ENQUÊTE NEIGE DE CUL­TURE

UNE NEIGE (PAS) TOMBÉE DU CIEL

Ski Magazine - - Sommaire - Par Martin Léger - Il­lus­tra­tions Ben Bert

Com­ment on la fab­rique, pourquoi et avec quels en­gins, une enquête sur les pistes signée Martin Léger.

Née aux États-Unis dans les an­nées 60, ap­parue en France une dizaine d’an­nées plus tard, la neige de cul­ture, sim­ple « rus­tine » pour combler un dé­ficit de neige na­turelle, est au­jourd’hui de­v­enue un outil in­dis­pens­able d’ex­ploita­tion des do­maines ski­ables, au même titre que le dam­age ou les travaux es­ti­vaux de pré­pa­ra­tion des pistes. Com­ment la fab­rique-t-on ? Peut-elle s’ap­procher de la qual­ité de la neige na­turelle ? À quelle logique économique répon­delle ? Quelle est son em­preinte écologique ? Quelle ré­gle­men­ta­tion doit-elle re­specter ? Ski Mag­a­zine a mené l’enquête.

En 2008, le SNTF (le Syn­di­cat d’ex­ploitants de re­mon­tées mé­caniques, de­venu au­jourd’hui Do­maines ski­ables de France, DSF) lançait une cam­pagne d’in­for­ma­tion bap­tisée « Les tal­ents in­soupçon­nés de la neige de cul­ture », dans le but de « rétablir la vérité sur la neige de cul­ture, en ter­mes de con­di­tions de pro­duc­tion, d’util­i­sa­tion des ressources na­turelles, de con­som­ma­tion én­ergé­tique, mais égale­ment de val­oriser ses ef­fets vertueux en matière d’em­ploi et de tourisme » , ex­pli­quait alors Pierre Les­tas, le prési­dent de DSF. Longtemps qual­i­fiée de « neige ar­ti­fi­cielle » ou pire de « neige à canons », cet or blanc qui ne tombe pas du ciel sus­cite de nom­breuses con­tro­ver­ses, no­tam­ment quant à son im­pact en­vi­ron­nemen­tal. Si la neige de cul­ture in­ter­pelle, à tort ou à rai­son, c’est sans doute parce qu’elle répond au­jourd’hui à une vraie logique in­dus­trielle, bien loin du car­ac­tère ar­ti­sanal de ses pre­mières util­i­sa­tions (à l’aube des an­nées 70 en France). « La Bresse a été l’un des tout premiers do­maines ski­ables français équipé de neige de cul­ture. En 1971, mon père, créa­teur de la sta­tion, était allé acheter trois canons ven­ti­la­teurs (c’est-à-dire des canons mo­biles) en Alle­magne. Il les fai­sait fonc­tion­ner avec la mo­topompe des pom­piers. Le tuyau de leur camion était plongé di­recte­ment dans le ruis­seau à prox­im­ité et on util­i­sait un tracteur forestier pour dé­placer les canons le long des pistes. Mais c’était vrai­ment un fonc­tion­nement ar­ti­sanal, très fas­ti­dieux et aléa­toire. On pou­vait très bien pro­duire de la neige le soir, qui se trans­for­mait en eau dans la nuit parce que les tem­péra­tures étaient un peu trop re­mon­tées » , raconte Jean-Yves Rémy, l’actuel prési­dent du groupe La­belle­mon­tagne, ex­ploitant d’une dizaine de do­maines ski­ables de taille moyenne (La Bresse, Praz-sur-Arly, CrestVoland, Or­cières-Mer­lette, Saint-François Longchamp, etc.). Pour la Bresse, mais aussi pour d’autres sta­tions, la donne a changé en 1986 : « York (le leader du marché de l’en­neige­ment ar­ti­fi­ciel en France, qui s’ap­pelle dé­sor­mais MyNeige) a in­venté un sys­tème d’au­toma­tisme in­té­gral, avec des son­des sur le ter­rain qui en­reg­istrent no­tam­ment la tem­péra­ture et l’hu­mid­ité. Ces don­nées sont trans­mises en temps réel à la salle des ma­chines, où l’on trouve des com­presseurs d’air et des pom­pes d’eau à haute pres­sion, dont le fonc­tion­nement est ajusté en fonc­tion des don­nées col­lec­tées sur le ter­rain. Avec ce sys­tème, on peut en­neiger des sur­faces plus im­por­tantes tout en op­ti­misant la fab­ri­ca­tion de neige de cul­ture » , décrit Jean-Yves Rémy.

Ex­po­si­tion à l’aléa cli­ma­tique di­visée par deux

Pour Lau­rent Rey­naud, le délégué général de Do­maines ski­ables de France, le tour­nant a eu lieu lors de l’hiver 1989-1990. « C’était le pre­mier gros hiver sans neige. Il a sus­cité une vraie prise de con­science quant à l’im­por­tance de la neige de cul­ture. Avant, c’était quelque chose d’as­sez ar­ti­sanal, sans stratégie glob­ale. À par­tir de là, on a trouvé des four­nisseurs in­dus­triels, mis en place des pro­ces­sus pour op­ti­miser la fab­ri­ca­tion de neige. » Les chiffres d’un rap­port sur la neige de cul­ture, rendu en juin 2009 par le Con­seil général de l’en­vi­ron­nement et du développe­ment durable (rat­taché au Min­istère de l’en­vi­ron­nement) per­me­t­tent d’étayer ces pro­pos. Alors qu’on ne comp­tait lors de l’hiver 1979-1980 que dix sta­tions équipées d’en­neigeurs (pour une sur­face glob­ale de 19 hectares), on en dénom­brait 35 (pour 150 hectares en­neigés) en 1985-1986, puis 136 sta­tions (1 600 hectares) en 1994-1995, et 330 sta­tions (5 300 hectares) en 2008-2009.

Au-delà de cette crois­sance des in­stal­la­tions, c’est la poli­tique d’en­neige­ment qui a évolué. En sché­ma­ti­sant, on peut dire que par le passé, la neige de cul­ture n’était fab­riquée qu’a pos­te­ri­ori, en cas de longue péri­ode sans chutes de neige na­turelle. Au­jourd’hui, les sta­tions n’at­ten­dent pas de savoir si l’hiver sera bien en­neigéounon­pour lancer la fab­ri­ca­tion. « En moyenne sur les do­maines ski­ables français, 80% de la neige de cul­ture est pro­duite avant­mêmele début de la sai­son de ski, en novem­bre et décem­bre, afin de pré­parer le ter­rain. C’est en quelque sorte une bande anti-crevai­son, qui améliore la ski­a­bil­ité, au même titre que la pré­pa­ra­tion es­ti­vale des pistes – con­cas­sage des pier­res, enga­zon­nement des pistes, etc. – et le dam­age. Il s’agit de ré­duire au max­i­mum l’aléa cli­ma­tique. Même lors des très bons hivers – comme en 2012-2013 – on peut con­sid­érer que l’in­vestisse­ment en neige de cul­ture sécurise le chiffre d’af­faires d’un do­maine ski­able, et par ex­ten­sion d’une sta­tion tout en­tière. Parce qu’il faut bien garder à l’esprit que le client qui réserve six mois à l’avance veut être ras­suré quant à la disponi­bil­ité du pro­duit – en l’oc­cur­rence le ski – au mo­ment de son séjour » , af­firme Lau­rent Rey­naud. Et au vu des chiffres de fréquen­ta­tion des do­maines ski­ables – y com­pris pen­dant les hivers avec peu de chutes de neige na­turelle – on peut dire que cette poli­tique porte ses fruits. Lau­rent Rey­naud, tou­jours : « En 1989-1990 – le pre­mier grand hiver sans neige – la fréquen­ta­tion des do­maines ski­ables avait chuté de 30% par rap­port à l’hiver précé­dent. En20062007, avec des con­di­tions sim­i­laires à l’hiver 1989-90, la chute de fréquen­ta­tion par rap­port à la sai­son précé­dente n’a été que de 15%. Grâce en grande par­tie à la neige de cul­ture, on a di­visé l’ex­po­si­tion à l’aléa cli­ma­tique par deux. » Si les ex­ploitants françaisde do­maines ski­ables sont prêts à in­ve­stir en moyenne 25% de leur chiffre d’af­faires dans des in­stal­la­tions de neige de cul­ture, c’est parce que l’en­jeu économique est énorme. « Il y a 120 000 em­plois en jeu : 20 000 di­rects (les em­ployés des do­maines ski­ables) et 100 000 em­plois in­duits (moni­teurs de ski, com­merces, hô­tels, etc.). Si un do­maine ski­able ne fonc­tionne pas, c’est la sta­tion dans son en­sem­ble qui est pé­nal­isée » , dit le délégué général de DSF.

L’en­jeu ma­jeur : mo­biliser beau­coup d’eau en peu de temps

Une fois ac­tée la dé­ci­sion de s’équiper en neige de cul­ture – ou d’éten­dre le réseau ex­is­tant – se pose in­évitable­ment la ques­tion de l’eau, l’un des deux com­posants, avec l’air sous pres­sion, de la neige de cul­ture. Où la prélever ? Trois op­tions s’of­frent aux ex­ploitants de do­maines ski­ables : le cap­tage des cours d’eau (ruis­seaux, tor­rents) ; la créa­tion d’une retenue col­li­naire, autrement dit d’un lac ar­ti­fi­ciel* ; le prélève­ment au sein du réseau d’eau potable. Pour Jean-Yves Rémy, cette dernière so­lu­tion est un « non-sens, non seule­ment éthique, mais surtout écono- mique. L’eau du réseau d’eau potable a for­cé­ment été traitée, donc elle coûte cher. Si on capte l’eau d’un tor­rent, on ne peut pas dis­poser tou­jours de la quan­tité que l’on souhaite, parce qu’il y a des rè­gles administratives à re­specter, dont celle du débit réservé. La retenue col­li­naire est au­jourd’hui la meilleure so­lu­tion, parce qu’elle per­met une in­dépen­dance par rap­port à la ressource en eau. On rem­plit la retenue au mo­ment op­por­tun – à la fonte des neiges et à l’au­tomne, lorsqu’il pleut beau­coup – et on dis­pose en­suite de la quan­tité d’eau souhaitée, y com­pris dans les péri­odes de forte pro­duc­tion. » C’est d’ailleurs là le prin­ci­pal en­jeu actuel de la poli­tique des sta­tions quant à la neige de cul­ture : être ca­pa­ble de mo­biliser d’im­por­tantes ressources en eau en un min­i­mum de temps pour prof­iter au max­i­mum des fenêtres de froid. Il faut savoir que la vitesse (et donc le vol­ume) de pro­duc­tion varie en fonc­tion de la tem­péra­ture. « Plus il fait froid, plus le canon peut pro­duire, donc plus le temps de pro­duc­tion est court. Par ex­em­ple, une perche pro­duira 5 m3 de neige par heure à -4 °C, et 40 m3 par heure à -10 °C, soit huit fois plus. Cette dif­férence est même dix fois plus im­por­tante pour les canons ven­ti­la­teurs : 8 m3 de neige à l’heure à -4 °C, 80 m3 à -10 °C », ex­plique Pierre Mat­tis, re­spon­s­able du ser­vice neige de

Le client qui réserve six mois à l’avance veut être ras­suré quant à la disponi­bil­ité du pro­duit.

Val-d’Isère. Il serait donc dom­mage pour une sta­tion de de­voir lim­iter sa pro­duc­tion, faute de ressource en eau. « À Gourette, notre in­stal­la­tion nous per­met d’en­neiger 50 % du do­maine – avec une couche de 20 cen­timètres – en 70 heures, quitte à tourner en con­tinu » , con­firme Christophe Medan, co­or­di­na­teur du pôle neige de la sta­tion pyrénéenne, et prési­dent de l’As­so­ci­a­tion na­tionale des pro­duc­teurs de neige de cul­ture (ANPNC), qui fédère quelque 150 nivocul­teurs, prin­ci­pale­ment en France, mais aussi en Italie, Suisse, Es­pagne et An­dorre. Dès lors, on com­prend mieux l’im­por­tance des retenues col­li­naires pour les sta­tions. Pour les écol­o­gistes, ces retenues col­li­naires sont pour­tant loin d’être la so­lu­tion idoine. « Il faut bien puiser de l’eau quelque part pour rem­plir ces retenues. S’agit-il d’eau de pluie, d’eau des tor­rents ou d’eau potable ? Il y a tou­jours une am­biguïté. De plus, ces lacs ar­ti­fi­ciels vont sou­vent être rem­plis trois fois dans l’an­née. Le ou les rem­plis­sages ef­fec­tués grâce aux crues des tor­rents, au prin­temps ou à l’au­tomne, ne posent pas de souci. C’est le rem­plis­sage en hiver qui se révèle plus prob­lé­ma­tique. Un hiver, aux Gets, il n’y avait plus d’eau potable pour les va­canciers, et la neige de cul­ture en était en par­tie re­spon­s­able. De plus, ce qui est dom­mage, c’est que les retenues col­li­naires sont sou­vent util­isées unique­ment comme des réser­voirs pour les canons, à quelques ex­cep­tions près, comme Al­biez-Mon­trond qui trans­forme sa retenue col­li­naire en lac de baig­nade l’été » , re­grette Lau­rent Bur­get, le prési­dent de Moun­tain Rid­ers.

Une em­preinte écologique qui prête à dis­cus­sion

Bien que les in­stal­la­tions de neige de cul­ture soient soumises à une ré­gle­men­ta­tion as­sez stricte – en par­ti­c­ulier à la loi sur l’eau – cel­leci com­porte en­core trop de « flou artis­tique », qui em­pêche d’être ab­sol­u­ment cer­tain que la neige de cul­ture n’ait pas d’im­pact en­vi­ron­nemen­tal né­gatif, quand bien même cette ré­gle­men­ta­tion est re­spec­tée à la let­tre. « À Cham­rousse, le débit réservé avait été cal­culé non pas à par­tir du ruis­seau où était prélevée l’eau, mais à par­tir d’une moyenne de l’en­sem­ble des cours d’eau situés à prox­im­ité de celui-ci » , dé­plore Vin­cent Neyrinck, chargé de mis­sion pour l’as­so­ci­a­tion écol­o­giste Moun­tain Wilder­ness. Celui-ci pointe égale­ment du doigt la fuite en avant des do­maines ski­ables, « qui vont jusqu’à vouloir en­neiger ar­ti­fi­cielle­ment des es­paces où, his­torique­ment, il n’y a pas de neige. C’est le cas par ex­em­ple du val­lon qui a per­mis de réaliser la li­ai­son à ski en­tre Val Ce­nis et Ter­mignon, où la neige qui tombe a du mal à rester au sol parce qu’il y a trop de vent. L’au­tori­sa­tion d’amé­nager ce val­lon pour le ski avait été re­fusée dans un pre­mier temps, puis ac­cordée à la suite de pres­sions poli­tiques. Fi­nale­ment, la li­ai­son ne s’est faite que sur le bas de ce val­lon, non pas parce qu’il y a eu une prise de con­science de l’im­pact en­vi­ron­nemen­tal né­gatif, mais à cause du re­trait du Club Med, qui de­vait ini­tiale­ment im­planter un étab­lisse­ment dans le secteur. » Parmi les autres griefs des défenseurs de l’en­vi­ron­nement à l’en­con­tre de la neige de cul­ture, on peut no­tam­ment évo­quer le re­tard de végé­tal­i­sa­tion, « qui est de l’or­dre de quinze jours à trois se­maines sur une sta­tion comme la Bresse », re­con­naît Jean-Yves Rémy. Dans un rap­port de novem­bre 2010, in­ti­t­ulé Les canons à l’as­saut des cimes, Moun­tain Wilder­ness note que « la plus forte teneur en eau de la neige de cul­ture, sa fonte re­tardée, soumet­tent la végé­ta­tion et le sol à un ex­cès d’eau, af­fec­tant les as­so­ci­a­tions végé­tales typ­iques des zones de mon­tagne. » Le nivocul­teur de Gourette Christophe Medan, en sa qual­ité de prési­dent de l’ANPNC, ré­fute cette ar­gu­men­ta­tion : « Il est vrai que la neige de cul­ture va ral­longer d’une à deux se­maines le re­cou­vre­ment de la végé­ta­tion par la neige. La fonte défini­tive se situe néan­moins avant que les berg­ers mon­tent en al­page avec leurs trou­peaux, ça ne per­turbe donc pas leur ac­tiv­ité. Et puis on ne met pas des pistes de ski là où il y a un in­térêt écologique. Avant de délivrer l’UTN – Unité touris­tique nou­velle – pour l’amé­nage­ment d’une nou­velle re­mon­tée ou piste, il y a une étude de l’im­pact en­vi­ron­nemen­tal. On ne peut donc pas dire que la fonte plus tar­dive due à la neige de cul­ture va em­pêcher le développe­ment d’une fleur rare, puisqu’il n’y a pas par déf­i­ni­tion de fleur rare sur une piste de ski. » Au-delà de l’im­pact écologique de la neige de cul­ture – « qui est nul puisqu’on utilise unique­ment des élé­ments na­turels pour la pro­duire – air et eau – et que l’eau prélevée en début ou en cours de sai­son est resti-

tuée au mi­lieu na­turel à la fonte des neiges » selon Lau­rent Rey­naud, le délégué général de DSF – c’est surtout le mod­èle économique qu’elle en­gen­dre qui dérange, no­tam­ment Lau­rent Bur­get : « À Moun­tain Rid­ers, nous ne sommes pas op­posés par principe à la neige de cul­ture. La ques­tion est da­van­tage poli­tique et con­cerne le mod­èle du tout ski. Les canons sont d’abord là pour pal­lier le manque de neige. De nom­breuses sta­tions de moyenne al­ti­tude s’en équipent. Ça coûte des cen­taines de mil­liers, voire des mil­lions d’eu­ros. Ça peut être rentable sur les cinq à dix ans à venir, mais ce n’est en au­cun cas une vi­sion à long terme. On met une rus­tine ou un panse­ment sur une plaie ou­verte, à savoir le change­ment cli­ma­tique. Plutôt que d’in­ve­stir dans des canons, ne vaudrait-il pas mieux réfléchir à une al­ter­na­tive au ski, à un autre mod­èle touris­tique ? » Lau­rent Rey­naud répond par cette for­mule lap­idaire : « Le tout ski, c’est fini. Mais sans le ski, tout est fini. » Qu’on soit pour ou qu’on soit con­tre la neige de cul­ture, il est peu prob­a­ble, voire même in­con­cev­able, qu’on as­siste à un re­tour en ar­rière. Cela étant, les in­stal­la­tions de neige de cul­ture ne de­vraient pas con­tin­uer à croître de manière ex­po­nen­tielle. « Les do­maines ski­ables in­vestis­sent déjà 25 % de leur chiffre d’af­faires dans les in­stalla- tions de neige de cul­ture, ce qui est énorme. Il sera dif­fi­cile d’at­tein­dre le même ra­tio qu’en Autriche – en­v­i­ron 35 % – tout sim­ple­ment parce qu’on a un mod­èle économique dif­férent du leur. Là-bas, le mon­tant de l’in­vestisse­ment ne dépend pas unique­ment de la vente de for­faits » , es­time Lau­rent Rey­naud. Jean-Yves Rémy, le prési­dent du groupe La­belle­mon­tagne, avance un autre ar­gu­ment : « Au-delà d’un cer­tain seuil, la neige de cul­ture n’est plus for­cé­ment rentable. Ten­dre vers 50 % des do­maines équipés en neige de cul­ture (con­tre 25 % au­jourd’hui à l’échelle de la France, N.D.L.R.) me paraît un bon seuil, parce qu’il per­met d’of­frir un pro­duit ac­cept­able pour le client. »

P. 28

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.