ÉDITO

Ski Magazine - - Sommaire - Mathieu ROS

L’art de la chute

Les artistes-ath­lètes du foot­ball améri­cain ti­en­nent un fait pour cer­tains : dans ce sport, l’es­sen­tiel n’est pas de savoir s’il y aura blessure, mais quand. Ils s’en­traî­nent dur, en salle de muscu et sur tapis, pour l’éviter. Pour les skieurs, le dé­bat ne prend pas la même am­pleur, puisque l’en­vi­ron­nement est moins di­recte­ment hos­tile (non, un sapin ne veut pas ab­sol­u­ment vous ar­rêter, et ses branches ne se penchent pas sci­em­ment sur vous). Mais il n’em­pêche, rares sont les skieurs un peu pas­sion­nés qui ne con­nais­sent pas la blessure, ou au moins un ami blessé. En ce mo­ment même, j’en ai per­son­nelle­ment deux sur le tapis, un poignet et une cuisse. Et la dif­férence est qu’on ne joue pas telle­ment pour l’argent, mais la somme des plaisirs per­dus par blessure est im­por­tante, d’au­tant plus que la sai­son du skieur est plus courte que celle du foot­balleur... Éviter la chute est im­pos­si­ble, on peut se blesser pour une bê­tise en bord de piste (et je pense ici au­tant à To­nio qu’à Michaël), mais la min­imiser de­vrait être un de­voir. Porter des pro­tec­tions de­vient chaque sai­son plus facile, elles sont plus légères, plus con­fort­a­bles et moins chères (le casque paraît obli­ga­toire, la dor­sale con­seil­lée, l’ABS in­évitable si on sort des balises). Mais pré­parer son corps à la chute, que l’on soit adepte de judo ou de yoga, ne peut qu’aider, et on ne re­gret­tera pas un seul « asana » ni une seule claque sur le tatami à l’heure où, en quelques cen­tièmes, on passera de la vitesse à l’ar­rêt, du vent qui pique les yeux à la chute qui tasse le corps. Sortez cou­verts, mais avant tout, sortez pré­parés.

Skieur : Pierre Guyot

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