IL FAUT AP­PREN­DRE À ÊTRE PA­TIENT, CALME, ET À LA FOIS PRÊT À CHAUSSER

Ski Magazine - - Actus -

dé­part est donné. Le lende­main, nou­veau ren­dez-vous, nou­veau gros nu­age ac­croché sur la mon­tagne. Dé­cidé­ment, on au­rait pu l’appeler le Fog Trip ! C’est quand même le 3e jour qu’on s’en­dort avec la petite ex­ci­ta­tion de la com­péti­tion du lende­main, qu’on se lève à 5 h 30, qu’on se pré­pare, et qu’à 7 h, on est tous avachis dans les canapés du restau­rant au som­met de la télé­cab­ine. À 11 h, la dé­ci­sion d’an­nuler défini­tive­ment la com­péti­tion est an­non­cée. C’est la pre­mière fois que je vis cette sit­u­a­tion, mais l’acharne­ment avait assez duré et la météo n’an­nonçait rien de mieux les jours suiv­ants. Cer­tains ont repris la route di­recte­ment, après avoir passé 3 jours dans le brouil­lard. Dans le rè­gle­ment des Qual­i­fiers, une caté­gorie est validée si deux tiers des par­tic­i­pants pren­nent le dé­part, et les Snow­board Hommes ren­trent dans ce cas de fig­ure, le Français Chris Charlet rem­porte l’étape. L’équipe d’or­gan­i­sa­tion aura bien géré la sit­u­a­tion en ré­par­tis­sant les gains des autres caté­gories en­tre tous les par­tic­i­pants. Un geste im­pro­visé qui té­moigne de la con­sid­éra­tion des par­tic­i­pants.

NEN­DAZ, ÉTAPE PHARE EN SUISSE

Une des plus an­ci­ennes étapes du cir­cuit, la Nen­daz Freeride a su faire ses preuves pour être con­sid­érée comme une des plus belles du FWQ. Chaque an­née au mois de mars, elle ac­cepte un nom­bre im­por­tant de par­tic­i­pants avec son for­mat de course Qual­i­fi­ca­tions/Fi­nale. Deux dé­parts pos­si­bles au som­met de la face et une de­scente jugée pour gag­ner sa place en fi­nale. Cette étape ne m’a encore ja­mais souri, alors j’y vais sans at­tente, en me dis­ant ja­mais deux sans trois, alors je me fais plaisir ! Au som­met, j’es­saie de com­mu­ni­quer ma bonne én­ergie à une copine qui se met la pres­sion, et ne la vit pas bien, alors qu’elle a un ski ex­cep­tion­nel et un gros po­ten­tiel... Je prends le dé­part, skie vite et pose les trois sauts que j’avais prévus et suis en bas. Avec quelques autres, on trouve un pe­tit coin avec plusieurs bar­res et cail­loux à côté d’un téléski et on fait là plus de dix ro­ta­tions, suiv­ant tou­jours la mo­ti­va­tion de l’un d’en­tre nous, pour faire encore et encore la dernière. Le soir à l’an­nonce des ré­sul­tats, sur­prise, je prends la 3e place ! Pas de pres­sion pour le lende­main : j’ai en­fin l’oc­ca­sion de skier le Mont Gond, la face de la fi­nale, et en plus je sais que tout est pos­si­ble puisque j’ai réussi à ren­trer dans le top 3. Le lende­main, la face est mag­nifique, joueuse et of­fre des pos­si­bil­ités var­iées. Mais je dois pren­dre en compte que j’ai l’avant­dernier dos­sard, et qu’il va fal­loir jouer la carte de l’orig­i­nal­ité si j’es­père avoir encore de la neige en ré­cep­tion. Je re­garde les pre­miers passer, la neige a l’air bonne, mais après plusieurs pas­sages, la couche n’est pas si épaisse et la face se dé­grade vite. Ça me con­forte dans mon choix. Une piste d’échauf­fe­ment et je re­monte re­garder les co­pains re­trans­mis en live à la télé. C’est la seule or­gan­i­sa­tion qui pro­pose la re­trans­mis­sion en direct, et ça donne la sen­sa­tion qu’on doit avoir sur le World Tour. Je fais la marche d’ap­proche avec Ari­anna qui part dernière et qui skie sans au­cune pres­sion, car elle a déjà sa place sur le World Tour l’an­née prochaine. Elle est la seule fille à avoir re­plaqué des 360° en com­pet lors de la sai­son passée et n’en a pas tenté un en 2015. Alors je la mo­tive en lui dis­ant qu’elle n’a rien à per­dre dans sa sit­u­a­tion, et que c’est le meilleur en­traîne­ment. Au dé­part, la tension se fait sen­tir. Heureuse­ment qu’il y a Ari­anna pour me pren­dre dans ses bras et me faire des câlins. C’est assez im­pres­sion­nant d’être dans cette porte de dé­part, avec une vue plongeante sur l’aire d’ar­rivée et la face qui part à l’aveu­gle. Mais quand je m’élance, c’est dé­ment. Une couche de neige fraîche sur un fond dur me per­met d’ex­primer mon ski et d’aller vite. Je red­oute un peu mon premier saut, car un ami snow­boardeur me l’a dé­con­seillé à cause de la ré­cep­tion trop plate, mais il était trop tard pour changer de ligne, il faut rester solide pour l’en­caisser. Ça pose sans souci, alors je sais que la suite va dérouler. Je plonge dans un couloir par une petite dou­ble, avant d’aller chercher mon dernier saut et j’ar­rive en bas sur mes jambes, avec le sourire, c’était trop bon ! Le ré­sul­tat suit et je termine deuxième. Je re­garde Ari­anna skier, elle en­voie un gros 360° au som­met de la face, mais chute en ré­cep­tion. Je m’en veux presque de l’avoir mo­tivée à le ten­ter, mais elle ar­rive avec le sourire et heureuse d’avoir es­sayé.

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