« LES MATÉRI­AUX UTIL­ISÉS POUR CON­CEVOIR DES SKIS ONT PEU ÉVOLUÉ DEPUIS 1970. »

Ski Magazine - - Enquête -

obtenir une dureté en sur­face et ré­sis­ter dans le temps. On peut éventuelle­ment adapter le pro­fil de la carre – par ex­em­ple la ren­dre plus large pour un ski de lo­ca­tion, afin d’aug­menter sa durée de vie – mais c’est à peu près tout. Par le passé, on avait bien es­sayé de l’acier in­oxyd­able. Mais il a une lim­ite élas­tique as­sez faible, avec comme con­séquence que le ski ne reprenne pas sa forme ini­tiale après dé­for­ma­tion, autrement dit qu’il se dé­forme de manière per­ma­nente. » Une autre par­tie es­sen­tielle du ski n’est pas prête de changer selon Jacky Chris­toud : « Pour la semelle, on n’a en­core rien trouvé de mieux que le polyéthylène. On a déjà testé des matéri­aux plus hy­drophobes, mais sans suc­cès. À l’heure actuelle, la seule chose qu’on fait varier, c’est le poids molécu­laire de ce polyéthylène. Plus il est élevé, meilleure est la glisse du ski. On joue aussi sur les ad­di­tifs » . Notez toute­fois qu’une mar­que comme Ros­sig­nol procède chaque an­née à des « plans glisse » – avec de mul­ti­ples tests sur le ter­rain – afin d’améliorer ce fac­teur essen­tiel d’un ski. Pour trou­ver de nou­veaux matéri­aux, il con­vient de creuser un peu, au sens fig­uré comme au sens pro­pre puisque c’est no­tam­ment au coeur du ski, dans son noyau, qu’on voit au­jourd’hui ap­pa­raître de nou­veaux com­posants. Christian Alary, à La fabrique du ski, a misé sur le bam­bou, qui rem­place la mousse ou les bois tra­di­tion­nelle­ment util­isés pour les noy­aux du ski ( pe­u­plier pour la ma­jorité d’en­tre eux, frêne et hêtre pour les skis haut de gamme). « Le bam­bou a les mêmes car­ac­téris­tiques mé­caniques que le frêne, qu’on utilise d’habi­tude pour les skis de course. Il est aussi rigide, mais il a une meilleure ab­sorp­tion des chocs. Or quand on skie, on en­chaîne une mul­ti­tude de chocs. Le bam­bou est très tolérant et fil­tre très bien les par­a­sites, en par­ti­c­ulier sur les neiges dures à skier, comme la trafolée. » Dès lors, com­ment ex­pli­quer que le bam­bou ne soit pas au­jourd’hui util­isé mas­sive­ment par les mastodontes du secteur ? « À cause de son prix. Il faut compter 25 € de matière première

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