HÉLISKI ET CO 2

Ski Magazine - - Enquête -

Héliski et émis­sions de CO2 ne font pas bon mé­nage. Mais on ne va pas non plus se la jouer « vierge ef­farouchée », ce n’est pas dans les habi­tudes de la mai­son. Tout d’abord com­parons ce qui est com­pa­ra­ble. Pas la peine de com­parer les émis­sions d’un vol en hélico au-dessus du Ruitor avec les émis­sions d’un dé­place­ment en voiture pour aller skier. Parce que la voiture on l’a prise aussi pour se ren­dre jusqu'à la DZ. On va donc dire qu’une journée d’héliski rem­plac­erait, en théorie, une journée de ski en sta­tion. Heureuse­ment pour les creuseurs de méninges et autres curieux, depuis le 1er oc­to­bre 2013 l’ar­ti­cle L 1431-3 du code des trans­ports im­pose aux prestataires de trans­port de fournir à leurs clients l’in­for­ma­tion sur la quan­tité de dioxyde de car­bone émise à l’oc­ca­sion d’une presta­tion de trans­port. Je vous passe les dé­tails des cal­culs, mais voici quelques ex­em­ples : Le CO2 trans­port pour un skipass journée Es­pace Killy est de 295 g Le CO2 trans­port pour un skipass journée 3 Vallées est de 319 g Pour l’hélico, bizarrement, dif­fi­cile de trou­ver l’info… Alors on re­vient aux bases : un héli­cop­tère EC120 con­somme 97 kg de car­bu­rant par heure de vol. Ra­mené en kg CO2 par heure de vol ça fait 193 kg CO2 par heure de vol. Si on con­sid­ère qu’une dé­pose va mo­biliser l’hélico pen­dant une demi-heure, le CO2 trans­port pour une dé­pose en hélico est de 96,5 kg CO2. Ra­mené à la per­sonne, ad­met­tons un guide, qua­tre clients et le pi­lote, ça fait 16,08 kg/per­sonne. Bon, le ré­sul­tat ne sur­pren­dra per­sonne : 16 080 g vs. 319 g ; 50 fois plus. Mais une fois que l’on a ac­cepté ca, com­ment ré­soudre ce casse-tête ? 1- Soit on n’y va pas. Oui, non ce n’est pas vrai­ment une so­lu­tion en­vis­age­able dans ce cas de fig­ure. 2- Soit on com­pense ses émis­sions de CO2 sans changer ses habi­tudes. Comme au Moyen Âge on achetait un par­don pour ses péchés, au­jourd’hui on s’achète une bonne con­science. C’est une so­lu­tion, pas trop coû­teuse que ce soit en es­pèces son­nantes et trébuchantes ou en ef­forts perso mais c’est un début. Alors pour les flem­mards, faites-le ! 3- Soit, on es­saye d’être économe, re­spon­s­able, écolo (choi­sis­sez le mot que vous préférez) en CO2 tout le reste de l’an­née et on se fait plaisir quelques fois par an. Et pour ça, on peut par ex­em­ple pren­dre son vélo pour tous les dé­place­ments de moins de 15 km. Ce n'est pas tou­jours facile mais ça aide aussi à pré­parer la sai­son. On rem­plit la voiture de potes pour aller rider ou on fait du cov­oiturage avec des gens qu’on ne con­naît ni d’Ève, ni d’Adam. On ar­rête le boeuf. On fait durer son matos plus longtemps et lorsqu’on en rachète on se penche sur la page verte pour savoir quoi acheter. On va dans une sta­tion qui utilise 100 % d’én­ergie verte. Bref, on est créat­ifs ! Et on se sou­vient qu’il s’agit de faire plus avec moins, pas unique­ment de faire moins.

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