ÉDITO

Ski Magazine - - Sommaire - Mathieu ROS

Dé­gage ( de) ma route !

C’est étrange comme tout peut changer du tout au tout. Quand il passe de pié­ton à skieur ou au­to­mo­biliste, l’être hu­main change de com­porte­ment et peut de­venir une autre per­sonne. Le plus tim­oré des pié­tons, re­spectueux des feux, cour­tois sur les zébras, lais­sant passer les cy­clistes, de­vien­dra peut- être un casse- cou sans peur et sans re­proches une fois les fix­a­tions en­clenchées, as­soiffé de dénivelé, jouant des coudes dans les queues des re­mon­tées. Ou in­verse­ment d’ailleurs, un pié­ton in­trépide de­venant skieur poltron. Sur la route, de nom­breuses études le mon­trent, on a ten­dance à ou­blier le dan­ger – mor­tel – que nous représen­tons au volant pour nous comme pour les autres. Et c’est sou­vent, dans une bien moin­dre mesure, le cas sur les skis. Les ac­ci­dents mor­tels ou quasi mor­tels qui nous touchent ( celui de Michael Schu­macher ou des skieurs de lé­gende cet été en Ar­gen­tine et au Chili) restent bien sûr sans com­mune mesure avec la ba­nal­ité avec laque­lle ils frap­pent sur la route. Et pour­tant, si on peut s’én­erver en voi­ture, sou­vent con­tre la vacuité des autres, cet en­fer qu’ils nous im­posent, il est une sit­u­a­tion où on est pra­tique­ment tous pareils. Le chasse- neige est vu, partout dans le monde et à travers les so­ciétés hu­maines, comme un sau­veur, un messie, une délivrance, Moïse écar­tant les eaux. Suivre un chasse- neige, même à deux à l’heure, c’est un bon­heur, un phare dans la tem­pête. Et qui dit chasse- neige dit bien sûr neige. En quan­tité. Louons- le, et gar­dons notre calme.

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