Nax

PAR­ADIS CACHÉ DU VALAIS SUISSE

Ski Magazine - - Sommaire - Texte Max Rey - Pho­tos Louis Das­sel­borne

La pe­tite Suisse

Max Rey aka Mioman, s’amuse sur les lips du mont Noble.

« Balcon du ciel », c’est le poé­tique so­bri­quet donné au hameau de Nax par les lo­caux. Per­ché sur ses

falaises, il veille telle une vigie sur l’en­trée du Val d’Hérens, dans le Valais suisse. Il règne une am­biance re­posante dans cette sta­tion fa­mil­iale partagée en­tre

haute et moyenne mon­tagne, avec un ski varié où le hors-piste reste peu ex­ploité. Cruis­ing et pil­lows en forêt ou mach 12 dans les gran­des pentes, voilà de quoi sat­is­faire n’im­porte quel af­famé de poudre blanche, mais aussi ceux qui cherchent calme, et tran­quil­lité.

LLe vil­lage se situe dans le val d’Hérens, val­lée ex­cep­tion­nelle et préservée où le tourisme est en­core peu développé. On n’y trou­vera pas (en­core) de bains ther­maux ni de boîtes de nuit, mais sim­ple­ment du bon ski dans le calme de la na­ture, avec quelques restau­rants et pe­tits tro­quets plutôt typ­iques. Prenez le temps de vous y ar­rêter pour dé­guster la fameuse viande d’Hérens et partager quelques bières, vous ren­con­tr­erez sûre­ment un per­son­nage du coin au lever de coude rapide qui vous con­tera quelques lé­gen­des lo­cales. C’est par une fraîche mat­inée de mars que nous débar­quons dans la sta­tion avec en tête quelques faces à skier et des en­vies de photo. Com­posée d’un télésiège, de trois téléskis et d’un baby lift, Nax a su con­server son authenticité et son car­ac­tère de charme, il faut dire que l’on est bien loin d’une mé­ga­lopole du ski… Le ther­momètre in­dique -15°C mais l’ac­cueil chaleureux des em­ployés nous le fait vite ou­blier. Pour notre plus grand bon­heur, nous ap­prenons que deux des téléskis ont été rem­placés cette an­née par deux télésièges qua­tre places flam­bant neuf ! Le soleil et la neige sont au ren­dez-vous et nous avons trois jours de­vant nous pour prof­iter de la sta­tion et de ses en­vi­rons.

Seuls au monde ou presque

La pre­mière journée s’an­nonce promet­teuse et nous com­mençons par dé­cou­vrir des runs de forêt le long des deux premiers télésièges. Slalom dans les sap­ins et arolles, pil­lows, pe­tites falaises, tout y est ! En plus, la neige est pro­fonde et mieux vaut skier la bouche fer­mée pour éviter l’as­phyxie. Les de­scentes s’en­chaî­nent et pas de traces de freerideurs, seule­ment quelques chevreuils qui fuient apeurés de­vant nos couleurs flashy. C’est seule­ment en fin de journée que nous rencontrons en­fin un lo­cal qui nous pro­pose de faire la dernière en­sem­ble. Nous le suiv­ons, ravis de pou­voir partager son «petit coin de par­adis» . Au som­met du deux­ième télésiège, nous ef­fec­tuons une traver­sée de 10 min­utes en pous­sant sur la gauche et débou­chons sur un mag­nifique it­inéraire au coeur d’une forêt pas­sant par l’al­page de Bouze­rou. Là en­core la de­scente

C’EST SEULE­MENT EN FIN DE JOURNÉE QUE NOUS RENCONTRONS EN­FIN UN LO­CAL QUI NOUS PRO­POSE DE FAIRE LA DERNIÈRE EN­SEM­BLE.

est fab­uleuse et ry­th­mée, nous al­ter­nons en­tre pe­tits slaloms en forêt et gran­des courbes dans les clair­ières pour ar­river sur une route re­liant le dé­part des re­mon­tées. La journée touche à sa fin et nous prenons la dernière re­mon­tée pour passer la nuit dans la ca­bane du ski-club au beau mi­lieu du do­maine ski­able. Ainsi nous sommes sûrs d’être les premiers servis le matin venu. Le lende­main, le temps est clair et le froid très vif. Nous veil­lons à la fenêtre, café à la main, at­ten­dant l’ar­rivée des pis­teurs. Dès le pre­mier mou­ve­ment hu­main, la troupe ac­célère et chausse très vite les skis. Un peu con­gelés, nous faisons nos premiers runs aux alen­tours du téléski. On trouve ici de nom­breuses pe­tites lignes dans un ter­rain très joueur, riche en sauts de cail­lasses et autres re­liefs. Le soleil nous réchauffe et on en­chaîne en­core quelques runs sym­pas sur une neige d’ex­cep­tion. Une pe­tite pause à la ca­bane du Chiesso le temps de pren­dre une tra­di­tion­nelle assi­ette valaisanne avec un petit verre de fen­dant et c’est reparti. Di­rec­tion les pentes du Mont-Noble, ac­ces­si­bles depuis le som­met des in­stal­la­tions. Ces pentes de 400 m de dénivelé sans trop de dé­cliv­ité nous per­me­t­tent d’en­voyer les pre­mières gran­des courbes de la journée et nous pas­sons l’après-midi à y dessiner de longues traces dans la neige vierge. C’est soir de pleine lune et nous par­tons en rando de nuit au-dessus de la ca­bane. Le froid est glacial mais l’am­biance magique, on y voit presque comme en plein jour ! Un dernier run sous la voûte céleste... Troisième et dernier jour ici, la météo se montre clé­mente et nous promet en­core du soleil. Dès l’ou­ver­ture nous par­tons pour le som­met de la sta­tion, par le télésiège de la Combe. De là, nous traver­sons sur la droite et re­joignons le col de Cou, suivi d’une pe­tite marche de 30 min­utes sur une arête menant au som­met du mont Gauthier, 2 696 m. Nous choi­sis­sons de com­mencer à skier le ver­sant nord, une jolie face avec une bonne pente et de jo­lis rochers à sauter. On se fait un pre­mier run à mach 12 dans une neige de velours qui donne en­vie d’y re­tourner. Cette fois nous choi­sis­sons la face ouest, très large et sans ob­sta­cle. Du fond de celle-ci, nous con­tin­uons de de­scen­dre jusqu’au vil­lage de Mase, un long run dans des pe­tits couloirs en forêts comme on aimerait en trou­ver plus sou­vent. Une voiture nous at­tend et nous ramène à la sta­tion pour une dernière mon­tée avant de ter­miner cette vis­ite de la ré­gion.

La mon­tagne et une ca­bane

Pour pro­longer notre séjour et faire durer le plaisir, nous par­tons en rando pour la ca­bane des Becs de Bos­son. Pour s’y ren­dre, il faut

re­join­dre le col de Cou et bas­culer dans le Val­lon de Réchy. Réserve fédérale, ce val­lon de­meure sau­vage et préservé, les sen­ti­ments d’isole­ment et de lib­erté nous sub­mer­gent. De là, 1 h 30 de ran­don­née per­met d’ac­céder au refuge. Nous mar­chons à plat le long de pe­tites pentes nord. Bien raides et gavées, elles sont très af­friolantes ! On ne peut s’em­pêcher de saisir l’oc­ca­sion et de prof­iter de ce ter­rain de jeu : un petit dé­tour de 20 min­utes per­met de voler quelques lignes cour­tes mais in­tenses. Nous at­teignons en­fin la dernière et seule vraie mon­tée de la rando et les plus acharnés mar­quent un dé­tour pour saisir de nou­veau quelques sen­sa­tions fortes. Au soleil couchant nous ar­rivons à la ca­bane, chaleureuse­ment ac­cueil­lis par les gar­di­ens An­nick et Thierry. Elle a été rénovée du­rant l’été 2012, avec de nou­veaux dor­toirs qua­tre places, des toi­lettes à l’in­térieur et un splen­dide jardin d’hiver. Nous sommes presque aussi à l’aise que dans un hô­tel et prenons l’apéro et le repas dans une am­biance mon­tag­narde. Nous finis­sons la soirée au­tour d’un pinot noir du Valais. Au réveil, le temps s’est un peu dé­gradé, il fait un peu jour blanc mais nous comp­tons sur des éclair­cies. Nous faisons quelques runs au-dessous des Becsde-Bos­son et de la pointe de Tsavolire qui se situent à prox­im­ité de la ca­bane. On y trouve de pe­tites pentes bien larges où on peut tailler de belles courbes. Depuis le jardin d’hiver, nous repérons de nom­breux couloirs in­téres­sants, mais n’avons pas as­sez de temps pour les ex­plorer. La journée touche vite à sa fin et c’est avec un sourire béat que nous pas­sons notre dernière soirée plutôt ar­rosée. Le lende­main, après un petit-dé­je­uner avec des yeux en­core col­lés nous en­chaînons une dernière de­scente qui tra­verse à nou­veau le val­lon de Réchy pour re­join­dre les re­mon­tées mé­caniques. Notre trip touche à sa fin. Nous com­pi­lons en­core dans la boîte à sou­venirs des journées mag­nifiques et des con­di­tions idylliques. Cette mon­tagne nous aura per­mis de vivre des mo­ments d’ex­cep­tion et nous aura ap­porté la joie et la lu­mière qu’elle seule peut of­frir. Nous ren­trons chez nous la tête pleine de rêves et le sourire aux lèvres. On ne peut que vous con­seiller un voy­age pour Nax, si pos­si­ble avec des peaux et quelques jours en plus à passer dans la na­ture.

Max Rey lâche les che­vaux dans la face ouest du mont Gauthier. Max Rey se pré­pare pour un run au mi­lieu des arolles dans la sta­tion.

Mioman à mach 12 dans le val­lon de Réchy.

Pe­tite pause coup de blanc à la chapelle de l’Al­page de la Vieille sur un it­inéraire de la

ca­bane des Becs de Bos­son.

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