COM­MENT FAB­RIQUE-T-ON DE LA NEIGE DE CUL­TURE ?

Ski Magazine - - Enquête -

Deux élé­ments sont néces­saires à la fab­ri­ca­tion de la neige de cul­ture : l’eau et l’air sous pres­sion. «Lorsque l’air sous pres­sion va sor­tir de l’en­neigeur, on passe d’une pres­sion de 7 bars à la pres­sion at­mo­sphérique, 1bar. Cette dé­tente (pas­sage d’une pres­sion haute à une pres­sion basse), pro­duit du froid in­stan­ta­né­ment (de -20 à -30°C). Ceci va permettre de con­geler les mi­cro­gout­telettes d’eau qui sor­tent du nu­cléa­teur en même temps que l’air sous pres­sion. On fab­rique ainsi des pe­tites billes de glace qui vi­en­nent in­séminer le jet d’eau qui sort des buses de pro­duc­tion (l’eau sort donc de deux con­duits dif­férents), for­mant un flo­con de neige» , décrit Vin­cent Douil­let, le di­recteur général de la mar­que d’en­neigeurs Snow­star. La fab­ri­ca­tion de la neige de cul­ture ré­clame des tem­péra­tures suff­isam­ment froides. Glob­ale­ment, elle dé­marre à -2 ou -3 °C, et en­dessous, il n’y a pas de lim­ite. Théorique­ment, il est pos­si­ble de pro­duire à O° ou 1 °C, à con­di­tion d’avoir très peu d’hu­mid­ité, «mais ça n’a pas d’in­térêt au niveau économique, parce qu’on dépense beau­coup d’én­ergie pour un faible vol­ume de pro­duc­tion» , es­time le nivocul­teur de Gourette, Christophe Medan, qui s’ap­puie au quo­ti­dien sur un bul­letin météo spé­ciale­ment établi par Météo France (don­nées sur la nébu­losité, l’al­ti­tude de l’isotherme 0 °C, la force et la di­rec­tion du vent, le taux d’hu­mid­ité, etc.). Son con­frère nivocul­teur de Val-d’Isère, Pierre Matis, fait d’ailleurs re­mar­quer que «les con­struc­teurs, voulant ven­dre des canons moins én­er­gi­vores en air, ont dé­calé le dé­mar­rage des perches à -4,5°C hu­mide (il est évidem­ment plus facile de con­geler de l’eau à -5° qu’à -2°). Les tech­nolo­gies ont évolué, du fait de la baisse de la con­som­ma­tion d’air, mais l’én­ergie glob­ale pour con­geler 1m3 d’eau reste la même. Une par­tie de l’économie d’én­ergie faite sur l’air est passée dans l’eau (une perche con­som­mant moins d’air a be­soin de beau­coup plus de pres­sion d’eau). Au fi­nal, la tem­péra­ture idéale de fab­ri­ca­tion se situe en­tre -8° et -15°C)». Notez en­fin qu’en France, au­cun ad­di­tif n’est util­isé dans la pro­duc­tion de la neige de cul­ture. «Jusqu’au début des an­nées 2000, on util­i­sait par­fois du Sno­max, une pro­téine in­erte fa­vorisant la nu­cléa­tion, ce qui pou­vait être utile aux tem­péra­tures marginales (-2 ou -3°C). C’était 100% biodégrad­able, mais plutôt cher. Au­jourd’hui, cela n’ap­porterait rien de plus, du fait des pro­grès tech­nologiques des en­neigeurs» , con­sid­ère Vin­cent Douil­let. «Toutes les sta­tions françaises se sont mises d’ac­cord pour ne plus l’utiliser, le gain po­ten­tiel étant fi­nale­ment as­sez faible, et nous ap­por­tant surtout une im­age désas­treuse, bien que le Sno­max soit com­plète­ment na­turel» , pré­cise Jean-Yves Rémy, le prési­dent du groupe La­belle­mon­tagne.

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