LES DES­TI­NA­TIONS HÉLISKI

Ski Magazine - - Enquête -

Moni­teur de ski et guide de haute mon­tagne, Olivier Houil­lot, 50 ans, en­cadre des séjours héliski depuis 18 ans à travers le monde : Canada, Inde du Nord, Cau­case, etc. et au­jourd’hui en Turquie avec Ana­to­lian Héliski (www.ana­to­lian-heliski.com). Il nous présente les prin­ci­pales des­ti­na­tions héliski de la planète : > Canada : « C’est le berceau de l’héliski, avec un ter­rain as­sez bas et froid et tou­jours une ex­cel­lente poudreuse. C'est claire­ment la plus grosse in­dus­trie, c’est très pro. » > Alaska : « C’est du gros ski, très en­gagé, dans des pentes raides. Le séjour est plus roots qu’au Canada. La météo est très capricieuse, on s’oc­cupe par­fois avec du cat-ski­ing. » > États-Unis : « Il n’y a pas une of­fre énorme, à cause des nom­breux parcs na­tionaux où l’héliski est in­ter­dit. Il ex­iste toute­fois quelques beaux ter­rains de jeux. » > Chili : « On skie ici à très haute al­ti­tude, avec des dé­poses sou­vent au-dessus de 4 000 m d’al­ti­tude. C’est un ski as­sez tech­nique, avec des mon­tagnes as­sez abruptes, où on a des grands couloirs qui débouchent sur de gran­des pentes. À cause du vent, les con­di­tions de neige sont toute­fois aléa­toires : ça peut être ex­cel­lent comme très mau­vais. » > Nou­velle-Zé­lande : « C’est un ter­rain très alpin et en­gagé, avec de grosses mon­tagnes et des glaciers im­posants. On trouve trois ou qua­tre grosses com­pag­nies, avec au to­tal près d’une cin­quan­taine de guides en per­ma­nence, et une ving­taine d’héli­cop­tères. L’héliski se pra­tique à la journée. » > Hi­malaya (Inde du Nord) : « Manali est la base his­torique pour l’héliski dans la ré­gion. C’est vrai­ment l’un des plus beaux en­droits du monde pour skier. On peut skier sur des pentes de 2 000 à 2 500 mètres de dénivelé d’une traite, avec une grosse par­tie de ce dénivelé dans les ar­bres. Par con­tre, ça fait un peu mal à la tête parce qu’on skie es­sen­tielle­ment en­tre 4 000 et 5 000 m d’al­ti­tude. » > Ca­chemire (Gul­marg) : « On peut faire de l’héliski à la journée depuis la sta­tion. C’est vrai­ment du très grand ski d’al­ti­tude – à plus de 4 000 m – où tout est gi­gan­tesque : on trouve des rhodo­den­drons de deux mètres et des ar­bres de 80 mètres de haut ! » > Géorgie : « Ce n’est pas aussi en­neigé que Sotchi – qui était une mecque de l’héliski, mais où il est dé­sor­mais in­ter­dit à cause des JO – mais c’est du ski varié, dans une poudreuse sou­vent as­sez matée (à cause du vent). Il n’y a pas de gros dénivelé ni de grosses pentes, mais l’avan­tage c’est qu’on peut aussi skier sur la sta­tion en cas de mau­vais temps, et c’est facile d’ac­cès. » > Kam­chatka : « On skie sur des vol­cans, le voy­age en soi est ex­traor­di­naire, il faut aller là-bas au­tant pour le trip que pour le ski, d’au­tant que c’est très beau. Après, on a une neige sou­vent changeante, qui peut être poudreuse comme matée ou souf­flée. » > Ouzbék­istan : « De gros dénivelés sur des re­liefs d’an­ci­ennes vallées glaciaires, beau­coup de place pour rider vite. Mé­connu mais à dé­cou­vrir. Un bon mix météo/neige qui of­fre de bonnes pos­si­bil­ités de vol. » > Turquie : « C’est le plus pra­tique depuis l’Europe en ter­mes d’ac­cès (4 heures de vol). On est à 20 km de la mer, qu’on voit en skiant. Et on a de la poudreuse comme sur la côte ouest du Canada, c’est le coin sans doute le plus en­neigé de l’Europe. Dans le mas­sif du Kaçkar, on a des dénivelés as­sez im­por­tants (800 à 1 200 m par de­scente). Ce n’est pas très raide, mais très large, ou­vert et aéré. » > Roumanie : « On peut faire de l’héliski dans les Carpates, mais je ne con­nais pas per­son­nelle­ment. » > Suède : « C’est pas mal, même si ce n’est pas très raide, avec des dénivelés plutôt mod­estes, en général de 600 à 800 mètres. La neige est sou­vent as­sez froide. Les avan­tages ? La prox­im­ité et une or­gan­i­sa­tion tou­jours hy­per pro. » > Groen­land : « C’est plutôt du ski de prin­temps, de mi-avril à fin mai (avant on ne peut pas car les jours sont trop courts). Ce sont de grosses mon­tagnes au bord de la mer, avec beau­coup de ski sur glacier. C’est un peu comme si on ski­ait à Cha­monix en fin de sai­son, en débouchant au bord de la mer. Mais c’est ex­trême­ment cher. » > Italie, Suisse : « C’est une bonne porte d’en­trée pour dé­cou­vrir l’héliski, à la journée. Il y a quelques très belles de­scentes à faire, comme celle du mont Rose à Zer­matt, c’est comme la Val­lée Blanche puis­sance dix. Tou­jours en Suisse, le kif ab­solu c’est le couloir Marinelli – une pente à 45 de­grés sur 2 000 m de dénivelé – qui n’est en con­di­tions que deux à trois se­maines dans l’an­née. Il y a aussi de belles de­scentes depuis le Pigne d’Arolla. Au to­tal, il ex­iste une quar­an­taine de points de dé­pose en Suisse (et huit en Autriche). En Italie, on peut faire de l’héliski à Cour­mayeur, Li­mone, Gres­soney, le Val Grisenche ou en­core Sestriere dans la Val­lée de Sousa. La de­scente du Ruitor – 1 500 m de dénivelé – peut être sympa, no­tam­ment en neige de prin­temps. » > France : « La dé­pose en héli­cop­tère est in­ter­dite. En re­vanche, la reprise est au­torisée en dessous de 1 500 mètres. Ça peut don­ner ac­cès à quelques hors-pistes sym­pas, comme le Grand Sab­lat à l’Alpe d’Huez ou la Val­lée des En­com­bres – der­rière la Masse aux Menuires. »

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