SI ON NE VEND PAS EN DI­RECT, ON NE PEUT PAS EN VIVRE, ON MET TROP DE MATIÈRE DANS NOS SKIS.

Ski Magazine - - Artisans Du Ski -

ou tu as le pied Nike ou tu as le pied Asics. On a une ski­a­bil­ité, elle a du car­ac­tère, l’im­por­tant c’est que les gens adorent lorsqu’ils mon­tent dessus. Qu’il y en ait qui détes­tent ce n’est pas grave… bon pas trop hein ! ( rires) Mais je ne veux pas faire un ski moyen qui plaise à tout le monde. Je préfère que la moitié des skieurs adorent et que la moitié déteste à la lim­ite. Ski Mag : Crois- tu à la no­tion de « ter­roir » pour des skis, c’est- à- dire qu’un ski conçu dans les Alpes y sera sans doute plus adapté qu’un ski améri­cain ou japon­ais, voire qu’un ski français con­vien­dra mieux en France qu’un ski alle­mand ? C. A. : Je pense qu’il y a une no­tion de pro­duit adapté au marché, mais c’est sûr qu’on développe et qu’on crée dans notre mi­lieu. En France on ira plutôt vers des all moun­tain en Autriche vers des purs piste… C’est sûr que si j’étais en Autriche ma gamme serait dif­férente, mais on ressem­ble pas mal à l’ouest des US, dans l’est cela s’ap­par­ente plus aux pays ger­maniques. Ceci dit, tout n’est pas si sim­ple, les skis qu’on vend avec Ramp aux US, je les ai dévelop­pés en France… Ce qui est sûr c’est qu’on ne peut pas faire de pro­duit qu’on n’aime pas, ou qu’on ne saurait pas tester. Les avis des autres t’amè­nent vers un ski moyen, alors que ce que tu fais pour toi c’est le pro­duit de tes rêves. Comme un cuis­tot, je pense qu’on fait mieux les plats qu’on aime, et qu’on fait très bien les plats qu’on adore. Ski Mag : Il y a beau­coup de « petits pro­duc­teurs » en France, com­ment voistu ça ? C. A. : J’ai l’im­pres­sion qu’on est nom­breux et tous uniques. Moi je suis in­génieur, il y a Black­smith qu’on a ten­dance à ou­blier, Daniel chez Alu­flex, Rab­bit on the Roof, Alain Zanco qui fait des skis d’ex­cep­tion très chers, on a tous nos spé­ci­ficités. Ce qu’on ne voulait pas nous à La fabrique c’est faire des skis à 1 200 €. On veut des en­gins que tout le monde puisse skier. Ce re­tour, ou ce développe­ment des petites pro­duc­tions, c’est peutêtre le marché qui le de­mande. Les gens ont en­vie de mon­trer qu’ils skient de la pe­tite mar­que, c’est aussi une façon de se différencier de la masse. Ski Mag : Quels sont vos ob­jec­tifs en termes de coût, de pro­duc­tion ? C. A. : Si on ne vend pas en di­rect, on ne peut pas vivre, on met trop de matière dans nos skis : ils re­vi­en­nent plus chers en matière première que si je les achetais fi­nis à Taïwan. Par ex­em­ple, on a de la fi­bre à 2 500 g/ m2, c’est plus que ce qui se fait en général. Notre but c’est de pro­duire en­tre 350 et 500 paires par an, ça nous per­me­t­trait de manger tous les deux, avec un grand max­i­mum de 800 paires par an, pour sur­vivre à une an­née sans neige. Notre usine ne coûte pas cher, ce qui re­vient cher c’est ce qu’on met dans les pro­duits. Là on peut ven­dre nos skis au­tour de 600 €, ce n’est pas démocra­tique, mais ce n’est pas non plus dé­pla­fonné. On a en­v­i­ron 110

€ de matière première, plus 10 € par étape : fi­bre de verre, top­sheet haut de gamme ( 8210 isosport), fi­bre, semelle, carre, etc. Notre coeur de cible c’est un ski piste/ all moun­tain, on ne va pas se lancer dans des skis de slalom de com­péti­tion, on fait les skis comme on aime, qui cor­re­spon­dent à un savoir- faire et une pas­sion. C’est aussi pour ça qu’on ne va pas faire de snow­boards, mais j’ai fait un ski de femme en­ceinte pour Raphaëlle ! Ski Mag : En par­lant de savoir- faire et de ter­roir, quels sont vos rap­ports avec la Char­treuse ? C. A. : On va équiper les pis­teurs de Sain­tPierre-de- Char­treuse pour met­tre nos skis à l’épreuve. Vous allez voir, c’est du solide. Tous nos skis sont testés d’abord sur neige dure, voire sur glace bleue, je veux qu’ils soient sécurisants et per­for­mants sur ces ter­rains, ce qu’on peut voir ici et dans les Alpes. On va dévelop­per l’hiver à Saint- Pierre même si, pour cette première col­lec­tion, on a prof­ité des glaciers cet été pour pro­duire une cen­taine de mod­èles pour cette an­née.

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