leur car­rière d’ath­lète, leurs revenus, leur im­age et leur re­con­ver­sion. Et en plus, ces skieuses pro­fes­sion­nelles savent qu’elles n’au­ront ja­mais le même niveau que les mecs, c’est physique. Par con­tre, leur en­gage­ment et la prise de risques sont tout aussi louables. Sor­tir d’un couloir à mach 12, sauter une « cliff » de 10 mètres ou en­voyer un back­flip en pleine compétition de­mande un min­i­mum de maîtrise et de savoir- faire. C’est juste­ment la force d’Eva : pos­séder un physique en bé­ton armé pour en­caisser tout ça et utiliser sa tech­nique et son ex­péri­ence « race » pour s’ex­primer sur une face et re­pousser ses lim­ites. Et ça paye, puisqu’elle monte régulière­ment sur les podi­ums du Freeride World Tour, avec une vic­toire en 2012 qui lui vaut une sec­onde place au général. Pour la suite, Eva pro­jette de par­tir en Alaska avec ses deux meilleures copines du cir­cuit, Chris­tine Har­gin et Nadine Wall­ner. L’Autrichi­enne par­ticipe aussi au développe­ment des pro­duits. Les mar­ques recherchent tou­jours les feed­backs pour améliorer leurs gammes, mais elles ont aussi com­pris qu’im­pli­quer leurs ath­lètes femmes ap­por­tait beau­coup à l’in­dus­trie du ski, no­tam­ment en ter­mes de style, de dé­tails et de po­si­tion­nement. Mal­gré un physique hors du com­mun, Eva se bat au­jourd’hui pour revenir d’une grave blessure au genou sur­v­enue, il y a plus de dix mois. Mais comme d’habi­tude, elle ne lâche rien et fait tout ce qu’il faut pour revenir au plus haut niveau, et repren­dre le boulot… C’est ça être une freerideuse pro­fes­sion­nelle : se lever le matin et aller bosser, que ce soit en chaus­sant des skis ou en les imag­i­nant pour une fu­ture sai­son. Bref, di­ver­si­fier ses com­pé­tences pour pou­voir aussi penser à sa re­con­ver­sion… Mais le plus im­por­tant selon Eva, c’est de tou­jours avancer en recher­chant le plaisir. Au fi­nal, n’est- ce pas le con­seil qu’on de­vrait don­ner pour tous les métiers ?

© Claudia Ziegler

© Andy Parant/Tignes

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